Le PC a une dizaine d'années, il a toujours bien marché, et depuis quelques mois il fait n'importe quoi. Il rame sur des choses simples. Le ventilateur passe son temps à hurler. Et surtout, une ou deux fois par semaine, il s'éteint d'un coup, sans écran bleu, sans message : noir, silence. Le détail que tout le monde raconte de la même façon, c'est la suite :
quand on appuie sur le bouton, il refuse de repartir. On attend un quart d'heure, on retente, et là il redémarre comme si de rien n'était.
Le premier réflexe est le bon : c'est thermique. On ouvre, on trouve un radiateur bourré de poussière, on souffle tout ça, on refait la pâte thermique, on referme. La machine va mieux. Elle ne plante plus tout de suite. Et pourtant, quand on mesure, le processeur tape encore 90 °C en charge, c'est-à-dire toujours au bord de la falaise. Deux mois plus tard, avec un peu de poussière revenue ou une journée de canicule, tout recommence.
Ce qui manque à ce diagnostic, sur les PC de bureau assemblés, c'est une seconde cause qui ne se voit pas en ouvrant le boîtier, parce qu'elle n'est pas dans le boîtier :
la carte mère fait tourner le processeur plus vite que ce que son fabricant a prévu. Pas parce que quelqu'un l'a demandé. Parce qu'une option a été cochée un jour, souvent à la première mise en route, parfois par un simple « profil performance » proposé par la carte mère elle-même. Et personne ne s'en souvient.
Nous venons de traiter exactement ce cas à l'atelier, avec des mesures avant et après à chaque étape. Le nettoyage a fait tomber le processeur de 105 à 92 °C. Le retour aux réglages d'usine du BIOS, qui n'a coûté ni pièce ni temps, l'a fait tomber de 88 à 71 °C. Autrement dit :
le réglage oublié dans le BIOS pesait plus lourd que la poussière.
Voici comment le reconnaître en dix secondes, et comment revenir au réglage d'usine sans rien casser.
À retenir en trente secondes
| Le symptôme |
Ce que ça veut dire |
Le geste utile |
| Le PC s'éteint net et refuse de repartir tant qu'il est chaud |
Protection thermique du processeur (arrêt d'urgence à sa température limite) |
Mesurer la température, pas remplacer des pièces au hasard |
| Il rame surtout quand on lui demande un effort |
Le processeur se bride tout seul pour ne pas fondre |
Regarder la fréquence en charge, pas le pourcentage d'usage |
| Le ventilateur hurle en permanence |
Il compense une chaleur qu'il ne devrait pas avoir à évacuer |
Chercher pourquoi il y a autant de chaleur à évacuer |
| Nettoyage fait, et il chauffe encore |
Il reste une deuxième cause |
Vérifier la fréquence du processeur dans le BIOS |
| Le BIOS affiche une fréquence supérieure à la fiche du fabricant |
Overclock actif, souvent appliqué par la carte mère elle-même |
Charger les valeurs par défaut, puis enregistrer |
La phrase à retenir : sur une machine qui a vieilli, un overclock qui passait inaperçu pendant cinq ans devient une panne du jour où le refroidissement, lui aussi, a vieilli. Les deux défauts se masquent l'un l'autre, et corriger un seul des deux ne suffit pas.
1. Un overclock que personne n'a demandé, c'est très courant
Le mot fait peur, et il évoque le joueur qui bidouille son PC pour gagner trois images par seconde. Dans nos ateliers, ce n'est presque jamais ça.
Ce qu'on trouve, c'est une carte mère de PC assemblé, achetée entre 2010 et 2020, qui propose au premier démarrage un bouton d'optimisation automatique. Chez Asus il s'appelle
OC Tuner ou apparaît dans le mode simplifié
EZ Mode ; ailleurs, ce sont des profils nommés « Performance », « Gaming », « Optimized », ou une fonction du type
Multi-Core Enhancement qui applique à tous les cœurs la fréquence maximale prévue pour un seul. Le principe est toujours le même : la carte mère décide, sans rien demander, de faire tourner le processeur au-delà de sa spécification.
Trois choses expliquent que ça passe inaperçu pendant des années.
D'abord, ça marche. Une machine neuve, avec un radiateur propre et une pâte fraîche, absorbe sans broncher les dix ou quinze degrés supplémentaires que coûte l'opération. Rien ne plante, rien ne clignote. Il n'y a aucun symptôme.
Ensuite, personne n'en a le souvenir. Le réglage a pu être appliqué par l'assembleur, par un proche qui a monté la machine, ou par le propriétaire lui-même en cliquant sur un bouton qui promettait d'aller plus vite. Dix ans plus tard, la question « avez-vous overclocké votre PC ? » reçoit une réponse sincère et fausse : non.
Enfin, ça ne se voit pas de l'extérieur. Aucune LED, aucun message, rien dans Windows qui prévienne. Le seul endroit où l'information est écrite noir sur blanc, c'est le BIOS.
Une précision de périmètre, pour ne pas envoyer tout le monde fouiller dans son BIOS pour rien :
•
PC de bureau assemblé, avec une carte mère Asus, Gigabyte, MSI ou ASRock : c'est le terrain de cet article, l'hypothèse est à vérifier systématiquement.
•
PC de bureau de marque (Dell, HP, Lenovo de série) : très peu probable, leurs BIOS n'exposent en général pas ces réglages.
•
PC portable : hors sujet, la fréquence n'y est pas modifiable de cette façon. Un portable qui chauffe et s'éteint, c'est un problème d'encrassement, de pâte thermique ou de ventilateur, et il se traite autrement.
2. Pourquoi un overclock qui allait bien devient une panne
C'est le point que nous prenons toujours le temps d'expliquer aux clients, parce qu'il rend la suite évidente.
Un processeur transforme en chaleur toute l'électricité qu'il consomme. Et cette consommation ne monte pas gentiment avec la fréquence : pour tenir une fréquence plus élevée, il faut aussi
augmenter la tension, et la chaleur produite augmente, elle, comme
le carré de cette tension. Un petit gain de vitesse se paie donc par une grosse hausse de chaleur.
Sur le dossier que nous avons traité, les chiffres réels sont parlants :
| |
Réglage d'usine |
Overclock trouvé sur la machine |
| Fréquence sur les 4 cœurs en charge |
3 700 MHz |
4 096 MHz |
| Tension du processeur |
1,10 V |
1,23 V |
| Consommation mesurée en charge |
51 W |
67 W |
Onze pour cent de fréquence en plus, mais
plus de 30 % de chaleur en plus. Voilà la marge thermique qui disparaît.
Or cette marge, c'est exactement ce que le vieillissement grignote de son côté :
• la
poussière colmate les ailettes du radiateur et le débit d'air s'effondre ;
• la
pâte thermique entre le processeur et le radiateur sèche et transmet de moins en moins bien la chaleur ;
• le
ventilateur s'use, ses roulements fatiguent, il tourne moins vite ;
• et l'été fait le reste : dix degrés de plus dans la pièce, ce sont dix degrés de plus partout.
Tant qu'il restait vingt degrés de marge, l'overclock ne se voyait pas. Le jour où il n'en reste plus que cinq, la machine tape sa limite, et là tout se déclenche d'un coup.
Ce qui se passe exactement quand la limite est atteinte
Deux mécanismes de protection, dans cet ordre, et ils correspondent tous les deux à une plainte que les clients nous décrivent sans savoir que c'est la même cause.
1. Le bridage. Quand le processeur approche de sa température maximale (souvent 100 ou 105 °C), il
réduit lui-même sa fréquence pour produire moins de chaleur. C'est la plainte « il rame justement au moment où j'ai besoin de lui » : la machine est lente
sous charge, alors qu'elle est vive quand elle ne fait rien. Sur notre dossier, le processeur décrochait de 4 096 à 3 746 MHz.
2. L'arrêt d'urgence. Si le bridage ne suffit pas, le processeur ordonne l'extinction immédiate, sans prévenir Windows. C'est le « il s'éteint d'un coup, sans écran bleu ». Et c'est aussi l'explication de ce fameux détail :
il refuse de redémarrer tant qu'il est chaud, parce que la protection reste active tant que la température n'est pas redescendue. Un quart d'heure plus tard, il repart. Cette signature-là, à elle seule, oriente vers le thermique avec une fiabilité remarquable.
3. Le vérifier en dix secondes
La méthode fiable : le BIOS
C'est la seule source qui ne ment pas, et elle ne demande d'installer aucun logiciel.
1.
Entrez dans le BIOS au démarrage. Sur les cartes mères de PC assemblés, c'est presque toujours la touche
Suppr, tapée en boucle dès l'appui sur le bouton d'alimentation. Si ça ne prend pas, notre guide donne la touche marque par marque, et la solution de secours par Windows quand la fenêtre de frappe est trop courte.
2.
Lisez la page d'accueil. Elle affiche le modèle exact du processeur et la fréquence à laquelle la carte le fait tourner, du type « Intel Core i7-3770K, 4.10 GHz ».
3.
Comparez avec la fiche officielle du fabricant. Tapez le modèle du processeur suivi de « ark » pour un Intel (le site officiel s'appelle ARK) ou allez sur la fiche produit AMD. Vous y trouverez la
fréquence de base et la
fréquence turbo maximale.
La lecture est binaire : si le BIOS annonce une fréquence supérieure à la fréquence turbo maximale de la fiche officielle, il y a un overclock. Dans notre cas : 4,10 GHz affichés pour un processeur donné à 3,50 GHz de base et 3,90 GHz de turbo maximum. Aucun doute possible.
Profitez-en pour regarder deux autres informations, sur la même page ou dans le menu de surveillance matérielle (souvent appelé
Hardware Monitor ou
PC Health) :
•
la température du processeur au repos, machine allumée depuis quelques minutes ;
•
la vitesse du ventilateur processeur, ligne
CPU_FAN, en tours par minute.
Nous revenons sur ce qu'il faut en penser au point 4.
L'indice rapide depuis Windows
Si vous voulez une première idée sans redémarrer, ouvrez le
Gestionnaire des tâches (Ctrl + Maj + Échap), onglet
Performance, rubrique
Processeur. Windows y affiche une
Vitesse de base.
Comparez-la à la fréquence de base de la fiche officielle. Quand la carte mère applique un overclock, cette valeur est souvent
déjà gonflée : Windows annonce 4,10 GHz de base pour un processeur qui en fait officiellement 3,50. C'est un excellent indice.
Deux réserves, tout de même. Cet affichage dépend de ce que le firmware déclare, il n'est donc pas infaillible ; et surtout, sur un processeur bridé par la chaleur, la
vitesse instantanée affichée juste à côté sera basse alors que la machine peine, ce qui peut faire conclure à l'inverse de la réalité.
En cas de doute, c'est le BIOS qui tranche.
4. Avant de toucher au BIOS : deux mesures qui évitent de se tromper de cause
Ce serait une erreur de tout mettre sur le dos de l'overclock. Sur le dossier que nous avons traité, il ne représentait que la moitié du problème. Deux relevés très simples permettent de répartir les responsabilités, et ils s'obtiennent dans le BIOS, sans logiciel.
Le relevé au repos : le contrôle le plus fiable et le moins coûteux
Machine allumée depuis quelques minutes, sans rien faire, la température du processeur affichée dans le BIOS doit se situer dans une fourchette étroite :
| Température au repos |
Ce que ça signifie |
| 40 à 50 °C |
Contact processeur / radiateur sain |
| 55 à 65 °C |
À surveiller : poussière, pâte thermique vieillie |
| Plus de 70 °C |
Le contact est rompu : il faut rouvrir, inutile de chercher ailleurs |
Formulé autrement :
un processeur qui ne redescend pas quand on cesse de le solliciter, alors que son ventilateur tourne à fond, n'a qu'une cause possible, c'est que la chaleur ne traverse plus l'interface entre lui et son radiateur. Aucun réglage de BIOS, aucun changement de ventilateur, aucun profil de ventilation ne corrige ça. Il faut démonter, nettoyer les deux faces et remettre de la pâte thermique.
La vitesse de redescente : trente secondes suffisent
Si vous avez un outil de mesure sous Windows, il existe un test encore plus rapide et tout aussi parlant : chargez le processeur une minute, coupez la charge, et regardez.
• Un contact sain fait
plonger la température franchement. Sur notre dossier après remontage correct : de 83 à 64 °C en trente-cinq secondes.
• Un contact rompu laisse le processeur
collé à 85 ou 90 °C, qui ne redescendent pas.
Un capteur qui ne bouge plus vous en dit autant qu'un chiffre élevé.
Le raisonnement à tenir
•
Température au repos anormale (plus de 55 à 60 °C) : il y a un problème de refroidissement à traiter, nettoyage et pâte thermique,
en plus de l'overclock éventuel.
•
Température au repos normale mais chauffe énorme en charge : l'overclock devient le suspect numéro un, et le retour aux réglages d'usine va régler l'affaire pour zéro euro.
•
Les deux : c'est le cas le plus fréquent sur une machine ancienne, et c'est précisément pourquoi les dépannages « nettoyage seulement » ne tiennent pas dans la durée.
5. Revenir au réglage d'usine, sans rien casser
L'opération elle-même prend une minute. Ce sont les précautions autour qui comptent.
Avant : la seule chose qui peut vraiment vous coûter cher
Retrouvez votre clé de récupération BitLocker avant de toucher au BIOS. Ce n'est pas une formalité et ce n'est pas lié à l'overclock : c'est le seul risque réel de l'opération.
Le chiffrement BitLocker mémorise l'état du démarrage de la machine. Quand on charge les valeurs par défaut, certains réglages liés au démarrage sécurisé peuvent changer, et Windows réclame alors au redémarrage suivant une clé de 48 chiffres que personne n'a sous la main. La machine est parfaitement saine, les données sont intactes, mais sans cette clé on ne rentre plus.
Deux articles pour vous mettre à l'abri en cinq minutes : , et, si l'écran bleu est déjà là, . Bonne nouvelle au passage : dans la majorité des cas,
remettre au BIOS le réglage tel qu'il était fait repartir la machine sans aucune clé.
Notez aussi, avant de valider, l'
ordre de démarrage actuel et l'état du
démarrage sécurisé (Secure Boot). Ils peuvent être réinitialisés, et un PC qui ne trouve plus son disque au redémarrage inquiète pour rien. Nous décrivons la remise en ordre dans .
La manipulation
Dans le BIOS :
1. Appuyez sur
F5, l'option s'appelle selon les marques
Load Optimized Defaults,
Load Setup Defaults ou
Valeurs optimisées par défaut.
2. Confirmez.
3.
Avant d'enregistrer, faites les deux vérifications du paragraphe suivant.
4. Enregistrez et quittez avec
F10.
C'est tout. Il n'y a rien à casser : ces valeurs par défaut sont précisément celles que le fabricant de la carte a validées pour votre matériel.
Le piège nº 1 : changer de profil ne retire PAS un overclock
C'est l'enseignement le plus utile de notre dossier, parce que l'erreur est facile à commettre et qu'elle donne l'illusion d'avoir agi.
Les cartes mères permettent d'enregistrer des profils de réglages, et l'on est tenté de charger un autre profil en pensant repartir propre. Nos deux mesures, dans les mêmes conditions, à quelques minutes d'intervalle :
| |
Après avoir chargé un autre profil |
Après valeurs par défaut (F5) |
| Fréquence |
4 096 MHz |
3 676 MHz |
| Tension |
1,231 V |
1,096 V |
| Température en charge |
88 °C |
71 °C |
Charger un autre profil n'avait
strictement rien changé : même fréquence, même tension, même consommation. C'est logique une fois qu'on l'a vu, un profil utilisateur
contient le réglage overclocké, donc le recharger ne fait que le réappliquer.
Seul le retour aux valeurs par défaut retire réellement un overclock. Et pendant que vous êtes dans le menu des outils, vérifiez qu'
aucun profil n'est rechargé automatiquement au démarrage : sinon la carte remettra son overclock toute seule à la prochaine mise sous tension.
Le piège nº 2 : le F5 remet aussi le profil de ventilation
Les valeurs par défaut réinitialisent
tout, y compris la courbe de ventilation. Si vous aviez mis le ventilateur processeur en mode « Turbo » ou « Performance » pour compenser la chaleur, ce réglage saute et vous perdez d'un côté ce que vous gagnez de l'autre.
Repassez-le avant d'enregistrer, dans le menu de ventilation (Q-Fan chez Asus, Smart Fan ailleurs). Cela dit, une fois l'overclock retiré, il y a des chances que le mode standard suffise largement, et vous récupérerez le silence en prime.
Vérifiez aussi, si votre ventilateur n'a que
trois fils au lieu de quatre, que le mode de pilotage est bien sur
DC et non
PWM : en PWM, un ventilateur trois fils tourne à vitesse fixe, donc à fond, donc bruyamment en permanence.
Le piège nº 3 : la mémoire retombe à sa fréquence de base
Les valeurs par défaut désactivent aussi le profil
XMP de la mémoire, qui est ce qui permet aux barrettes de tourner à la vitesse annoncée sur leur emballage. Après un F5, un jeu de mémoire vendu pour 3 200 MHz repartira peut-être à 2 133 ou 2 400 MHz.
Ce n'est
pas une panne, et l'écart est imperceptible en usage courant. Si vous tenez à retrouver la vitesse d'origine de la mémoire, réactivez XMP seul : contrairement à l'overclock du processeur, il ne fait pas grimper la température du processeur. En revanche, si votre machine plantait aussi de façon aléatoire, laissez-le désactivé quelques jours, un profil XMP instable est une cause classique de plantages sans logique apparente. Notre guide explique comment trancher.
6. Ce que ça rapporte vraiment, mesures à l'appui
Voici le dossier complet, tous les tests étant faits avec le même outil de charge et la même durée, sur un PC de bureau de treize ans qui plantait par intermittence.
| Étape |
Température maxi en charge |
Fréquence tenue |
Au repos |
| État d'arrivée |
105 °C, limite atteinte |
3 746 MHz, bridé |
non mesurable |
| Après nettoyage du radiateur et pâte neuve |
92 °C |
4 096 MHz |
48 °C |
| Après changement de profil BIOS |
88 °C |
4 096 MHz |
49 °C |
| Après retour aux valeurs par défaut |
72 °C |
3 676 MHz |
42 à 45 °C |
Résultat : de 105 °C avec bridage à 72 °C sans aucun bridage, soit 33 degrés de marge sous la limite. La consommation du processeur est passée de 67 à 51 W, et le ventilateur ne sature plus, il lui reste de la réserve pour l'été.
Et maintenant la question que tout le monde pose :
qu'est-ce qu'on perd en performance ?
Rien. Vraiment rien. Relisez la colonne des fréquences : la machine overclockée,
bridée par la chaleur, tenait 3 746 MHz. La machine revenue au réglage d'usine tient 3 676 MHz. Soixante-dix mégahertz d'écart, moins de 2 %, totalement imperceptibles. L'overclock ne rendait donc
plus aucun service ; il ne faisait plus que produire de la chaleur, du bruit et des extinctions brutales.
C'est un cas de figure que nous rencontrons souvent : un réglage qui apportait quelque chose sur une machine neuve, et qui sur une machine vieillie ne fait plus que du mal.
Deux enseignements pour finir cette partie, valables bien au-delà de ce dossier :
•
Le nettoyage seul laissait la machine à 92 °C, c'est-à-dire à treize degrés de la limite. Le symptôme immédiat avait disparu, mais la panne serait revenue au premier coup de chaud. Une réparation qui s'arrête là n'est pas terminée, et il faut le dire au client.
•
Retirer l'overclock seul n'aurait pas suffi non plus, avec un radiateur colmaté. Quand deux défauts se cumulent, aucun des deux ne se voit entièrement, et corriger l'un fait croire à tort qu'on a fini.
7. Si le retour aux valeurs par défaut ne suffit pas
Vous avez tout remis d'usine, nettoyé, changé la pâte, et le processeur monte encore trop haut. Voici l'ordre dans lequel nous cherchons, du plus fréquent au plus rare.
1. Le radiateur est mal plaqué. C'est de loin la cause numéro un après un démontage. Les fixations à pousser des radiateurs Intel d'origine se referment sans être verrouillées : rien ne se voit d'en haut, et le radiateur tient quand même. Le contrôle valable est mécanique, essayez de soulever chaque coin, il ne doit pas bouger d'un poil, et thermique, avec le relevé au repos du point 4.
2. La pâte thermique a été rompue sans qu'on s'en rende compte. C'est le piège que nous avons payé nous-mêmes sur ce dossier, et il mérite d'être connu de tous : après un nettoyage réussi qui avait fait passer la machine de 105 à 92 °C, le remplacement du ventilateur a fait
remonter la machine à 105 °C, exactement son état de départ. Le débit d'air était pourtant identique. La seule chose qui avait bougé, c'est que le radiateur avait été manipulé pour accéder au ventilateur.
Décoller un radiateur, même quelques secondes, rompt le joint de pâte thermique, et il ne se refait pas en le reposant. Il en découle deux règles simples : après toute intervention sur le radiateur, même seulement sur son ventilateur, la pâte est à refaire ; et surtout, ne remplacez jamais une pièce que la mesure a écartée, chaque démontage est un risque de régression.
3. Le radiateur d'origine est trop juste. Certains processeurs, notamment les Intel de la génération 2012 environ, chauffent plus que la moyenne pour des raisons de fabrication interne. Un radiateur de type tour, à 20 ou 30 euros, règle la question définitivement. Mais faites-le
après avoir retiré l'overclock, pas avant : sur notre dossier, le radiateur d'origine s'est finalement révélé suffisant, et l'achat était inutile.
4. Ce n'est pas thermique du tout. Si les températures sont bonnes et que la machine plante quand même, il faut chercher ailleurs, et la démarche n'est plus la même. Nos deux guides sur le sujet : pour identifier un composant défaillant à partir des rapports d'erreur de Windows, et pour la mémoire.
Un mot enfin sur l'
alimentation, que l'on accuse volontiers. Sur ce type de dossier, elle reste souvent le dernier suspect, et elle est difficile à mettre hors de cause proprement : un test qui ne sollicite que le processeur ne consomme presque rien sur le rail que la carte graphique met à l'épreuve. Deux mises en garde utiles :
un testeur d'alimentation du commerce ne prouve rien, il mesure à vide et laisse passer les alimentations fatiguées ; et une après-midi sans plantage ne prouve pas non plus une réparation, quand la panne est intermittente. Seule la substitution par une alimentation connue bonne, éprouvée en charge, tranche vraiment.
8. Récapitulatif : l'ordre des opérations
1.
Retrouvez votre clé BitLocker et notez-la ailleurs que sur le PC. C'est la seule vraie précaution de toute l'opération.
2.
Entrez dans le BIOS et relevez trois choses : la fréquence du processeur, sa température au repos, la vitesse du ventilateur CPU.
3.
Comparez la fréquence à la fiche officielle du fabricant du processeur. Au-dessus du turbo maximal, il y a un overclock.
4.
Notez l'ordre de démarrage et l'état du démarrage sécurisé avant de toucher à quoi que ce soit.
5.
Chargez les valeurs par défaut (F5), remettez votre profil de ventilation, enregistrez (F10). Ne vous contentez pas de charger un autre profil, cela ne retire rien.
6.
Vérifiez qu'aucun profil n'est rechargé automatiquement au démarrage.
7.
Remesurez dans les mêmes conditions : la température au repos doit être entre 40 et 50 °C, et la fréquence ne doit plus s'effondrer en charge.
8.
S'il chauffe encore : nettoyage du radiateur et pâte thermique neuve, avec les précautions du point 7.
9.
Laissez passer quelques jours d'usage normal avant de conclure. Sur une panne intermittente, c'est la seule vraie validation.
Vous préférez qu'on s'en occupe ? C'est notre quotidien
Ce diagnostic demande de mesurer, pas de deviner : température au repos, comportement en charge, fréquence réellement tenue, avant et après chaque geste. C'est exactement ce que nous faisons en atelier, et c'est ce qui permet de dire à un client si sa machine est réparée ou seulement améliorée.
•
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•
Vous préférez qu'on vienne chez vous, pour regarder la machine sur place et vous expliquer ce qu'elle a : , assistance informatique à domicile pour particuliers, agréée service à la personne.
•
La machine ne s'allume plus du tout, ou plus rien ne se passe à l'appui sur le bouton : ce n'est plus une question de réglage, c'est de la réparation au composant. , réparation de cartes mères de PC portables et Chromebooks, hors Apple.
•
Des fichiers ont disparu, ou le disque fait du bruit après ces extinctions brutales : ne faites plus de tentatives de démarrage, chacune aggrave la situation. , laboratoire de récupération de données sur disques durs, SSD, cartes mémoire, clés USB et systèmes RAID.
•
Il vous faut un ordinateur pendant l'immobilisation du vôtre : , location de PC fixes et portables, en courte comme en longue durée.
•
La machine rame surtout depuis qu'elle est envahie de publicités et de fausses alertes : ce n'est pas thermique, c'est un nettoyage. , suppression de virus, faux supports techniques et nettoyage de navigateurs pollués.
Sources : documentation constructeur des processeurs (fréquences de base et turbo officielles publiées sur Intel ARK et sur les fiches produit AMD), documentation des cartes mères Asus sur les fonctions d'optimisation automatique et les profils de réglages. Complété par un dossier d'intervention BSC Informatique de septembre 2026 : PC de bureau Windows 10 sur plateforme Intel de 2012, plantant par intermittence et refusant de redémarrer à chaud, instrumenté par enregistrement des températures, fréquences, tensions et consommation avant et après chaque opération. Deux causes cumulées identifiées et corrigées, radiateur encrassé avec pâte thermique morte (105 à 92 °C) et overclock appliqué par la carte mère (88 à 71 °C, sans aucune pièce), avec la régression instructive provoquée par un remplacement de ventilateur ayant rompu le contact thermique, puis rétablie par un remontage vérifié à la mesure. Les manipulations décrites engagent la responsabilité de celui qui les réalise. BSC Informatique, EURL BSC INFORMATIQUE, 18 Avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères, 04 94 27 65 95.