L'écran est bleu, parfois noir, il arrive
avant que Windows ne se lance, et il annonce quelque chose d'inquiétant :
« Le fichier de données de configuration de démarrage ne contient pas d'informations valides pour un système d'exploitation », avec en bas le code
0xc0000098. Souvent un nom de fichier est cité,
\Boot\BCD ou
\EFI\Microsoft\Boot\BCD.
La machine ne redémarre plus, la seule chose qu'elle propose est d'appuyer sur une touche pour retourner au même écran, et la question qui vient tout de suite est : est-ce que j'ai perdu mes données, et est-ce qu'il va falloir tout réinstaller ?
La réponse est rassurante, et elle est même très nettement rassurante.
Ce message ne dit rien du tout sur l'état de Windows ni sur celui de vos fichiers. Il dit qu'un petit fichier d'aiguillage, lu deux secondes avant Windows, ne contient plus d'adresse exploitable. Vos documents, vos photos, vos logiciels et Windows lui-même sont, dans l'immense majorité des cas, parfaitement intacts, à quelques centimètres de là sur le même disque. En atelier, cette réparation prend
cinq à dix minutes.
Le problème n'est donc pas la difficulté de l'opération. Le problème, c'est l'ordre dans lequel on la fait. Les tutoriels que l'on trouve en ligne enchaînent quatre commandes à recopier, sans les deux vérifications qui décident du résultat, et c'est ainsi qu'une panne bénigne se transforme en perte de données définitive ou en soirée entière passée à combattre un message d'erreur qui, lui, est parfaitement normal.
Voici la marche à suivre telle que nous l'appliquons à l'atelier, dans l'ordre, avec les pièges à l'endroit exact où ils se présentent.
À retenir en trente secondes
| Le point |
Ce qu'il faut savoir |
Le geste |
| Le code 0xc0000098 |
Le fichier d'aiguillage du démarrage (le BCD) est là, mais il ne contient plus d'entrée valide vers Windows |
Le reconstruire, pas réinstaller |
| Vos données |
Elles ne sont pas concernées par cette erreur |
Ne rien formater, ne rien réinitialiser |
| Le vrai danger |
Le disque est peut-être chiffré : réparer le démarrage déclenchera la demande de clé BitLocker |
Vérifier BitLocker AVANT, c'est la seule étape irréversible |
| L'erreur n°1 des tutoriels |
Dans l'environnement de récupération, la partition Windows n'est presque jamais C: |
Vérifier les lettres avec diskpart avant toute commande |
| UEFI ou Legacy |
Ce ne sont pas les mêmes commandes du tout |
bcdboot en UEFI, bootrec en Legacy/MBR |
| « bootrec /fixboot : Accès refusé » |
C'est normal sur une machine moderne, ce n'est pas la panne |
Ne pas insister, passer à bcdboot |
| Si l'erreur revient |
Ce n'est plus le BCD, c'est le disque qui meurt |
Sauvegarder d'abord, réparer ensuite |
La phrase à retenir : sur cette panne, la réparation est facile et la préparation est tout. Deux minutes de vérification avant la première commande valent mieux que trois heures de commandes recopiées.
1. Ce que dit exactement le code 0xc0000098
Quand vous allumez un PC, Windows n'est pas la première chose qui démarre. La carte mère passe la main à un petit programme, le
gestionnaire de démarrage (
bootmgfw.efi sur les machines récentes,
bootmgr sur les anciennes). Ce programme ne sait rien faire d'autre qu'une chose : ouvrir un fichier de configuration, y lire où se trouve le système d'exploitation, et le lancer.
Ce fichier de configuration s'appelle le
BCD, pour
Boot Configuration Data. C'est le sommaire du démarrage. Il tient dans quelques dizaines de kilo-octets, il vit sur une petite partition à part, et il contient l'équivalent de : « le système à lancer est Windows, il se trouve sur telle partition, dans le dossier \Windows, avec telles options ».
Les différents codes d'erreur du démarrage disent, chacun, à quelle étape la chaîne s'est cassée. Le
0xc0000098 est très précis :
Le gestionnaire de démarrage a trouvé le fichier BCD, il a réussi à l'ouvrir, et il n'y a trouvé aucune entrée de système d'exploitation utilisable.
Autrement dit, le sommaire existe mais il est vide, ou bien il pointe vers une adresse qui n'existe plus. Trois conséquences pratiques, qui changent tout pour la suite :
•
Windows n'est pas en cause. Le gestionnaire de démarrage n'a même pas essayé de le lancer, il n'a pas su où aller. Le système, lui, n'a pas été touché.
•
Vos fichiers ne sont pas en cause non plus. Ils sont sur une autre partition que le BCD, et le BCD ne les référence pas.
•
La réparation consiste à réécrire ce sommaire. C'est une opération standard, prévue par Microsoft, avec un outil fourni. Ce n'est ni un bricolage ni un contournement.
C'est pour cela qu'il faut résister à la tentation du bouton « Réinitialiser ce PC », qui apparaît justement dans les menus où vous allez passer. Il supprimerait tous vos logiciels installés pour régler un problème qui se corrige avec une ligne de commande. Nous y revenons au point 11.
2. La seule étape irréversible de tout l'article : BitLocker
C'est le point que nous plaçons en tête parce que c'est le seul qui puisse coûter les données, et c'est celui que les tutoriels omettent presque tous.
Reconstruire le BCD modifie la chaîne de démarrage. Or, sur une machine chiffrée, cette chaîne est surveillée par la puce de sécurité du PC (le TPM), qui ne libère la clé de déchiffrement que si elle reconnaît l'état du démarrage. Si vous modifiez cet état, la puce refuse, et au redémarrage suivant Windows affiche un écran bleu réclamant une
clé de récupération à 48 chiffres.
Si vous avez cette clé, ce n'est qu'une formalité : vous la tapez une fois et la machine repart. Si vous ne l'avez pas, la situation est brutale et sans appel : les données sont définitivement inaccessibles. Le chiffrement de Windows est un vrai chiffrement, il ne se casse pas, et aucun laboratoire au monde n'y peut quoi que ce soit. Vous êtes alors passé, en une commande, d'un PC réparable en dix minutes à un PC dont il ne reste rien.
Pourquoi vous êtes peut-être concerné sans le savoir
La réaction habituelle est « je n'ai jamais activé de chiffrement ». Elle est sincère, et elle ne protège de rien. Depuis plusieurs années, Windows active
tout seul le chiffrement de l'appareil sur les machines éligibles, y compris en édition Famille, sans jamais l'annoncer. Le disque se chiffre en silence pendant les premières heures d'utilisation.
Pire, la clé n'est sauvegardée automatiquement que dans le
compte Microsoft utilisé pour se connecter. Sur un PC configuré avec un
compte local, il n'existe donc
aucune sauvegarde de la clé nulle part, et Windows ne propose jamais spontanément d'y remédier. C'est le cas de figure le plus dangereux, et il est devenu courant.
Comment vérifier, en une commande
Depuis l'invite de commandes de l'environnement de récupération (nous voyons comment y arriver au point 4) :
manage-bde -status
Lisez la ligne
Protection de chaque volume :
| Ce qui s'affiche |
Ce que ça veut dire |
Ce qu'il faut faire |
| Protection : Activée |
Le disque est chiffré et scellé au TPM |
Stop. Récupérer la clé avant toute commande |
| Protection : Désactivée avec chiffrement à 100 % |
Chiffré avec une clé « en clair », pas de demande aujourd'hui |
On peut continuer, mais le signaler |
| Protection : Désactivée avec chiffrement à 0 % |
Pas de chiffrement |
On peut y aller |
Vérifiez
tous les volumes, pas seulement le principal : un second disque chiffré possède sa propre clé.
Où retrouver la clé
Par ordre de probabilité : dans le compte Microsoft du propriétaire de la machine, sur , y compris dans le compte d'un proche qui aurait configuré le PC à l'origine ; sur une impression ou un fichier texte réalisé au moment de l'activation ; dans l'annuaire de l'entreprise pour un poste professionnel. Notre guide détaillé : .
Et si l'écran de demande de clé est déjà affiché, avant de partir à sa recherche, lisez : quand la demande fait suite à un changement dans le BIOS, remettre le réglage d'origine suffit très souvent à la faire disparaître.
Notre règle d'atelier est simple : machine chiffrée dont la clé n'est pas en main, on ne lance strictement rien et on appelle le client d'abord. Une panne de démarrage se rattrape toujours. Un disque chiffré sans clé, jamais.
3. D'où ça vient : quatre causes, et deux d'entre elles changent la réparation
Avant de réparer, il faut savoir pourquoi c'est cassé. Non par curiosité, mais parce que dans deux cas sur quatre, la bonne réparation n'est pas celle que vous croyez.
| Le contexte |
Ce qui s'est réellement passé |
Ce qu'il faut faire |
| Coupure de courant, batterie à plat, arrêt forcé pendant une mise à jour |
L'écriture du BCD a été interrompue en plein milieu |
Reconstruction du BCD : c'est le cas standard de cet article |
| Disque cloné ou machine migrée vers un nouveau SSD |
Le BCD pointe vers l'ancien disque, ou bien les deux disques sont branchés et la carte mère démarre sur la mauvaise partition de démarrage |
Débrancher physiquement l'ancien disque, réparer, ne le rebrancher qu'ensuite |
| BIOS mis à jour, réinitialisé, ou pile CMOS morte |
Le BCD est intact. C'est l'ordre de démarrage, le mode UEFI/Legacy ou le mode du contrôleur de disque qui a changé |
Vérifier le BIOS d'abord. Toucher au BCD ici ne répare rien et ajoute un problème |
| Secteurs défectueux sur le disque |
Le fichier BCD est physiquement devenu illisible |
La réparation marchera, et ne tiendra pas. Voir le point 9 |
Le premier cas, la coupure de courant, est de loin le plus fréquent, et il fait l'objet d'un article à part entière qui détaille les écrans que l'on voit dans ce contexte : .
Le troisième cas mérite qu'on s'y arrête, car il est fréquent et il envoie beaucoup de monde sur une fausse piste. Un BIOS qui se réinitialise (après une mise à jour, ou tout seul quand la pile de la carte mère est morte) reprend ses réglages d'usine : le mode de démarrage peut repasser en Legacy, le mode du contrôleur SATA peut repasser en RAID alors que Windows a été installé en AHCI, et l'entrée de démarrage de Windows peut avoir disparu de la mémoire du BIOS. Le disque et le BCD sont parfaits, mais plus rien ne se lance.
Deux articles couvrent ce terrain, et si votre panne est apparue juste après une intervention dans le BIOS, ce sont eux qu'il faut lire avant celui-ci : et .
Le réflexe qui fait gagner du temps : avant de sortir la clé USB, entrez dans le BIOS et regardez simplement si le disque système est toujours listé. S'il n'apparaît plus du tout, le problème n'est pas le BCD et aucune commande de cet article n'y changera quoi que ce soit. Si vous ne savez pas quelle touche presser sur votre machine, notre guide donne la touche marque par marque.
4. Entrer dans l'environnement de récupération
Toute la suite se passe dans
WinRE, l'environnement de récupération de Windows, et plus précisément dans son invite de commandes.
Première méthode, si la machine y arrive seule : allumez, et dès l'apparition du logo, coupez l'alimentation par un appui long sur le bouton. Recommencez
trois fois. Au quatrième démarrage, Windows bascule de lui-même sur l'environnement de récupération. Ce n'est pas élégant, mais c'est le mécanisme prévu par Microsoft.
Seconde méthode, la plus fiable : une clé USB d'installation de Windows, créée depuis un autre ordinateur avec l'outil officiel de Microsoft. Démarrez dessus, et à l'écran d'installation, cliquez en bas à gauche sur
Réparer l'ordinateur. Surtout pas sur
Installer maintenant.
Dans les deux cas, le chemin est ensuite :
Dépannage puis
Options avancées puis
Invite de commandes.
Un mot sur « Réparation du démarrage »
Vous verrez, juste à côté, une option nommée
Réparation du démarrage. Essayez-la si vous voulez, elle ne casse rien et prend cinq minutes. Mais ne fondez pas d'espoir dessus : sur cette erreur précise, elle échoue presque systématiquement. Elle sait recréer une entrée manquante dans un sommaire existant, elle ne sait pas reconstruire un sommaire vide.
Si elle vous enferme dans une boucle où le PC ne fait plus que redémarrer sur cet écran, la situation est traitée en détail dans notre article , qui donne notamment combien de temps il est raisonnable de la laisser tourner et comment lire son journal de diagnostic.
5. Le piège n°1 : dans WinRE, votre disque Windows n'est pas C:
C'est
l'erreur qui fait rater la réparation neuf fois sur dix, et elle est invisible : les commandes s'exécutent, elles répondent quelque chose, et rien ne s'arrange.
Dans l'environnement de récupération, les lettres de lecteur ne sont pas celles que vous connaissez. La lettre
X: est prise par le disque virtuel de l'outil de récupération lui-même. Votre Windows se retrouve donc typiquement en
C:, mais très souvent en
D: ou en
E:, selon les partitions présentes. Lancer une commande sur
C: sans vérifier, c'est réparer une partition de récupération constructeur en croyant réparer son système.
On vérifie toujours, systématiquement, avant la première commande utile :
diskpart
list disk
sel disk 0
list vol
exit
Puis on confirme d'un simple coup d'œil :
dir D:\Windows
Si le dossier
Windows s'affiche avec ses sous-dossiers, vous tenez la bonne lettre. Sinon, essayez la suivante. Dans toute la suite de cet article, nous écrivons
D: pour désigner
votre volume Windows : remplacez systématiquement par la lettre que vous venez d'identifier.
Au passage, deux informations précieuses
La sortie de
list disk comporte une colonne
GPT. Un astérisque dans cette colonne signifie que le disque est en GPT, donc que la machine est en
UEFI, ce qui est le cas de toutes les machines depuis 2013 environ. Pas d'astérisque signifie MBR, donc démarrage
Legacy, sur une machine plus ancienne ou installée à l'ancienne. Cette information décide des commandes du point 6, notez-la.
La sortie de
list vol montre par ailleurs les partitions cachées. Sur une machine UEFI, repérez la partition
FAT32 de 100 à 500 Mo : c'est la
partition système EFI, appelée aussi ESP, et c'est là que vit le BCD. Elle n'a pas de lettre de lecteur, il faut lui en donner une pour pouvoir y travailler :
diskpart
sel disk 0
sel vol 2
assign letter=S
exit
Remplacez
vol 2 par le numéro réel de la partition FAT32 que vous avez repéré. Attribuer une lettre à une partition est une opération
totalement inoffensive : rien n'est écrit dans les données, on se contente de rendre la partition visible. Si cette étape vous pose problème, notre article détaille les blocages possibles.
⚠ Dans diskpart, trois commandes détruisent instantanément et sans confirmation : clean, delete et format. Nous n'utilisons ici que list, sel et assign. Vérifiez chaque ligne avant de valider.
6. La réparation, selon que vous êtes en UEFI ou en Legacy
C'est le point où les tutoriels d'internet mélangent tout, parce qu'ils datent d'époques différentes et ne le précisent pas.
Les deux familles de commandes ne sont pas interchangeables.
6a. Machine UEFI/GPT : c'est bcdboot, et rien d'autre
Le principe : mettre l'ancien sommaire de côté, puis en régénérer un neuf à partir de l'installation Windows présente sur le disque.
S:
cd /d S:\EFI\Microsoft\Boot
attrib BCD -s -h -r
ren BCD BCD.old
bcdboot D:\Windows /s S: /f UEFI /l fr-FR
Ligne par ligne : on se place sur la partition EFI, on retire au fichier BCD ses attributs système, caché et lecture seule (sans quoi on ne peut pas y toucher), on le renomme au lieu de le supprimer (en cas de besoin il est toujours là), puis on demande à
bcdboot de reconstruire les fichiers de démarrage pour le Windows situé sur
D:, à destination de la partition
S:, en mode UEFI, en français.
La réponse attendue tient en une ligne :
« Fichiers de démarrage créés ». Il n'y a rien d'autre à faire. Redémarrez en retirant la clé USB.
Si bcdboot échoue avec un message du type
Échec lors de la tentative de copie des fichiers de démarrage, la partition EFI est elle-même corrompue ou saturée. Elle se reformate
sans aucun risque pour vos données : elle ne contient rien d'irremplaçable, uniquement des fichiers de démarrage que
bcdboot va précisément régénérer.
diskpart
sel disk 0
sel vol 2
format fs=fat32 quick
assign letter=S
exit
bcdboot D:\Windows /s S: /f UEFI /l fr-FR
Vérifiez trois fois le numéro de volume avant de taper format. C'est la seule commande dangereuse de tout l'article, et elle ne l'est que si elle vise la mauvaise partition.
6b. Machine Legacy/MBR : c'est bootrec
Sur une machine ancienne, en MBR, la logique est différente et l'outil s'appelle
bootrec :
bootrec /fixmbr
bootrec /fixboot
bootrec /scanos
bootrec /rebuildbcd
Dans l'ordre : réécriture du secteur d'amorçage principal, réécriture du secteur de démarrage, recherche des installations Windows présentes, puis reconstruction du sommaire à partir de ce qui a été trouvé.
Si /rebuildbcd annonce « 0 installation Windows identifiée », c'est que le magasin existant l'empêche de travailler. Même logique qu'en UEFI, on le met de côté :
attrib C:\boot\bcd -s -h -r
ren C:\boot\bcd bcd.old
bootrec /rebuildbcd
Vérifiez également que la partition système est bien marquée
active, faute de quoi la carte mère ne saura pas où commencer :
diskpart
sel disk 0
sel part 1
active
exit
À noter que
bcdboot fonctionne aussi en Legacy, avec la variante
bcdboot D:\Windows /s C: /f BIOS. C'est un bon plan B si
bootrec s'obstine.
7. « bootrec /fixboot : Accès refusé » : le faux problème qui fait perdre des soirées
Voilà probablement le message d'erreur le plus mal compris de tout le dépannage Windows, et il mérite sa propre section parce qu'il génère des fils de discussion de trente pages sur les forums.
Vous êtes sur une machine moderne, en UEFI. Vous avez trouvé un tutoriel qui donne les quatre commandes
bootrec. Vous les tapez, et la deuxième répond :
bootrec /fixboot
À partir de là, la conclusion naturelle est : « il y a un problème de droits, il faut le débloquer, et tant que ce ne sera pas débloqué la réparation ne marchera pas ». S'ensuivent des heures de recherches, des manipulations de permissions, des recettes du type
bootsect /nt60 appliquées à la partition EFI, et parfois des dégâts bien réels sur une machine qui n'avait qu'un sommaire à réécrire.
Il n'y a aucun problème de droits. Ce message est le comportement normal.
L'explication est simple :
bootrec /fixboot écrit dans le
secteur de démarrage d'un disque MBR. Sur une machine UEFI, ce secteur n'existe pas, ou plus exactement il n'a plus aucun rôle : le démarrage passe par un fichier sur la partition EFI en FAT32. La commande n'a donc rien à écrire là où elle veut écrire, et le système lui refuse l'accès. C'est l'équivalent d'un outil qui cherche une serrure sur une porte coulissante.
Les trois conséquences pratiques :
1. Sur une machine UEFI,
bootrec n'est pas l'outil. Tout ce dont vous avez besoin est
bcdboot, au point 6a, et il se moque totalement de ce refus d'accès.
2.
Ne cherchez aucun contournement. Les recettes de forum qui appliquent
bootsect /nt60 à la partition EFI sont, au mieux, sans effet.
3.
Ce message n'est pas un symptôme. Il n'indique ni un disque abîmé, ni des droits corrompus, ni une partition perdue. Il ne vous apprend rien sur votre panne.
Un repère pour ne plus jamais s'y tromper :
bootrec avec ses options
/fixmbr,
/fixboot et
/rebuildbcd, c'est
l'ancien monde, MBR et Legacy.
bcdboot, c'est
le monde actuel, GPT et UEFI. La colonne GPT de
list disk, au point 5, vous a déjà dit dans lequel vous êtes.
8. Vérifier que la réparation a vraiment pris
Avant de redémarrer, un contrôle de dix secondes :
bcdedit /enum
Vous devez voir une section
Chargeur de démarrage Windows avec une ligne
device qui désigne une partition réelle, et une ligne
path du type
\Windows\system32\winload.efi. Si
device affiche
unknown, la reconstruction n'a pas abouti : reprenez au point 5, il y a de fortes chances que la lettre du volume Windows n'ait pas été la bonne.
Ensuite, et c'est un réflexe d'atelier que nous appliquons sans exception :
1.
Retirez la clé USB avant de redémarrer, sinon vous testez le démarrage de la clé et non celui du disque.
2.
Laissez Windows aller jusqu'au bureau, pas seulement jusqu'à l'écran de connexion.
3.
Redémarrez une seconde fois, complètement. Une réparation qui tient un seul démarrage et échoue au suivant n'est pas une réparation, c'est un signal : le disque réécrit mal ce qu'on lui confie. Cette vérification-là ne coûte que deux minutes et vous évite de rendre une machine qui retombera en panne le lendemain.
Si BitLocker était actif, c'est au premier de ces redémarrages que la clé de récupération sera demandée. Vous l'avez sous la main depuis le point 2, vous la saisissez, et c'est fini : la demande ne se reproduira pas au démarrage suivant.
9. Si l'erreur revient : ce n'est plus une panne logicielle
Vous avez reconstruit le BCD, la machine a démarré, et deux jours plus tard le même écran 0xc0000098 revient. Ou bien la réparation n'a tenu qu'un démarrage.
Arrêtez de réparer. Un fichier de démarrage qui se corrompt tout seul, de façon répétée, est le symptôme classique d'un support de stockage qui se dégrade : les secteurs qui portent ce fichier ne retiennent plus ce qu'on y écrit. Le BCD est simplement le premier fichier à en souffrir, parce qu'il est le premier à être lu et qu'une seule erreur suffit à le rendre inexploitable.
L'ordre correct devient alors : sauvegarder d'abord, diagnostiquer ensuite, réparer en dernier.
Concrètement :
•
Contrôlez l'état de santé du disque. Depuis un Windows qui démarre, un utilitaire de lecture SMART suffit. En atelier, nous sortons le disque et nous le lisons sur un autre poste, ce qui évite de le solliciter davantage.
•
Copiez les données importantes avant toute nouvelle tentative. Un disque fatigué a un nombre de démarrages limité devant lui, et chaque tentative en consomme.
•
Méfiez-vous de chkdsk. L'analyse de surface complète (
chkdsk /f /r) sollicite chaque secteur du disque pendant des heures : c'est précisément ce qui achève les disques fragiles. Sur un disque suspect, on ne la lance
pas avant d'avoir sauvegardé.
• Les réparations hors ligne du système sont utiles uniquement si le disque est sain :
sfc /scannow /offbootdir=D:\ /offwindir=D:\Windows
dism /image:D:\ /cleanup-image /restorehealth
Sur un disque mourant, elles ne font que retarder le diagnostic.
Et si le disque
claque, cliquette, disparaît en cours d'usage ou n'est détecté qu'une fois sur trois, la règle change complètement : chaque mise sous tension réduit les chances de récupérer quoi que ce soit. On débranche, on ne tente plus rien, et on confie le support à un laboratoire. C'est le métier de , qui traite les disques durs, SSD, cartes mémoire, clés USB et systèmes RAID.
10. Ne pas confondre : les codes voisins du démarrage
Les codes d'erreur du gestionnaire de démarrage se ressemblent tous, et une bonne partie du temps perdu vient d'un traitement appliqué au mauvais code. Voici la lecture rapide.
| Le code affiché |
Ce qu'il signifie réellement |
Par où commencer |
| 0xc0000098 |
Le BCD est là mais ne contient aucune entrée valide |
Cet article : bcdboot |
| 0xc0000034 |
Un objet est introuvable dans le BCD (entrée effacée) |
Même traitement, bcdboot |
| 0xc000000f ou 0xc000014c |
Le fichier BCD est illisible ou corrompu |
Même traitement, mais suspecter davantage le disque |
| 0xc000000e |
Le périphérique de démarrage est inaccessible : disque non vu, mode du contrôleur changé |
Le BIOS d'abord, le BCD ensuite |
| 0xc0000225 |
Aucun périphérique de démarrage valide trouvé |
Ordre de démarrage dans le BIOS, puis BCD |
| Un message citant winload.efi ou winload.exe |
Le BCD est bon, c'est le chargeur de Windows qui manque ou ne répond pas |
Mauvaise partition ciblée, ou réparation hors ligne du système |
| INACCESSIBLE_BOOT_DEVICE (écran bleu, après le logo) |
Windows a démarré et n'a pas trouvé son pilote de stockage |
Mode du contrôleur SATA dans le BIOS (RAID/AHCI/VMD) |
Retenez surtout la ligne
0xc000000e et la ligne
0xc0000225 : ces deux-là pointent vers le matériel et vers le BIOS, pas vers le BCD. Y appliquer les commandes de cet article revient à réparer quelque chose qui n'est pas cassé.
11. Ce qu'il ne faut surtout pas faire
Quatre réflexes que nous voyons régulièrement, et qui transforment une réparation de dix minutes en dossier compliqué.
« Réinitialiser ce PC ». C'est le bouton le plus visible des menus de récupération, et c'est le plus mauvais choix ici. Il supprime tous les logiciels installés pour régler un problème qui n'a rien à voir avec eux, il demande beaucoup d'écritures sur un disque peut-être fatigué, et il échoue fréquemment en cours de route, laissant la machine dans un état bien pire pour l'extraction des données. Si une réinstallation devient nécessaire plus tard, elle se prépare, et notre article en décrit les pièges.
Formater ou recréer des partitions « pour repartir propre ». Tant que les données n'ont pas été sauvegardées, aucune opération destructive ne se justifie. Le BCD se répare sans rien effacer.
Enchaîner les commandes d'un tutoriel sans vérifier les lettres. C'est le sujet du point 5, et c'est la première cause des « j'ai tout essayé, rien ne marche » : les commandes étaient bonnes, elles visaient la mauvaise partition.
Mélanger les recettes UEFI et Legacy. C'est le sujet du point 7. Une bonne partie des tutoriels en ligne datent de Windows 7 et s'appliquent à un monde MBR qui n'est plus celui de votre machine.
12. Récapitulatif : l'ordre des opérations
1.
Vérifier le BIOS si la panne suit une intervention dessus, une mise à jour, ou une pile morte. Le disque système y est-il encore listé ?
2.
Entrer dans WinRE (trois coupures au logo, ou clé USB puis
Réparer l'ordinateur), puis ouvrir l'invite de commandes.
3.
manage-bde -status : la machine est-elle chiffrée ? Si oui,
récupérer la clé avant tout. C'est la seule étape sans retour en arrière.
4.
diskpart puis list disk et list vol : noter si le disque est GPT (UEFI) ou MBR (Legacy), et identifier la vraie lettre du volume Windows avec
dir <lettre>:\Windows.
5.
En UEFI : donner une lettre à la partition EFI FAT32, renommer l'ancien BCD, puis
bcdboot D:\Windows /s S: /f UEFI /l fr-FR.
6.
En Legacy :
bootrec /fixmbr,
/fixboot,
/scanos,
/rebuildbcd, et vérifier que la partition système est active.
7.
Ignorer le message « Accès refusé » de
bootrec /fixboot sur une machine UEFI : il est normal.
8.
bcdedit /enum pour contrôler que l'entrée existe et pointe vers une partition réelle.
9.
Redémarrer clé retirée, aller jusqu'au bureau, puis redémarrer une seconde fois.
10.
Si l'erreur revient : ce n'est plus le BCD. Sauvegarder les données, contrôler la santé du disque, et prévoir son remplacement.
Vous préférez qu'on s'en occupe ? C'est notre quotidien
Cette panne fait partie de celles que nous traitons le plus souvent, et elle se termine presque toujours bien : le PC repart avec ses logiciels, ses réglages et ses fichiers, sans réinstallation. Ce que nous apportons, ce n'est pas la difficulté technique des commandes, c'est l'ordre dans lequel elles se font et le contrôle de l'état du disque avant de conclure que c'est réparé.
•
Diagnostic du démarrage, réparation du BCD, contrôle de l'état du disque, remplacement du SSD et transfert de l'installation existante si nécessaire, pour les particuliers comme pour les professionnels :
BSC Informatique, 18 Av Olbius Riquier, 83400 Hyères,
04 94 27 65 95, . Nous vendons également les SSD et disques qui vont avec, et nous nous chargeons de la migration.
•
Vous préférez qu'on vienne chez vous, pour regarder la machine sur place et vous expliquer ce qu'elle a : , assistance informatique à domicile pour particuliers, agréée service à la personne.
•
Le disque fait du bruit, il n'est plus détecté, ou des fichiers ont déjà disparu : n'insistez pas avec les tentatives de démarrage, chacune réduit les chances. , laboratoire de récupération de données sur disques durs, SSD, cartes mémoire, clés USB et systèmes RAID.
•
Le PC ne s'allume plus du tout, aucun logo, aucune image, rien à l'appui sur le bouton : ce n'est plus une histoire de démarrage de Windows, c'est de la réparation au composant. , réparation de cartes mères de PC portables et Chromebooks, hors Apple.
•
Il vous faut un ordinateur pendant l'immobilisation du vôtre, pour quelques jours ou quelques mois : , location de PC fixes et portables, en courte comme en longue durée.
•
La machine redémarrait déjà bizarrement depuis qu'elle est envahie de publicités et de fausses alertes de sécurité : c'est un autre sujet, et il se traite par un nettoyage complet. .
Sources : documentation Microsoft Learn sur les données de configuration de démarrage (Boot Configuration Data), sur l'outil bcdboot et ses options /s, /f UEFI|BIOS et /l, et sur le dépannage avancé des problèmes de démarrage de Windows (chaîne gestionnaire de démarrage, BCD, chargeur winload). Documentation Microsoft sur le chiffrement de l'appareil, la sauvegarde de la clé de récupération dans le compte Microsoft et l'outil manage-bde. Le comportement « Accès refusé » de bootrec /fixboot sur une machine UEFI est un constat reproductible, lié au fait que cette commande vise le secteur d'amorçage d'un disque MBR. Complété par la pratique de l'atelier BSC Informatique : réparations de démarrage 0xc0000098 sur machines UEFI et Legacy, cas de disques clonés à deux partitions EFI, cas de BIOS réinitialisés où le BCD était intact, et cas de récidive révélant un support en fin de vie. Les manipulations décrites engagent la responsabilité de celui qui les réalise. BSC Informatique, EURL BSC INFORMATIQUE, 18 Avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères, 04 94 27 65 95.