En bref : votre PC coupe brutalement, écran noir, redémarrage, et au retour Windows annonce qu'il ne s'est pas arrêté correctement. Parfois deux fois dans la semaine, parfois deux fois dans l'heure, et jamais au même moment.
🟢
Windows a analysé chacun de ces plantages, tout seul, et il a écrit le nom du composant fautif dans un fichier texte sur votre disque. Il ne l'affiche simplement nulle part. Une commande PowerShell suffit à le sortir, sans installer WinDbg ni aucun outil de débogage.
Les trois questions à trancher, dans cet ordre :
1.
Y a-t-il eu un écran bleu, ou une coupure franche ? L'événement
Kernel-Power 41 le dit dans un champ que personne ne lit (
BugcheckCode). Bugcheck à
0 = la machine a été coupée net, ce n'est pas un problème de pilote. →
2.
Si écran bleu : qui est désigné ? La commande WER ci-dessous classe vos plantages par fautif, sur des mois d'historique. →
3.
Le fautif est-il un pilote, ou du matériel derrière le pilote ? C'est toute la difficulté, et il existe une règle simple qui fait gagner des semaines. →
Get-ChildItem "$env:ProgramData\Microsoft\Windows\WER\Report*" -Recurse -Filter Report.wer |
ForEach-Object {
$m = Select-String $_.FullName -Pattern '^Response\.BucketId=(.+)$'
if ($m) { $m.Matches[0].Groups[1].Value }
} | Group-Object | Sort-Object Count -Descending | Select-Object Count, Name
⚠️
Ce qu'il ne faut PAS faire en premier : changer le chargeur ou la prise (le code 0x9F ne parle pas d'électricité), mettre « tous les pilotes à jour » au hasard, ou réinstaller Windows. Sur une erreur matérielle confirmée, ces trois réflexes ne corrigent rien et font perdre l'historique qui contenait la réponse.
Trouvez votre cas en 30 secondes
« Mon PC s'éteint tout seul » recouvre cinq pannes très différentes, qui n'ont ni le même diagnostic ni le même coût. Commencez par identifier la vôtre, sinon vous appliquerez le remède d'une autre :
| Ce que vous constatez exactement | Ce que c'est probablement | Où aller |
Écran noir instantané, redémarrage, erreur 0x9F dans les journaux | Une requête d'alimentation reste bloquée : le sujet central de ce guide | |
Coupure franche, aucun écran bleu, Kernel-Power 41 avec BugcheckCode = 0 | Perte d'alimentation réelle : bloc d'alimentation, contacts, surchauffe, batterie | |
Ça coupe en jeu ou sous charge, parfois avec 0x116 | Alimentation ou refroidissement du circuit graphique | |
| L'écran se fige, la machine reste allumée, diode allumée | Gel et non arrêt : autre mécanique | |
| Le PC ne redémarre plus du tout, voyants qui clignotent | Panne de démarrage, à ne pas confondre avec un arrêt intempestif | |
| Ça coupe et le Wi-Fi disparaît par intermittence | Carte Wi-Fi/Bluetooth combo défaillante, cas fréquent et bien documenté | |
| Vous voulez d'abord comprendre l'erreur 0x9F et ses correctifs classiques | Wi-Fi qui s'endort, démarrage rapide, veille sélective USB | |
📘
Cet article est la suite logique de notre guide . Celui-là explique le code d'erreur et les correctifs habituels. Celui-ci, c'est
l'enquête, quand les correctifs habituels n'ont rien donné.
Sommaire
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À lire avant de commencer. Tout ce qui consiste à
lire des journaux et des rapports (la majorité de cet article) est sans aucun risque : rien n'est modifié, rien n'est désinstallé, et c'est parfaitement adapté à un diagnostic à distance. En revanche, désactiver un périphérique, toucher aux pilotes graphiques ou démonter une machine peut aggraver la situation si c'est appliqué à tort, en particulier sur un PC dont le disque est déjà fatigué.
Sauvegardez avant. Comme indiqué dans nos , BSC Informatique ne saurait être tenue responsable des conséquences de l'application de cet article.
Ce que Windows enregistre à votre insu
Le PC coupe. Pas d'écran bleu qu'on a le temps de lire, pas de message : l'écran devient noir, la machine redémarre, et Windows affiche au retour « Windows ne s'est pas arrêté correctement ». Vous ouvrez l'Observateur d'événements, et vous tombez sur une ligne :
Erreur 0x0000009F - DRIVER_POWER_STATE_FAILURE
À ce stade, tous les tutoriels vous envoient au même endroit : installer
WinDbg, télécharger les symboles de débogage, ouvrir le minidump, taper
!analyze -v. C'est efficace, mais c'est long, ça demande d'installer un outil de développeur sur une machine qui n'est déjà pas stable, et pour un particulier c'est franchement rebutant.
La bonne nouvelle : dans l'immense majorité des cas, c'est déjà fait. À chaque plantage, Windows produit deux choses bien distinctes :
| Ce qui est écrit | Où | Ce que ça contient |
| Le minidump | C:\Windows\Minidump\*.dmp | La mémoire au moment du crash, illisible sans outil de débogage |
| Le rapport d'erreur (WER) | C:\ProgramData\Microsoft\Windows\WER\ | Un fichier texte listant le contexte, et surtout la conclusion de l'analyse |
C'est le second qui nous intéresse.
WER (
Windows Error Reporting) est le mécanisme qui, depuis Windows XP, propose d'« envoyer un rapport à Microsoft ». Ce que presque personne ne sait, c'est que ce rapport contient un champ nommé
Response.BucketId : une
signature de classement du plantage, calculée à partir de l'analyse du dump, exactement le même travail que
!analyze, et qui contient
le nom du fichier pilote incriminé.
Deux avantages décisifs sur le minidump :
•
Aucun outil à installer. C'est du texte, lisible avec le Bloc-notes.
•
L'historique est bien plus long. Les minidumps sont souvent purgés (nettoyage de disque, utilitaires « d'optimisation », réinstallation) ; les dossiers
WER\ReportArchive et
WER\ReportQueue conservent couramment des
dizaines voire des centaines de rapports sur plusieurs mois. Sur un cas réel d'atelier, la machine ne conservait que quelques dumps, mais
92 rapports WER exploitables.
Et c'est là que ça devient intéressant : un minidump, c'est
un plantage. Quatre-vingt-douze rapports, c'est une
statistique. Un diagnostic construit sur une observation isolée est fragile ; un diagnostic construit sur une distribution de quatre-vingt-douze plantages, beaucoup moins.
La commande qui sort la liste des coupables
Ouvrez
PowerShell (clic droit sur le menu Démarrer, puis
Terminal ou
Windows PowerShell), et collez ceci :
Get-ChildItem "$env:ProgramData\Microsoft\Windows\WER\Report*" -Recurse -Filter Report.wer |
ForEach-Object {
$m = Select-String $_.FullName -Pattern '^Response\.BucketId=(.+)$'
if ($m) { $m.Matches[0].Groups[1].Value }
} | Group-Object | Sort-Object Count -Descending | Select-Object Count, Name
En une ligne : elle parcourt tous les rapports d'erreur, en extrait le champ
Response.BucketId, et les
regroupe par fréquence.
💡
Détail qui compte : le test
if ($m) n'est pas cosmétique. Beaucoup de rapports WER ne contiennent pas de
Response.BucketId (rapports d'application, rapports jamais envoyés à Microsoft). Sans ce garde-fou, la version courte de la commande, qu'on voit circuler un peu partout, s'interrompt sur une erreur d'index dès le premier rapport sans bucket, et on croit à tort que la machine n'a rien.
Ce n'est ni risqué ni intrusif : la commande
lit des fichiers, elle n'écrit rien, ne modifie rien et ne désinstalle rien.
La même chose, mais datée
Le classement par fréquence donne le coupable. La chronologie, elle, donne le
déclencheur, et c'est souvent ce qui manque :
Get-ChildItem "$env:ProgramData\Microsoft\Windows\WER\Report*" -Recurse -Filter Report.wer |
ForEach-Object {
$m = Select-String $_.FullName -Pattern '^Response\.BucketId=(.+)$'
if ($m) { [pscustomobject]@{ Date = $_.LastWriteTime; Bucket = $m.Matches[0].Groups[1].Value } }
} | Sort-Object Date -Descending | Select-Object -First 30 | Format-Table -AutoSize
Ce que vous cherchez dans cette liste :
• Les plantages
ont-ils commencé à une date précise ? Si oui, que s'est-il passé ce jour-là (mise à jour Windows, nouveau pilote, nouveau périphérique, déménagement de la machine, début de l'été) ?
• La signature a-t-elle
changé en cours de route ? Un bucket qui se transforme en un autre, c'est souvent un correctif qui a déplacé le problème sans le résoudre.
• Les plantages sont-ils
groupés sur quelques jours, alors que le pilote suspecté est installé depuis des mois ? Dans ce cas, le déclencheur est presque toujours matériel (chaleur, contact, alimentation), pas logiciel. C'est un discriminant que nous utilisons systématiquement en atelier.
Voir l'historique des écrans bleus, autrement
Deuxième source, indépendante de WER, et utile quand les rapports ont été purgés :
Get-WinEvent -FilterHashtable @{LogName='System'; ProviderName='Microsoft-Windows-WER-SystemErrorReporting'; Id=1001} -MaxEvents 20 |
Select-Object TimeCreated, Message | Format-List
L'événement
1001 contient le code d'arrêt
et ses quatre paramètres, plus le chemin du dump. C'est là que vous lirez noir sur blanc le fameux
0x0000009f (0x0000000000000003, ...), dont le premier paramètre
3 est déjà, à lui seul, une information de diagnostic.
Si la liste revient vide : cinq causes et comment réarmer WER
Une liste vide ne veut pas dire « machine saine ». Dans l'ordre de fréquence :
1.
Les rapports ont été supprimés par un nettoyage de disque, un utilitaire tiers « d'optimisation », ou une réinstallation récente. C'est de loin la première cause, et c'est la raison pour laquelle il vaut mieux lancer la commande
avant de nettoyer quoi que ce soit.
2.
WER est désactivé. Vérifiez dans Paramètres,
Confidentialité et sécurité,
Diagnostics et commentaires. Sur les postes d'entreprise, WER est souvent coupé par stratégie de groupe, et il faudra passer par le service informatique.
3.
La machine n'a pas vraiment planté : les coupures étaient des arrêts francs, sans écran bleu. Ce cas a sa propre section, et c'est un tout autre diagnostic. →
4.
Le disque système était plein au moment des plantages. Sans place, ni dump ni rapport ne s'écrivent.
5.
L'écriture des dumps est désactivée. Clic droit sur
Ce PC,
Propriétés,
Paramètres système avancés,
Démarrage et récupération : choisissez
Image mémoire partielle (minidump) et décochez
Redémarrer automatiquement. Ainsi, le prochain écran bleu restera affiché assez longtemps pour être photographié, et il laissera une trace exploitable.
Puis attendez le prochain plantage. Cela paraît frustrant, mais un diagnostic reposant sur un seul incident bien capturé vaut mieux que trois semaines de manipulations à l'aveugle.
Apprendre à lire un « bucket » en trois minutes
Voici le résultat obtenu sur une machine réellement passée à l'atelier, un tout-en-un de bureautique d'environ six ans qui coupait plusieurs fois par semaine :
| Nb | Bucket |
| 28 | LKD_0x124_7_GenuineIntel_FIRMWARE_IMAGE_GenuineIntel.sys |
| 21 | 0x9F_3_IMAGE_pci.sys |
| 20 | 0x9F_3_DXG_POWER_IRP_TIMEOUT_IMAGE_pci.sys |
| 7 | 0x9F_3_IMAGE_ACPI.sys |
| 7 | LKD_0x1B0_Dxgkrnl…Status_0xC000009A_Driver_nvlddmkm_failed_DdiStartDevice_StartDevice_Failure |
| 3 | LKD_0x141_Tdr:6_IMAGE_nvlddmkm.sys_Maxwell_3D |
| 1 | 0x113_19_nvlddmkm!NvDispatchPower |
À première vue, c'est du charabia. En réalité, tout le diagnostic est là, et il est même écrit plusieurs fois.
Un bucket se lit de gauche à droite, comme une phrase. Prenons le troisième :
0x9F _ 3 _ DXG_POWER_IRP_TIMEOUT _ IMAGE_pci.sys
│ │ │ │
│ │ │ └─ le fichier mis en cause
│ │ └─ la nature précise de l'échec
│ └─ le 1er paramètre du bugcheck
└─ le code d'arrêt
| Morceau | Ce que ça veut dire |
0x9F | Le code d'arrêt, ici DRIVER_POWER_STATE_FAILURE |
_3_ | Le premier paramètre : 3 = « un périphérique bloque une requête d'alimentation depuis trop longtemps ». C'est le cas le plus fréquent |
DXG_POWER_IRP_TIMEOUT | La requête bloquée est celle de la pile graphique (DXG = DirectX Graphics Kernel) |
IMAGE_pci.sys | Le fichier désigné par l'analyse : ici pci.sys, le pilote de bus PCI Express de Windows |
LKD_… | Live Kernel Dump : un incident enregistré sans écran bleu, le PC a continué de tourner |
Tdr:6 | Timeout Detection and Recovery : la carte graphique s'est figée et Windows l'a réinitialisée |
0x124 | WHEA_UNCORRECTABLE_ERROR : erreur matérielle irrécupérable, signalée par le processeur ou le firmware |
0x141 | Le circuit graphique n'a pas répondu à une tentative de réinitialisation |
Deux préfixes à retenir, parce qu'ils changent complètement la lecture :
•
0x… = un vrai écran bleu, la machine s'est arrêtée.
•
LKD_… = un incident capturé
à chaud, sans arrêt du système. Ce sont des signaux précieux : ils passent totalement inaperçus pour l'utilisateur, mais ils s'accumulent dans les rapports. Beaucoup de machines « qui vont bien » ont en réalité des dizaines de LKD au compteur, et c'est parfois le tout premier signe d'un composant qui se dégrade.
Les autres paramètres possibles du 0x9F, plus rares mais qui orientent différemment :
| Premier paramètre | Ce qui s'est passé |
0x3 | Un périphérique bloque une requête d'alimentation trop longtemps. Le plus fréquent de loin |
0x0 | Un pilote a terminé une requête, mais celui du dessus ne l'a pas traitée |
0x4 | Le thread qui traite les requêtes d'alimentation est lui-même bloqué |
0x500 | Un délai d'attente sur un appareil géré par le framework de pilotes en mode utilisateur |
Le dictionnaire des pilotes que vous allez croiser
Un bucket ne sert à rien si le nom de fichier ne vous dit rien. Voici les fichiers qui reviennent le plus souvent sur un 0x9F, et ce qu'ils désignent réellement :
| Fichier dans le bucket | Composant concerné | Éditeur | Lecture |
rtwlane*.sys, rtwlanu*.sys | Wi-Fi Realtek | Tiers | Suspect n°1 historique : gestion d'énergie mal implémentée |
Netwtw*.sys, Netwbw*.sys | Wi-Fi Intel | Tiers | Très fréquent, corrigé par le pilote du constructeur du PC |
bcmwl*.sys, athw*.sys | Wi-Fi Broadcom / Qualcomm Atheros | Tiers | Même famille de problèmes |
nvlddmkm.sys | Carte graphique NVIDIA | Tiers | Pilote ou puce défaillante, à départager |
amdkmdag.sys, amdppm.sys | Carte graphique / gestion d'énergie AMD | Tiers | Idem côté AMD |
igdkmd64.sys | Circuit graphique Intel intégré | Tiers | Plus rare, souvent lié à une version ancienne |
iaStorAC.sys, iaStorAV.sys | Stockage Intel RST | Tiers | Vérifier aussi le firmware du SSD |
stornvme.sys, storport.sys | Pile de stockage NVMe | Microsoft | Souvent une victime : voir la règle ci-dessous |
usbhub3.sys, USBXHCI.sys | Contrôleur et hubs USB 3 | Microsoft | Pensez au dock, à l'imprimante, au disque externe |
pci.sys | Bus PCI Express | Microsoft | Presque toujours une victime, pas un coupable |
ACPI.sys | Interface d'alimentation de la carte mère | Microsoft | Idem |
ntoskrnl.exe | Noyau Windows | Microsoft | Ne désigne rien à lui seul |
intelppm.sys | Gestion d'énergie du processeur Intel | Microsoft | Regarder du côté du BIOS et des états C |
RTKVHD64.sys | Audio Realtek | Tiers | Rare sur 0x9F, fréquent sur d'autres codes |
Un .sys au nom de votre marque (Dell*, Lenovo*, HP*, Asus*) | Utilitaire constructeur qui pilote l'énergie | Tiers | Le désinstaller est un test rapide et réversible |
Pilote victime ou pilote coupable : la règle qui fait gagner des semaines
C'est le point où se joue l'essentiel du diagnostic, et c'est celui que les tutoriels passent sous silence.
Dans notre tableau de résultats,
les buckets 0x9F ne citent que des pilotes Microsoft :
pci.sys et
ACPI.sys sont des composants du cœur de Windows, installés sur des centaines de millions de PC. S'ils étaient bogués, cela se saurait. Ils apparaissent parce qu'ils sont
les derniers à avoir tenu la requête avant qu'elle ne se perde dans le vide.
🎯 La règle à retenir : quand un 0x9F ne pointe que des pilotes Microsoft (pci.sys, ACPI.sys, usbhub3.sys, ntoskrnl.exe), ce n'est presque jamais un bug logiciel. C'est le matériel situé derrière qui ne répond plus. pci.sys désigne, en creux, le périphérique PCI Express qu'il pilotait.
Et la réciproque est vraie, ce qui en fait un aiguillage utilisable tel quel :
| Ce que citent les buckets | Nature probable | Premier geste |
| Un pilote tiers revient systématiquement | Logiciel dans la grande majorité des cas | Reprendre ce pilote sur le site du constructeur du PC, ou revenir à la version précédente |
| Uniquement des pilotes Microsoft | Matériel derrière ce pilote | Tests mémoire, stockage, puis le |
Microsoft + DXG + nvlddmkm ou amdkmdag | Circuit graphique | |
Un 0x124 ou des WHEA fatals en plus | Matériel confirmé | Arrêter les pistes logicielles, |
| Buckets très dispersés, aucun motif | Instabilité générale | Mémoire, alimentation, chauffe, empoussièrement |
⚠️
La nuance qui évite l'erreur inverse : un pilote Microsoft en tête ne
prouve pas à lui seul un défaut matériel. Il l'indique fortement, et il demande une confirmation indépendante. C'est exactement ce que fournit la section suivante.
Le raisonnement qui a désigné le coupable
Relisons le tableau de la machine d'atelier, non plus ligne par ligne, mais comme un faisceau d'indices.
Premier constat : les buckets 0x9F ne citent que du Microsoft. Application directe de la règle ci-dessus : le problème est derrière
pci.sys, donc sur un périphérique PCI Express.
Deuxième constat : le mot DXG oriente vers le graphique. La requête bloquée est celle de la pile graphique, et le composant qui ne rend pas la main est
sous pci.sys. Donc une carte graphique branchée en PCI Express.
Troisième constat : trois buckets citent nommément nvlddmkm, le pilote NVIDIA, et pas pour dire n'importe quoi :
•
nvlddmkm failed DdiStartDevice avec le statut
0xC000009A : le pilote
n'arrive plus à démarrer la carte graphique ;
•
Tdr:6 … Maxwell_3D : la puce se
fige et doit être réinitialisée ;
•
nvlddmkm!NvDispatchPower : plantage exactement dans la
gestion d'énergie du circuit graphique.
Quatrième constat, et c'est celui qui clôt le débat : le bucket le plus fréquent est un 0x124. Ce code d'arrêt ne parle plus du tout de pilote : il signifie
erreur matérielle irrécupérable, remontée par le processeur et le firmware de la carte mère. Le mot
FIRMWARE dans la signature indique que c'est le
BIOS lui-même qui a capturé l'erreur au moment du plantage et l'a transmise à Windows au démarrage suivant. C'est aussi pour cela que l'horodatage de ces événements est collé au démarrage, et non à l'heure réelle de la coupure : un détail qui déroute quand on croise les journaux, et qu'il faut connaître pour ne pas conclure de travers.
Trois familles d'indices indépendantes (les buckets graphiques, les échecs du pilote NVIDIA, et une erreur matérielle fatale confirmée par le firmware) convergent vers
la même pièce : la carte graphique NVIDIA, soudée sur la carte mère.
Le contre-test WHEA : ce que le matériel déclare lui-même
Cette erreur
0x124 se vérifie directement dans l'Observateur d'événements, sous une source sans ambiguïté :
WHEA-Logger (
Windows Hardware Error Architecture). Une commande suffit :
Get-WinEvent -FilterHashtable @{LogName='System'; ProviderName='Microsoft-Windows-WHEA-Logger'} -MaxEvents 20 |
Select-Object TimeCreated, Id, LevelDisplayName | Format-Table -AutoSize
Sur la machine en question :
35 événements WHEA-Logger ID 1, « erreur matérielle irrécupérable ». Un WHEA fatal ne s'invente pas et ne se corrige pas avec un pilote : c'est le matériel qui le déclare lui-même.
| Identifiant | Signification | Ce que ça vaut |
| 1 | Erreur matérielle irrécupérable (fatale) | Le matériel est en cause. Répété et corrélé aux plantages, le doute n'est plus permis |
| 17 et 19 | Erreur matérielle corrigée | Le matériel a détecté et réparé. Quelques-unes sont normales sur bien des machines |
| 18, 20, 47 | Variantes corrigées selon la version de Windows | Même lecture que 17 et 19 |
⚠️ Nuance importante, parce qu'on lit beaucoup de raccourcis à ce sujet : quelques WHEA corrigés sont normaux. Ce qui est anormal, c'est un WHEA fatal, et surtout répété et corrélé aux plantages. À l'inverse, une explosion du nombre d'erreurs corrigées, là où il n'y en avait aucune six mois plus tôt, est un signal d'alerte à part entière : c'est du matériel qui commence à fatiguer et qui tient encore.
Pour croiser proprement les dates, comptez les événements par jour :
Get-WinEvent -FilterHashtable @{LogName='System'; ProviderName='Microsoft-Windows-WHEA-Logger'} -MaxEvents 200 |
Group-Object { $_.TimeCreated.ToString('yyyy-MM-dd') } | Sort-Object Name |
ForEach-Object { "{0} {1,3} {2}" -f $_.Name, $_.Count, ('#' * $_.Count) }
Cet histogramme en texte est étonnamment parlant : il montre d'un coup d'œil si le phénomène est ancien et stable, ou s'il s'est
emballé à partir d'une date précise.
Kernel-Power 41 : les deux champs que personne ne regarde
L'événement
Kernel-Power 41 est la trace universelle d'un arrêt non planifié. Tout le monde le trouve, presque personne ne l'exploite : on lit « le système a redémarré sans s'arrêter correctement », on en conclut « panne d'alimentation », et on part commander un bloc d'alimentation.
Cet événement porte pourtant
deux champs qui changent complètement le diagnostic, et qui ne s'affichent pas dans l'onglet Général de l'Observateur d'événements :
Get-WinEvent -FilterHashtable @{LogName='System'; Id=41} -MaxEvents 15 | ForEach-Object {
$x = [xml]$_.ToXml(); $d = @{}
$x.Event.EventData.Data | ForEach-Object { $d[$_.Name] = $_.'#text' }
$ft = [int64]$d['PowerButtonTimestamp']
[pscustomobject]@{
Date = $_.TimeCreated
Bugcheck = '0x{0:X}' -f [int]$d['BugcheckCode']
Bouton = $(if ($ft -eq 0) { 'aucun appui : coupure SUBIE' } else { 'APPUI le ' + [datetime]::FromFileTime($ft) })
}
} | Format-Table -AutoSize
BugcheckCode vous dit ce qui s'est réellement passé :
•
différent de 0 (par exemple
0x9F) : il y a bien eu un écran bleu, même si vous ne l'avez pas vu. Windows a eu le temps d'écrire un dump, la méthode WER de cet article s'applique.
•
égal à 0 :
aucun écran bleu. La machine a été coupée net, comme si on avait retiré la prise. Windows n'a rien pu écrire, il n'y a donc
rien à chercher dans les dumps. C'est un tout autre diagnostic, et c'est la section suivante.
PowerButtonTimestamp répond à une question qu'on ne pense même pas à poser :
•
égal à 0 : personne n'a touché le bouton, la machine a bien été coupée toute seule.
•
supérieur à 0 :
quelqu'un a appuyé sur le bouton d'alimentation, et la date exacte de l'appui est inscrite là. Ce n'est pas une panne d'alimentation : c'est un arrêt forcé par l'utilisateur. La vraie question devient alors
pourquoi a-t-il appuyé ? En pratique : Windows ne répondait plus, ou l'écran était resté noir.
Nous avons vu en atelier un cas où deux « coupures » sur trois portaient un appui bouton horodaté, dont le dernier 47 secondes après le dernier événement journalisé. Le client était parfaitement sincère en décrivant un PC qui s'éteint tout seul : il ne savait pas qu'un appui long était interprété par la machine comme un arrêt forcé, et le diagnostic « alimentation à changer » qu'on lui avait annoncé était à côté du sujet.
⚠️ Ne concluez pas « appui court » sur le champ
LongPowerButtonPressDetected : sur les firmwares un peu anciens, il reste à
false même après un appui long. Le champ fiable est bien l'horodatage.
Enfin, comparer les jours entre eux est souvent plus parlant que n'importe quel événement isolé. L'événement
Kernel-Power 42 (entrée en veille) et l'événement
107 (sortie de veille) donnent le rythme de vie de la machine :
Get-WinEvent -FilterHashtable @{LogName='System'; ProviderName='Microsoft-Windows-Kernel-Power'; Id=42} -MaxEvents 300 |
Group-Object { $_.TimeCreated.ToString('yyyy-MM-dd') } | Sort-Object Name |
ForEach-Object { "{0} {1,3} {2}" -f $_.Name, $_.Count, ('#' * $_.Count) }
Un rythme régulier pendant des mois, puis une journée à sept cycles en une heure, situe le basculement à la demi-journée près. Et si ces sept arrêts-là sont
propres (événements 1074 ou 6006, aucun 41), c'est que ce jour-là l'utilisateur voyait encore son écran et utilisait encore le menu Démarrer. Ce genre de recoupement vaut souvent mieux qu'un interrogatoire.
« Mais ça coupe même sans mise en veille ! »
C'est l'objection systématique, et elle mérite une vraie réponse, parce qu'elle fait passer à côté du diagnostic dans énormément de cas.
Le nom du code d'erreur (
DRIVER_POWER_STATE_FAILURE) fait spontanément penser à la mise en veille. On vérifie donc les réglages d'alimentation, on met la veille sur « jamais », et ça continue de couper. On en conclut, à tort, que ce n'est pas ça.
Or
une transition d'alimentation, ce n'est pas seulement la veille du PC entier. C'est aussi la mise en sommeil d'
un seul composant, pendant que vous travaillez normalement. Windows le fait en permanence, sans rien vous demander :
• la
veille sélective USB, qui endort un port inutilisé ;
• l'
économie d'énergie de la carte Wi-Fi, qui s'endort entre deux paquets ;
• les états
ASPM et APST du SSD NVMe, plusieurs fois par minute ;
• et surtout, sur les machines à deux circuits graphiques, la bascule du circuit dédié.
C'est ce dernier cas qui est le plus éclairant. Les
portables et tout-en-un à double carte graphique (technologie
Optimus chez NVIDIA, équivalents chez AMD) possèdent deux puces graphiques : celle intégrée au processeur, économe, qui gère la bureautique, et une puce dédiée, plus puissante, que Windows
allume et éteint en permanence, à chaque application qui la sollicite puis la relâche.
💡 Résultat : la machine effectue des dizaines de transitions d'alimentation par jour sur cette puce, sans que vous ne demandiez jamais rien. Si la puce est défaillante, chaque bascule est une occasion de planter. D'où des coupures totalement aléatoires, en pleine utilisation, sans aucun rapport avec la veille.
Sur le poste de l'atelier, la veille secteur était réglée sur « jamais » depuis des mois. Cela n'avait strictement rien changé, et c'était en réalité une
information, pas une impasse.
💡 Si vous voulez voir ces transitions plutôt que de me croire sur parole, deux rapports intégrés à Windows les listent, sans rien installer :
powercfg /energy (à lancer en administrateur, produit un rapport HTML au bout de 60 secondes) et
powercfg /sleepstudy. Ils nomment les périphériques et les pilotes qui bloquent les transitions, et c'est un excellent complément aux buckets WER.
Le test décisif : gratuit, réversible, sans rien démonter
Une fois la carte graphique dédiée suspectée, il reste à le prouver. Et il existe pour cela un test remarquablement simple :
la désactiver.
Sur une machine Optimus, la puce dédiée n'a
aucune sortie écran physique : l'affichage passe toujours par la puce intégrée au processeur. La désactiver ne noircit donc pas l'écran. C'est contre-intuitif, mais c'est bien le fonctionnement de cette architecture.
Étape 1 : vérifier qui pilote réellement l'écran
À ne surtout pas sauter.
Get-CimInstance Win32_VideoController | Select-Object Name, CurrentHorizontalResolution, CurrentVerticalResolution
Seule la puce
intégrée (Intel UHD, Intel Iris, AMD Radeon Graphics) doit afficher une résolution active. Si c'est la carte NVIDIA ou AMD dédiée qui affiche la résolution,
arrêtez-vous là : sur cette machine, elle pilote l'écran, et la désactiver vous laisserait devant un écran noir.
⚠️
Cas particulier des portables récents à commutateur MUX (gammes gamer surtout) : selon le mode choisi dans l'utilitaire du constructeur, la puce dédiée peut piloter l'écran directement. Si votre machine propose un mode
Optimus / Standard / Hybride et un mode
Ultimate / dGPU, repassez en mode hybride
avant de tester, et redémarrez, le commutateur ne bascule qu'au démarrage.
Étape 2 : désactiver la puce dédiée
PowerShell
en administrateur, en remplaçant le modèle par le vôtre :
Get-PnpDevice -FriendlyName '*MX130*' | Disable-PnpDevice -Confirm:$false
Retour arrière, à tout moment :
Get-PnpDevice -FriendlyName '*MX130*' | Enable-PnpDevice -Confirm:$false
Sans aucune ligne de commande, c'est tout aussi faisable : Gestionnaire de périphériques,
Cartes graphiques, clic droit sur la puce dédiée,
Désactiver l'appareil (puis
Activer l'appareil pour revenir en arrière).
Vérification immédiate que la désactivation a bien pris, et surtout que l'affichage n'a pas bougé :
Get-CimInstance Win32_VideoController |
Select-Object Name, ConfigManagerErrorCode, CurrentHorizontalResolution
Le code
22 signifie « désactivé », le code
0 signifie « fonctionne normalement ».
Étape 3 : laisser tourner 48 heures
Notez impérativement
la date et l'heure du dernier plantage avant de lancer le test. Sans ce point de référence, vous ne saurez pas interpréter les 48 heures qui suivent. Puis :
Get-WinEvent -FilterHashtable @{LogName='System'; Id=41} -MaxEvents 5 | Select-Object TimeCreated
Plus aucun événement 41 ni aucun WHEA après la désactivation, alors qu'il y en avait environ un par jour avant : le verdict est posé.
⚠️ Une règle de méthode qui vaut pour tout ce diagnostic : un seul changement à la fois. Si vous désactivez la puce graphique, mettez à jour trois pilotes et changez la barrette mémoire le même jour, vous ne saurez jamais lequel des quatre a agi, ni s'il a agi. Sur une panne intermittente, c'est la faute qui coûte le plus cher en temps.
Quand il n'y a aucun écran bleu : la coupure franche
C'est l'autre grande famille, et elle est au moins aussi fréquente. Signature : des
Kernel-Power 41 avec
BugcheckCode = 0, aucun minidump, aucun bucket WER correspondant. La machine n'a pas planté, elle a
perdu le courant, au sens propre.
Cherchez alors dans cet ordre, du plus probable et du moins cher au plus lourd :
1.
La chaleur. Un empoussièrement sévère, une pâte thermique de dix ans, un ventilateur qui ne tourne plus : la protection thermique coupe l'alimentation sans prévenir. Symptôme typique : ça coupe
sous charge (jeu, visioconférence, export vidéo), et presque jamais au repos. Voir notre guide sur .
2.
Les contacts. Sur une tour, « ça coupe quand on la touche ou qu'on la bouge » est presque une signature : connecteurs PCI Express 6 ou 8 broches encrassés, connecteur ATX 24 broches, bouton de façade fatigué, entretoise mal placée qui met la carte mère en contact avec le boîtier. Nous avons eu le cas d'une machine créditée de vingt coupures en quatre-vingt-dix jours, dont seize sans le moindre écran bleu : après nettoyage complet, poussière
et connecteurs reconnectés un par un, le défaut n'était plus reproductible.
Nettoyez et reconnectez avant de commander une alimentation.
3.
Le bloc d'alimentation. C'est le suspect que tout le monde nomme en premier et qu'il faut vérifier en troisième. Ce qui trahit une alimentation fatiguée, ce n'est pas une tension absolue lue dans un logiciel, c'est l'
affaissement relatif entre le repos et la pleine charge, au-delà de 3 % environ.
4.
La batterie et le chargeur, sur un portable : une batterie gonflée ou en fin de vie peut couper la machine sans prévenir, et un chargeur sous-dimensionné ou mal reconnu produit exactement le même symptôme. Nous détaillons les pièges du sujet dans .
5.
La mémoire. Une barrette défaillante produit en général des codes d'arrêt
variés et aléatoires (
0x1A,
0x50,
0x4E,
0x1E), et non un code unique répété. C'est un discriminant à connaître : quatre plantages rigoureusement identiques ne ressemblent pas à un défaut mémoire. Testez malgré tout avec MemTest86, quatre passes minimum, et sachez , parce qu'elle ne désigne pas toujours la mémoire.
6.
L'installation électrique elle-même. Coupures brèves sur le réseau, multiprise fatiguée, onduleur en fin de vie. Un détail qui aide : si plusieurs appareils de la pièce redémarrent en même temps, ce n'est pas le PC. Les redémarrages à répétition finissent d'ailleurs par abîmer le système : c'est le sujet de notre article sur .
⚠️
Un Kernel-Power 41 isolé, juste après une intervention matérielle (remontage, débranchement, transport), n'est pas un symptôme. Ne le comptez pas dans vos statistiques, sinon vous vous fabriquez une panne.
Quand ça coupe sous charge : alimentation ou refroidissement
Cas fréquent sur les machines de jeu et les tours un peu anciennes : tout va bien en bureautique, et ça coupe (ou ça affiche un
0x116 VIDEO_TDR_ERROR) dès que la carte graphique travaille. Deux causes produisent exactement le même symptôme, et on les confond très facilement :
• le
refroidissement du circuit graphique, pâte thermique sèche ou radiateur encrassé ;
• l'
alimentation, qui n'encaisse plus les appels de courant.
Sur une carte NVIDIA, l'outil qui tranche est déjà installé avec le pilote, et il ne demande rien de plus :
$smi = "C:\Windows\System32\nvidia-smi.exe"
$champs = 'temperature.gpu,fan.speed,utilization.gpu,power.draw,clocks.sm,' +
'clocks_event_reasons.sw_power_cap,clocks_event_reasons.hw_slowdown,' +
'clocks_event_reasons.hw_thermal_slowdown,clocks_event_reasons.hw_power_brake_slowdown'
while ($true) {
$l = & $smi --query-gpu=$champs --format=csv,noheader,nounits
Add-Content -Path "$env:USERPROFILE\Desktop\gpu-log.csv" -Value "$(Get-Date -Format HH:mm:ss),$l"
Start-Sleep -Seconds 2
}
⚠️
Le piège qui ruine la mesure : l'option d'enregistrement intégrée (
nvidia-smi -f fichier.csv -l 2)
met les données en tampon. Le fichier reste à zéro octet et se perd si la machine se coupe, c'est-à-dire exactement dans le cas qu'on cherche à capturer. La boucle ci-dessus ouvre et ferme le fichier à chaque ligne : les dernières secondes avant la coupure, les plus précieuses, sont sur le disque.
Grille de lecture :
| Ce que montre le journal | Conclusion |
hw_slowdown ou hw_power_brake actifs | Chute de tension : alimentation |
hw_thermal_slowdown actif | Seuil critique de sécurité atteint, arrêtez le test immédiatement |
sw_power_cap actif | Bridage de puissance tout à fait normal. La baisse de fréquence qui l'accompagne ne prouve rien sur le refroidissement |
| Ventilateur à 100 %, température plafonnée, fréquences qui chutent sans bridage de puissance | La piste refroidissement devient crédible |
Ce dernier point est le piège de lecture classique : bridage de puissance et bridage thermique produisent la même courbe descendante. Il faut éliminer le premier avant de conclure au second.
Le cas d'atelier, de bout en bout
| Étape | Constat | Conclusion intermédiaire |
| Symptôme | Tout-en-un de bureautique d'environ 6 ans, coupures brutales aléatoires, parfois 2 en 20 minutes | Rien d'exploitable en l'état |
| Journaux | Environ 15 bugchecks 0x9F en 15 jours, toujours avec le paramètre 3 ; Kernel-Power 41 à chaque fois | Une requête d'alimentation reste bloquée |
| Buckets WER | 92 rapports analysés en une commande | Voir le tableau plus haut |
| Lecture | 0x9F ne citant que pci.sys et ACPI.sys, plus la mention DXG | Matériel graphique en PCI Express |
| Recoupement | 3 buckets nommant nvlddmkm (démarrage, figeage, gestion d'énergie) | La puce NVIDIA |
| Confirmation | 35 × WHEA-Logger ID 1 (fatal, remonté par le firmware) | Défaut matériel avéré |
| Test | Puce NVIDIA désactivée, écran inchangé en 1920 × 1080 | Aucune gêne pour l'utilisateur |
| Suite | Machine remise en service immédiatement, gratuitement, sans démontage | Dossier clos |
Ce qui n'a pas été fait, et c'est volontaire : aucune mise à jour de pilote « au cas où » (ils étaient déjà récents, et une erreur matérielle WHEA ne se corrige pas par un pilote), aucune réinstallation de Windows, aucun démontage.
Et
les pistes explorées puis écartées, car elles font aussi partie du travail : le stockage (SMART sain, aucune prédiction de défaillance), la veille et le démarrage rapide (aucune corrélation avec les plantages), et les deux VPN plus la suite de sécurité installés sur la machine, suspects tout à fait légitimes au départ sur un 0x9F, définitivement écartés par des buckets qui ne les citent jamais.
🔍
Honnêteté sur le niveau de preuve : le diagnostic repose sur trois sources indépendantes et le correctif a été appliqué et vérifié sur place, mais la fenêtre d'observation de 48 heures n'a pas pu être menée pendant l'intervention. Si une machine replante malgré la désactivation, il faut reprendre sur la mémoire, la chauffe et l'alimentation. Nous préférons l'écrire plutôt que de vous vendre une certitude que nous n'avons pas mesurée.
Que faire une fois le coupable identifié
Selon ce que désigne l'analyse, la suite n'a rien à voir. Reportez-vous au pour la nature du problème, puis :
Si c'est un pilote tiers. Reprenez-le
sur le site du constructeur du PC (pas sur Windows Update, et surtout pas via un « driver updater »), ou revenez à la version précédente si la panne est apparue après une mise à jour. Testez aussi, c'est immédiat et réversible : Gestionnaire de périphériques, le périphérique suspect, onglet
Gestion de l'alimentation, décochez « Autoriser l'ordinateur à éteindre ce périphérique pour économiser l'énergie ». Si les plantages cessent, le coupable est identifié.
Si c'est le démarrage rapide. powercfg /h off en administrateur supprime une bonne partie des 0x9F liés à l'hibernation partielle. C'est un test, pas une fatalité : on peut le réactiver ensuite.
Si c'est une puce graphique soudée défaillante, il y a trois issues, à arbitrer selon la valeur de la machine :
1.
Vivre avec, puce désactivée. Sur une machine de bureautique, c'est souvent la meilleure décision : remise en service immédiate, coût nul, aucun démontage. L'utilisateur ne voit aucune différence, sauf s'il joue ou fait du montage vidéo.
2.
Réparation au composant sur la carte mère, quand la machine le justifie. C'est le métier de , qui reprend les cartes mères de PC portables et de Chromebooks au composant.
3.
Remplacement de la machine, si la réparation dépasse sa valeur résiduelle. Nous détaillons les critères de cet arbitrage dans .
⚠️ Deux points de vigilance si vous restez sur l'option 1 :
• Une mise à jour Windows ou une mise à jour du pilote graphique peut réactiver la puce désactivée. Si les plantages réapparaissent quelques semaines plus tard, c'est la première chose à revérifier, avant de repartir dans un diagnostic complet. Une commande suffit : Get-CimInstance Win32_VideoController | Select-Object Name, ConfigManagerErrorCode.
• Sauvegardez vos données. Une puce graphique soudée qui lâche sur une machine de six ans est rarement un incident isolé : c'est le signe d'une carte mère qui vieillit. Un disque à copier pendant qu'il en est encore temps coûte infiniment moins cher qu'une récupération en laboratoire chez .
Sept idées reçues qui font perdre du temps et de l'argent
« Ça coupe, donc c'est l'alimentation. » Pas si l'événement 41 porte un
BugcheckCode différent de zéro : dans ce cas, il y a eu écran bleu, Windows fonctionnait encore, et le courant n'a rien à voir. C'est le tout premier tri à faire, et il prend dix secondes.
« 0x9F, donc il faut changer le chargeur. » Le code parle de la
gestion d'énergie logicielle des périphériques, pas d'électricité. Changer le chargeur sur un 0x9F ne corrige rien, et nous voyons régulièrement des clients qui en ont acheté deux.
« Je vais mettre tous les pilotes à jour, on verra bien. » Sur une erreur matérielle confirmée par WHEA, cela ne peut rien corriger par construction. Et si l'un des pilotes installés est plus récent que celui du constructeur, vous ajoutez une variable au lieu d'en retirer une. Les utilitaires de mise à jour automatique de pilotes sont, eux, à proscrire purement et simplement.
« Une réinstallation de Windows va régler ça. » Sur un défaut matériel, non. Et elle
efface l'historique WER, c'est-à-dire précisément la preuve qui contenait la réponse. C'est la manipulation la plus coûteuse du lot : plusieurs heures perdues, données à risque, et un diagnostic à reprendre de zéro.
« Le pilote nommé dans le bucket est forcément le coupable. » Non, et c'est tout le sujet de .
pci.sys désigne presque toujours le matériel qui est derrière lui.
« Il n'y a pas de minidump, donc il n'y a rien à analyser. » Les rapports WER survivent bien plus longtemps que les dumps. Commencez toujours par eux.
« J'ai appliqué trois correctifs, ça va bien maintenant. » Peut-être. Mais sur une panne qui se produit tous les deux jours, trois jours sans incident ne prouvent rien, et vous ne saurez jamais lequel des trois a agi. Un changement à la fois, avec une date de référence notée.
Combien de temps, combien ça coûte
Pour situer les ordres de grandeur avant de vous lancer, ou avant de confier la machine :
| Opération | Chez vous | En atelier |
| Lire les buckets WER et les journaux | 10 minutes, gratuit | Compris dans le diagnostic |
| Test de désactivation de la puce dédiée | 5 minutes, puis 48 h d'observation, gratuit | Compris dans le diagnostic |
| Test mémoire MemTest86, 4 passes | 2 à 8 heures selon la quantité de mémoire | Sur banc, machine immobilisée |
| Nettoyage complet et pâte thermique | Faisable sur une tour, délicat sur un portable | Prestation courante |
| Réparation au composant d'une carte mère | Non | Devis au cas par cas chez BSC Électronique |
| Remplacement de la machine | - | Devis, avec reprise des données |
Notre principe :
un devis avant toute intervention, et un diagnostic qui désigne une pièce plutôt qu'un « on va réinstaller pour voir ».
Tableau récapitulatif
| Ce que vous constatez | Ce qu'il faut en faire |
PC qui coupe seul, 0x9F dans les journaux | Ne changez ni le chargeur ni la prise : 0x9F ne parle pas d'électricité |
| Vous n'avez pas WinDbg et n'y tenez pas | La commande WER donne le nom du fautif, sans rien installer |
Le bucket ne cite que pci.sys, ACPI.sys, ntoskrnl | Pas un bug de pilote : le matériel derrière ne répond plus |
Le bucket contient DXG ou nvlddmkm / amdkmdag | Pile graphique : tester la désactivation de la puce dédiée |
Des LKD_0x124 et des WHEA-Logger ID 1 | Erreur matérielle fatale : arrêtez les pistes logicielles |
Kernel-Power 41 avec BugcheckCode = 0 | Aucun écran bleu : coupure franche, voir alimentation, contacts, chauffe |
PowerButtonTimestamp non nul | Quelqu'un a appuyé sur le bouton : ce n'est pas une panne d'alimentation |
| Un pilote tiers revient dans tous les buckets | Pilote repris sur le site du constructeur, ou retour à la version précédente |
| Ça coupe alors que la veille est sur « jamais » | Normal sur une machine à double carte graphique : les transitions sont permanentes |
| Ça coupe seulement sous charge | Chauffe ou alimentation, à départager par la mesure |
| Vous avez appliqué trois correctifs d'un coup | Recommencez : un seul changement à la fois, sinon rien n'est prouvé |
La phrase à retenir :
Windows a déjà fait le diagnostic, il ne l'affiche simplement nulle part. Une commande, trois minutes de lecture, et vous savez si vous cherchez un pilote ou une pièce.
FAQ
Mon PC s'éteint tout seul sans écran bleu. Par où commencer ?
Par l'événement Kernel-Power 41 et son champ
BugcheckCode. S'il vaut
0, il n'y a eu aucun écran bleu et il est inutile de chercher un pilote : orientez-vous vers l'alimentation, les contacts et la chauffe. La commande est .
Où sont exactement les rapports WER ?
Dans
C:\ProgramData\Microsoft\Windows\WER\, principalement dans les sous-dossiers
ReportArchive (rapports déjà envoyés ou traités) et
ReportQueue (en attente). Le dossier
ProgramData est masqué par défaut, ce qui explique que presque personne n'en connaisse l'existence.
La commande PowerShell est-elle dangereuse ?
Non. Elle lit des fichiers texte et n'écrit rien, ne modifie aucun réglage, ne désinstalle rien. Elle ne nécessite même pas les droits administrateur dans la plupart des cas. C'est précisément pour cela qu'elle convient à un diagnostic à distance.
Elle ne renvoie rien du tout. C'est bon signe ?
Pas forcément. Voir : le plus souvent, les rapports ont été effacés par un nettoyage de disque, ou WER est désactivé.
J'ai une erreur « Impossible d'appeler une méthode sur une expression de valeur Null ». Pourquoi ?
Parce que vous utilisez la version courte de la commande, sans le test
if ($m). Elle s'interrompt sur le premier rapport qui ne contient pas de
Response.BucketId. Utilisez .
Quelle différence entre 0x9F et 0x124 ?
0x9F dit qu'une requête d'alimentation n'a pas abouti : cela
peut être un pilote.
0x124 dit que le processeur ou le firmware a détecté une
erreur matérielle irrécupérable : ce n'est plus une question de pilote. Quand les deux coexistent, le
0x124 l'emporte dans la lecture.
J'ai des WHEA-Logger dans mon journal, mon PC est-il condamné ?
Regardez l'identifiant. Les ID 17 et 19 correspondent à des erreurs
corrigées : quelques-unes sont normales. L'ID 1 correspond à une erreur
fatale : répétée et corrélée à vos plantages, elle désigne un vrai défaut matériel.
Pourquoi l'heure des WHEA ne correspond-elle pas à l'heure de mes plantages ?
Parce que certaines de ces erreurs sont capturées par le firmware au moment du plantage, puis remontées à Windows
au démarrage suivant. L'horodatage est donc collé au démarrage. Ne concluez pas que les événements ne sont pas liés.
Désactiver la carte graphique dédiée, ça ne va pas éteindre mon écran ?
Sur une machine Optimus classique, non : l'affichage passe par le circuit intégré au processeur et la puce dédiée n'a pas de sortie écran. Mais
vérifiez-le avant avec la commande de , et méfiez-vous des portables récents à commutateur MUX.
Je perds quoi si je laisse la puce dédiée désactivée ?
Les performances 3D : jeux, montage vidéo, certains calculs accélérés et parfois l'accélération matérielle de quelques logiciels. Pour de la bureautique, du web et de la vidéo, la différence est en pratique invisible.
Ma puce désactivée s'est réactivée toute seule.
C'est courant après une mise à jour Windows ou une réinstallation du pilote graphique. Revérifiez
ConfigManagerErrorCode avant de relancer un diagnostic complet.
Est-ce que ça peut être la mémoire ?
Oui, mais la signature est différente : une barrette défaillante produit des codes d'arrêt
variés, pas un code unique répété des dizaines de fois. Testez avec MemTest86 sur au moins quatre passes, et lisez la ligne d'erreur correctement, .
Ça coupe toujours au bout de vingt minutes de jeu. Même méthode ?
Non, orientez-vous d'abord vers : à cette régularité, c'est la chauffe ou l'alimentation, pas une transition d'alimentation aléatoire.
Mon PC portable coupe uniquement sur batterie, ou uniquement branché.
C'est une information de diagnostic à part entière. Sur batterie uniquement : batterie en fin de vie, ou profil d'alimentation qui endort agressivement les composants. Branché uniquement : chargeur, connecteur d'alimentation, ou carte fille de charge.
Faut-il installer WinDbg malgré tout ?
Si les buckets WER sont contradictoires ou trop dispersés, oui, WinDbg reste l'outil de référence. Mais dans neuf cas sur dix, la commande de cet article suffit et évite d'installer un environnement de développement sur une machine déjà instable.
Et BlueScreenView ou WhoCrashed ?
Ce sont de bons outils, plus simples que WinDbg, qui listent le
.sys incriminé à partir des minidumps. Leur limite est la même que celle des dumps : l'historique est court, et souvent purgé. Les rapports WER couvrent des mois.
Puis-je faire tout cela à distance, sans déplacer la machine ?
Oui, et c'est un des grands avantages de la méthode : elle ne consiste qu'à lire des fichiers. Nous traitons couramment ce diagnostic en prise en main à distance, depuis notre page .
Se faire aider
Lire des buckets WER, distinguer un pilote victime d'un pilote coupable, décider si une puce graphique soudée se répare ou se contourne : c'est un travail d'atelier, et il vaut mieux le faire avant que la machine ne finisse par ne plus démarrer du tout.
BSC Informatique prend ce type de panne
en atelier, pour les particuliers comme pour les professionnels : diagnostic complet des plantages (journaux, rapports WER, tests mémoire et stockage sur banc, mesures de température et de tension sous charge), avec un devis avant toute intervention. Nous intervenons aussi
à distance, par prise en main, quand le diagnostic ne demande que de la lecture de journaux, et nous vendons et installons le matériel de remplacement.
📍 Atelier :
18 Avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères · ☎️
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Selon votre situation, une autre structure du groupe sera plus adaptée :
•
Vous êtes un particulier et vous préférez une intervention chez vous (Hyères et alentours) : , agréée service à la personne, se déplace pour le diagnostic et la remise en état.
•
Puce graphique ou carte mère à reprendre au composant : , spécialiste de la réparation de cartes mères de PC portables et de Chromebooks.
•
Des fichiers perdus ou un disque devenu illisible après une série de coupures brutales : , récupération de données en laboratoire sur disque dur, SSD, carte mémoire, clé USB et systèmes RAID. N'écrivez plus rien sur le disque concerné.
•
Il vous faut un ordinateur pendant l'immobilisation du vôtre : , location de PC fixes et portables, en courte comme en longue durée.
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Notifications douteuses, faux support technique, machine polluée : , nettoyage et sécurisation des postes des particuliers.
Les manipulations décrites (lecture des journaux, désactivation d'un périphérique, tests matériels) sont réversibles, mais peuvent aggraver la situation si elles sont appliquées à tort, en particulier sur une machine dont le disque est déjà fatigué. En cas de doute, ou de données importantes, faites-vous accompagner.
Sources : Microsoft Learn, et ; Microsoft Learn, documentation Windows Error Reporting et Windows Hardware Error Architecture (WHEA) ; CodeMachine, ; Sysnative Forums, méthodes de débogage du 0x9F avec premier paramètre 0x3 ; NVIDIA, documentation nvidia-smi et technologie Optimus. Cas d'atelier BSC Informatique, Hyères, 2026 : tout-en-un Intel + NVIDIA MX130 sous Windows 11, tour Intel Z77 avec BSOD 0x116 répétés, poste de bureau avec arrêts forcés horodatés. EURL BSC INFORMATIQUE, 18 Avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères, 04 94 27 65 95.