Le scénario arrive à l'atelier plusieurs fois par mois, et il commence toujours par trois plaintes racontées comme trois problèmes distincts.
« Mon Wi-Fi se coupe. Il marche vingt minutes, une heure, parfois toute la matinée, et puis d'un coup plus rien : une petite mappemonde en bas à droite de l'écran, et quand je cherche les réseaux, la liste est complètement vide, même celui du voisin a disparu. »
« Et puis il redémarre tout seul. Sans prévenir, en pleine utilisation. »
« Et la batterie ne tient plus rien du tout. Je pense qu'il faudrait la changer. »
Face à cela, la réaction naturelle est de traiter les trois séparément : réinstaller le pilote Wi-Fi pour le premier, soupçonner Windows ou un virus pour le deuxième, acheter une batterie pour le troisième. Beaucoup de machines arrivent chez nous après ce parcours, avec une batterie neuve déjà posée, un Windows réinstallé de zéro, et exactement les mêmes symptômes qu'au départ.
Or dans un nombre de cas surprenant,
ces trois symptômes n'en font qu'un seul. Une petite carte de la taille d'un timbre-poste, vissée sur la carte mère, en est la cause unique. Et le plus intéressant, pour vous qui lisez cet article :
une seule commande, gratuite, sans rien démonter, suffit à le prouver ou à l'écarter en dix secondes.
Cet article explique ce mécanisme, donne la commande en question, montre comment lire sa réponse, et détaille ce que coûte vraiment cette réparation par rapport aux fausses pistes qu'elle permet d'éviter.
À retenir en trente secondes
| Ce que vous constatez |
Ce que cela veut dire |
Le bon geste |
| Le Wi-Fi se coupe et plus aucun réseau n'apparaît dans la liste |
La carte a probablement disparu de la machine, ce n'est pas un problème de réseau |
Lancer la commande du chapitre 3 |
| Le Wi-Fi et le Bluetooth tombent en même temps |
Les deux sont sur la même puce : c'est le matériel |
Ne pas perdre de temps sur les pilotes |
| Redémarrages spontanés en plus des coupures Wi-Fi |
Le pilote de la carte plante en cherchant un matériel absent |
Vérifier les journaux, chapitre 4 |
| La batterie « fond » depuis la même période |
Une carte en court-circuit consomme en permanence |
Ne pas acheter de batterie avant vérification |
| Le Wi-Fi rame ou se déconnecte, mais les réseaux restent visibles |
Autre problème : pilote, box, distance, interférences |
Ce n'est pas le cas décrit ici |
La commande qui tranche, dans PowerShell ouvert en administrateur :
Get-PnpDevice -Class Net | Where-Object { $_.Status -ne 'OK' } | Format-List FriendlyName, Status, Problem, InstanceId
Si la réponse contient
CM_PROB_PHANTOM en face de votre carte Wi-Fi, le débat est clos : le matériel n'est plus là. Aucune réinstallation de pilote, aucune réinitialisation de Windows, aucun changement de box n'y changera quoi que ce soit.
⚠️ Avertissement. Comme indiqué dans nos , BSC Informatique ne saurait être tenue responsable des conséquences de l'application de cet article. Les commandes PowerShell décrites ici sont des commandes de lecture, sans effet sur vos données. En revanche, l'ouverture d'un ordinateur portable et la dépose d'une carte engagent celui qui les réalise : nappes fragiles, vis de longueurs différentes, clips de coque qui cassent.
1. Trois symptômes, une seule pièce
Un portable moderne n'a pas « une carte Wi-Fi » et « une carte Bluetooth ». Il a
une seule puce combo qui assure les deux fonctions, sur un module au format M.2 2230, grand comme deux timbres, maintenu par une seule vis et relié à deux petits fils d'antenne qui remontent dans l'écran.
Ce module est branché sur le bus PCIe de la machine, exactement comme un SSD, en plus petit. Et comme tout ce qui est branché, il peut
se débrancher électriquement : contact oxydé, soudure fatiguée, puce qui part en court-circuit après des années de chaleur.
Quand cela arrive, voilà ce qui se produit, dans l'ordre, et c'est là que les trois plaintes se rejoignent.
La carte quitte le bus. Pour Windows, ce n'est pas « le Wi-Fi qui marche mal », c'est
la carte qui n'existe plus. D'où le symptôme si caractéristique : non seulement vous ne vous connectez plus, mais
la liste des réseaux est vide. Un ordinateur qui voit encore les réseaux du quartier sans arriver à s'y connecter a un problème complètement différent. Un ordinateur qui n'en voit plus
aucun n'a plus de radio du tout.
Le Bluetooth tombe avec. Même puce, même destin. Vos écouteurs, votre souris sans fil, votre manette : tout se déconnecte au même instant, et l'icône Bluetooth disparaît des Paramètres. Ce détail est précieux, parce qu'aucun bug logiciel de la pile Wi-Fi ne fait tomber le Bluetooth avec lui. Quand les deux tombent ensemble, la cause est en amont des deux : c'est la puce.
Le pilote plante, et la machine redémarre. Le pilote de la carte, lui, continue de tourner : il ne sait pas que le matériel s'est volatilisé. À la première tentative d'accès, il écrit à une adresse qui ne répond plus, et Windows arrête tout pour se protéger. C'est un écran bleu, souvent trop bref pour être lu, suivi d'un redémarrage. D'où les « redémarrages spontanés » qui semblent sans rapport avec le Wi-Fi.
Et la batterie se vide. Une puce en court-circuit ne s'arrête pas de consommer : elle tire du courant en permanence, y compris quand vous croyez ne pas vous servir du Wi-Fi, y compris quand l'ordinateur est en veille. Sur un cas documenté à l'atelier, une carte défaillante consommait à elle seule
600 mA au repos : de quoi vider une batterie de portable en une nuit, capot fermé. Le client vit cela comme une batterie usée. Ce n'en est pas une.
📌 La règle à retenir : sur un portable, il ne faut jamais traiter séparément « Wi-Fi capricieux », « redémarrages spontanés » et « batterie qui fond ». Une carte qui décroche produit les trois, et les trois disparaissent ensemble quand on la remplace.
2. Pourquoi réinstaller le pilote ne peut pas marcher
C'est la première chose que tout le monde tente, y compris des professionnels, et c'est aussi la plus grosse perte de temps de ce dépannage. Voici pourquoi, en une phrase.
Un pilote, même très mauvais, même corrompu, ne peut pas faire disparaître une carte du bus PCIe. La détection du matériel se fait bien avant lui, au niveau du chipset. Si Windows ne voit plus le module, le pilote n'y est pour rien : il n'y a simplement plus de matériel à piloter.
La distinction se lit noir sur blanc dans le Gestionnaire de périphériques, et c'est tout l'objet du chapitre suivant.
| Ce que montre Windows |
Interprétation |
Réinstaller le pilote peut-il aider ? |
| Carte présente avec un point d'exclamation jaune (code 10, 43 ou 28) |
Le matériel est là, la couche logicielle est en défaut |
Oui, c'est même le bon réflexe |
Carte fantôme (CM_PROB_PHANTOM), visible seulement en affichant les périphériques cachés |
La fiche est restée, le matériel est parti |
Non, jamais |
| Carte totalement absente, y compris des périphériques cachés |
Idem, avec en plus une fiche nettoyée |
Non |
Le mot
PHANTOM est explicite : Windows garde le souvenir d'un appareil qu'il a connu, et signale qu'il ne le trouve plus. C'est l'équivalent informatique d'une place vide à table.
Cette distinction a une conséquence pratique immédiate : elle vous évite de passer une soirée sur des forums à télécharger des pilotes, à désinstaller, à réinstaller, à redémarrer, à tester des « correctifs réseau » et à finir par réinstaller Windows entièrement. Nous voyons régulièrement des machines dont le système a été réinstallé de zéro
deux fois pour un problème purement matériel.
3. La vérification, chez vous, en dix secondes
Vous n'avez rien à installer, rien à démonter, et vous ne risquez rien : toutes les commandes qui suivent sont en
lecture seule, elles se contentent de poser des questions à Windows.
Ouvrez
PowerShell en administrateur : clic droit sur le bouton Démarrer, puis
Terminal (administrateur) ou
Windows PowerShell (admin). Copiez-collez les commandes une par une.
Test n°1 : la carte est-elle encore là ?
Get-NetAdapter
Cette commande liste les cartes réseau
actives de la machine. Regardez les colonnes
Name et
InterfaceDescription.
• Vous voyez une ligne
Wi-Fi : la carte est présente, votre problème est ailleurs (voir le chapitre 11).
•
Vous ne voyez que Ethernet, ou rien du tout sur un portable sans prise réseau : passez au test n°2, qui va confirmer.
Test n°2 : est-elle partie, ou juste en panne de pilote ?
Get-PnpDevice -Class Net | Format-Table -AutoSize FriendlyName, Status, Problem
Cette commande-là liste
tout ce que Windows connaît en matière de réseau, y compris ce qui a disparu. C'est le test décisif. Vous cherchez la ligne qui porte le nom de votre carte sans fil : elle contient presque toujours l'un de ces mots, selon le fabricant de la puce :
Wireless,
Wi-Fi,
WLAN,
Intel,
Realtek,
Qualcomm,
Atheros,
Broadcom,
MediaTek.
Voici une réponse réelle, relevée sur un portable ASUS reçu à l'atelier :
Status Class FriendlyName
------ ----- ------------
Unknown Net Qualcomm Atheros QCA9377 Wireless Network Adapter
Avec, en détail, le motif :
CM_PROB_PHANTOM.
Comment lire ce résultat :
| Valeur affichée |
Signification |
Conclusion |
OK |
La carte est présente et fonctionne |
Chercher ailleurs |
Error + CM_PROB_FAILED_START (code 10) |
Présente mais le pilote ne démarre pas |
Piste pilote, réinstallation utile |
Error + CM_PROB_FAILED_POST_START (code 43) |
Windows l'a arrêtée après un défaut signalé |
Matériel douteux, mais encore vue |
Unknown + CM_PROB_PHANTOM |
Le matériel n'est plus sur le bus |
Carte, connecteur ou alimentation |
Unknown + CM_PROB_DISABLED |
Désactivée |
Vérifier d'abord l'interrupteur, voir plus bas |
Test n°3 : le Bluetooth est-il tombé aussi ?
Get-PnpDevice -Class Bluetooth | Format-Table -AutoSize FriendlyName, Status, Problem
Si les périphériques Bluetooth ressortent eux aussi en
Unknown,
Not Present ou
CM_PROB_DISABLED alors qu'ils fonctionnaient avant, la démonstration est faite : les deux fonctions de la même puce sont tombées ensemble. Aucune mise à jour Windows, aucun virus, aucun réglage ne fait cela sélectivement sur une seule puce.
Avant de conclure : les trois faux positifs à éliminer
Trois causes triviales donnent exactement le même symptôme « plus aucun réseau visible », et il serait dommage de payer une réparation pour l'une d'elles. Vérifiez-les dans cet ordre.
•
Le mode Avion. Un raccourci clavier malencontreux (souvent
Fn +
F2,
F3 ou la touche antenne) suffit. Regardez la zone de notification, ou Paramètres, Réseau et Internet.
•
L'interrupteur physique. Certains portables, y compris récents, ont un vrai bouton coulissant sur la tranche. Il se manœuvre dans un sac sans qu'on s'en aperçoive.
•
La désactivation dans le BIOS. Plus rare, mais cela arrive après une réinitialisation des réglages, elle-même souvent provoquée par une pile de sauvegarde vide. Un tour dans le BIOS, à la recherche d'une ligne
WLAN,
Wireless ou
Onboard Device Configuration, lève le doute.
Ces trois cas se distinguent facilement du nôtre : ils sont
permanents et immédiats, alors qu'une carte défaillante fonctionne d'abord normalement, puis décroche au bout d'un temps variable, et revient après un redémarrage. Ce caractère
intermittent, qui empire avec le temps, est la signature du défaut matériel.
4. Les redémarrages : ce sont des écrans bleus, et ils le disent
Les redémarrages spontanés sont souvent trop rapides pour qu'on lise l'écran bleu qui les précède, surtout si l'option de redémarrage automatique est active. Mais Windows tient un journal, et ce journal est consultable :
Get-WinEvent -FilterHashtable @{LogName='System'; Id=41} | Select-Object TimeCreated -First 20
L'événement
41 (Kernel-Power) signifie « la machine s'est arrêtée sans avoir été arrêtée proprement ». Chaque redémarrage spontané en laisse un.
Get-WinEvent -FilterHashtable @{LogName='System'; Id=1001;
ProviderName='Microsoft-Windows-WER-SystemErrorReporting'} | Select-Object -First 10 |
Format-List TimeCreated, Message
Celle-ci liste les
vrais écrans bleus avec leur code. Sur le cas de référence de l'atelier, le relevé d'
une seule journée donnait : neuf arrêts brutaux, dont sept avec un code d'arrêt enregistré, et une écrasante majorité de
0x0000007E (
SYSTEM_THREAD_EXCEPTION_NOT_HANDLED) accompagnés du paramètre
0xC0000005, qui signifie en clair : « un programme a tenté d'accéder à une adresse mémoire qui ne lui répond pas ».
Ce qui, pour un pilote dont le matériel vient de disparaître, est exactement le comportement attendu.
La méthode de professionnel, pour ceux que cela intéresse
Il existe une façon d'aller plus loin, et c'est celle qui transforme une forte présomption en certitude. Elle n'est pas nécessaire pour décider de la réparation, mais elle explique comment nous tranchons quand un doute subsiste.
Chaque écran bleu enregistre l'adresse mémoire exacte de l'instruction fautive. Ces adresses paraissent toutes différentes, parce que Windows déplace ses composants en mémoire à chaque démarrage, par sécurité. Mais si l'on aligne les six adresses relevées sur notre cas :
...52cea88e ...5087a88e ...88a7a88e ...7966a88e ...48f7a88e ...2b79a88e
Seul le début change.
Les quatre derniers caractères sont identiques : a88e. Or ces derniers chiffres, eux, ne bougent pas d'un démarrage à l'autre : ils désignent la position
à l'intérieur du composant fautif. Six plantages au même endroit exactement, ce n'est pas du hasard : c'est
un seul programme, une seule ligne de code.
En décodant les fichiers de plantage conservés sur le disque, nous avons identifié formellement le composant :
Qcamain10x64.sys, le pilote de la carte Wi-Fi Qualcomm de cette machine. Les quatre plantages analysés pointaient tous vers lui, au même décalage.
À ce stade, il n'y a plus de diagnostic à faire. Il y a une pièce à changer.
📌 Le repère utile, même sans outil spécialisé : sur des écrans bleus répétés, comparez les derniers caractères du code. Identiques = un seul coupable, et il est identifiable. Tous différents = cherchez ailleurs : mémoire vive, surchauffe ou alimentation.
5. La batterie qui « fond » : ne l'achetez pas tout de suite
C'est la dépense inutile la plus fréquente sur ce dossier, et la plus facile à éviter.
Windows sait vous dire l'état de santé réel de votre batterie, sans logiciel tiers, avec une seule commande :
powercfg /batteryreport /output "$env:USERPROFILE\Desktop\batterie.html"
Un fichier
batterie.html apparaît sur votre Bureau. Ouvrez-le et cherchez les deux lignes
DESIGN CAPACITY (la capacité d'origine, à la sortie d'usine) et
FULL CHARGE CAPACITY (ce qu'elle encaisse réellement aujourd'hui).
•
Au-dessus de 80 % du neuf : la batterie est saine. Si l'autonomie s'est effondrée, la consommation vient d'ailleurs, et une carte en court-circuit est un excellent candidat.
•
Entre 60 et 80 % : usure normale sur une machine de quelques années. Perceptible, mais cela ne provoque pas un effondrement soudain de l'autonomie.
•
Sous 50 %, ou capacité qui s'écroule sur les derniers mois du graphique : là, la batterie est bien en cause, en plus du reste éventuel.
Sur notre cas de référence, la batterie ressortait à
76 % de santé pour 428 cycles, statut
OK : usée sur le papier, mais absolument pas capable d'expliquer une autonomie d'une heure. Le coupable était ailleurs, et le client avait failli payer une batterie pour rien.
Le rapport contient aussi une section
Usage history et une estimation d'autonomie qui permettent de comparer l'avant et l'après. C'est le meilleur moyen de vérifier, une semaine après la réparation, que l'autonomie est bien revenue.
⚠️ Un piège qui coûte cher, et que nous signalons par honnêteté : si votre portable vient d'être ouvert pour une intervention et que la batterie semble morte juste après, faites vérifier le connecteur avant de la condamner. Une nappe de batterie mal reclipsée donne exactement le même symptôme qu'une batterie hors service, et c'est la cause la moins chère de toutes.
6. Ce que coûte vraiment cette réparation
C'est la question qui décide de tout, et elle mérite des chiffres.
La pièce. Une carte Wi-Fi 6 + Bluetooth 5.2 au format M.2 2230 clé E, neuve, de marque correcte, coûte
entre 15 et 30 euros selon le modèle. Ce n'est pas une pièce rare, ni spécifique à une marque d'ordinateur : le format est standard, et la même carte va sur des centaines de modèles différents.
La main d'œuvre. C'est l'essentiel de la facture. L'accès dépend entièrement du modèle : certains portables ont une trappe qui donne sur la carte en trois vis, d'autres imposent de déposer tout le fond, parfois le clavier, occasionnellement la carte mère. Comptez une intervention courte dans le premier cas, une demi-journée d'atelier dans le pire.
Demandez un devis avec le modèle exact de la machine : c'est lui qui détermine le prix, pas la panne.
Ce que cela évite. C'est là que la comparaison devient parlante.
| Dépense envisagée |
Ordre de grandeur |
Utile dans ce cas ? |
| Carte Wi-Fi neuve + pose |
La pièce vaut 15 à 30 euros, la main d'œuvre dépend du modèle |
Oui, c'est la réparation |
| Batterie neuve d'origine |
60 à 150 euros |
Non, si le rapport indique une batterie saine |
| Réinstallation complète de Windows |
Une demi-journée, et vos logiciels à reconfigurer |
Non, strictement aucun effet |
| Remplacement de la carte mère |
200 à 500 euros et plus |
Non, sauf connecteur M.2 réellement mort |
| Nouvel ordinateur portable |
500 à 1 200 euros |
Non |
Une machine par ailleurs saine, avec un bon processeur et un SSD, se retrouve régulièrement au rebut pour un composant à 20 euros. C'est la vraie raison d'être de cet article.
Et une bonne nouvelle, souvent inattendue : comme les cartes d'origine ont plusieurs années, la carte de remplacement est presque toujours
meilleure que celle qui est tombée. Sur notre cas de référence, la machine est ressortie avec le Wi-Fi 6 et le Bluetooth 5.2 à la place du Wi-Fi 5 et du Bluetooth 4.1 d'origine. Réparation moins chère qu'une batterie, et machine plus rapide qu'au premier jour.
7. Le geste à dix euros qu'il faut tenter avant de commander la pièce
Avant de commander quoi que ce soit, il existe une manipulation qui règle une partie des cas et qui ne coûte que dix minutes :
déposer la carte, nettoyer ses contacts, la remettre en place.
Une carte M.2 est maintenue par une seule vis et repose sur des contacts dorés. Avec le temps, la chaleur et l'humidité, ces contacts s'oxydent. Le module est alors physiquement là, mais électriquement absent, ce qui produit très exactement le
CM_PROB_PHANTOM décrit plus haut. Un nettoyage à la gomme puis à l'alcool isopropylique, et le contact revient.
Nous le disons d'autant plus volontiers que
nous ne l'avons pas fait sur le cas de référence : le client était pressé, la carte a été remplacée directement dans la foulée du nettoyage. Nous ne saurons donc jamais si la réinsertion seule aurait suffi. La leçon est restée : sur un
CM_PROB_PHANTOM, tester la réinsertion
avant de commander une pièce coûte dix minutes, et peut faire économiser la pièce.
Deux réserves d'honnêteté, cependant. D'abord, si la carte est en court-circuit (ce que suggère fortement une batterie qui se vide anormalement), le nettoyage ne changera rien : il faut la retirer. Ensuite,
ouvrir un portable n'est pas anodin : nappes fragiles, vis de longueurs différentes qui ne sont pas interchangeables, clips de coque qui cassent. Si vous n'êtes pas à l'aise, cette manipulation fait partie du diagnostic que nous facturons de toute façon.
Le dépannage immédiat, en attendant : une
clé USB Wi-Fi à une quinzaine d'euros redonne le Wi-Fi en trente secondes, sans rien ouvrir. Elle ne règle ni les redémarrages ni la consommation de la carte défaillante (pour cela, il faut la retirer ou la désactiver dans le BIOS), mais elle permet de continuer à travailler en attendant l'intervention. Nous en avons en stock à l'atelier.
8. Choisir la bonne carte de remplacement
Toutes les cartes M.2 ne se valent pas, et c'est la partie que l'on découvre souvent trop tard, une fois la machine remontée.
Une carte de récupération n'est pas équivalente
C'est la leçon la plus concrète de notre cas de référence, parce que
deux cartes s'y sont succédé. La première, prise sur un portable hors service, fonctionnait parfaitement, mais en
2,4 GHz uniquement. Voici ce que cela change.
|
Carte d'origine (QCA9377) |
Carte de récupération (RTL8723DE) |
Carte finalement posée (RTL8852BE) |
| Bandes |
2,4 et 5 GHz |
2,4 GHz seulement |
2,4 et 5 GHz |
| Norme |
Wi-Fi 5 (802.11ac) |
Wi-Fi 4 (802.11n) |
Wi-Fi 6 (802.11ax) |
| Débit théorique |
433 Mbit/s |
150 Mbit/s (40 à 70 réels) |
600 Mbit/s |
| Bluetooth |
4.1 |
4.0 |
5.2 |
Avec la carte de récupération, la réparation était un
recul déguisé : si votre box diffuse un réseau 5 GHz sous un nom distinct (souvent suffixé
_5G),
il disparaît purement et simplement de la liste. Le client le découvre trois jours plus tard et appelle pour dire qu'on lui a « encore cassé le Wi-Fi ». Avec la carte neuve, c'est l'inverse : la machine ressort meilleure qu'avant.
Même travail, même prix de main d'œuvre, message au client radicalement différent. Si on vous propose une carte de récupération, ce n'est pas malhonnête en soi, mais
cela doit être annoncé avant la pose, et se refléter sur la facture.
Les trois points à vérifier avant d'acheter
Le format et le type de connexion. Le standard actuel est
M.2 2230 clé E. Attention à un piège moderne : les cartes Intel récentes (AX201, AX211) utilisent une interface appelée
CNVi, qui n'est pas du PCIe et
ne fonctionne que sur les plateformes Intel prévues pour. Posée ailleurs, la carte reste invisible. Les valeurs sûres et universelles sont l'
Intel AX200 ou AX210 (PCIe, donc passe-partout) et la
Realtek RTL8852BE (PCIe également).
Le nombre de fils d'antenne. Regardez le châssis, pas la fiche de la carte. Beaucoup de portables d'entrée de gamme n'ont
qu'un seul fil, branché sur le connecteur repéré
MAIN ou
1. Une carte annoncée à 1 200 Mbit/s posée sur une machine à une antenne fournira
600 Mbit/s de lien, soit 300 à 400 réels. Ce n'est
pas un défaut et il ne faut surtout pas partir en diagnostic là-dessus. Deux repères : un lien qui plafonne à
144 ou 300 Mbit/s signifie que vous êtes resté en 2,4 GHz. Vérifiez avec
netsh wlan show interfaces, colonnes
Bande et
Type de radio.
L'éventuelle liste blanche du BIOS. Certains constructeurs, historiquement HP et Lenovo sur des gammes professionnelles, refusaient de démarrer avec une carte non homologuée, en affichant un message du type
Unauthorized network card. C'est devenu rare sur le matériel grand public, et notre cas ASUS n'en avait aucune : les deux cartes ont été reconnues
dès le premier démarrage, avec le pilote fourni par Windows, sans aucune installation manuelle. Mais cela se vérifie avant de commander, pas après.
9. Vérifier que la réparation tient vraiment
Un point de méthode, parce qu'il concerne autant l'atelier que vous, chez vous, après l'intervention. Le réflexe habituel, « je débranche le câble réseau et je regarde si une vidéo tient », mesure très mal les choses : un tampon vidéo absorbe sans broncher une coupure de dix secondes.
Mesurer le débit en le comparant, jamais dans l'absolu. Un chiffre seul ne veut rien dire : 175 Mbit/s, est-ce la carte qui plafonne ou votre abonnement ? La seule mesure qui conclut consiste à télécharger
le même fichier en Wi-Fi puis en Ethernet, à quelques minutes d'intervalle. Sur notre cas :
176,7 Mbit/s en Wi-Fi contre 182,7 en filaire, soit 3 % d'écart. Autrement dit, le plafond est la ligne Internet, pas la carte. Conclusion nette, défendable devant le client, et qui coupe court à toute discussion.
Tester la durée avec un ping, pas à l'œil. Une simple commande
ping -t 8.8.8.8 laissée à tourner dans un coin d'écran pendant une heure journalise chaque perte et sa durée. C'est infiniment plus fiable qu'une impression. Sur notre cas, le contrôle de recette a consisté en dix minutes de trafic forcé sur le Wi-Fi :
262 pings sans une seule perte, quatre rafales de 100 Mo, un flux continu ininterrompu, lien constant à 600 Mbit/s, avec une vidéo en direct par dessus. Zéro coupure.
La réserve honnête sur ce type de carte. La faiblesse connue des cartes Realtek récentes n'est pas le débit, c'est
la sortie de veille : Wi-Fi absent au réveil de la machine. Cela ne se teste pas en une intervention, et nous préférons le dire que le taire. Si le symptôme apparaît, le premier geste, avant tout autre diagnostic, est de retirer à Windows le droit de couper la carte pour économiser la batterie :
Set-NetAdapterPowerManagement -Name 'Wi-Fi' -AllowComputerToTurnOffDevice Disabled
En version cliquable : Gestionnaire de périphériques, votre carte Wi-Fi, onglet
Gestion de l'alimentation, décocher
« Autoriser l'ordinateur à éteindre ce périphérique pour économiser l'énergie ».
10. Sauvegardez avant, pas après
Une machine qui plante en boucle est une machine sur laquelle
il ne faut pas travailler. Chaque écran bleu est une coupure brutale au milieu d'écritures disque, et les mises à jour Windows interrompues de cette façon sont une cause classique de démarrages qui échouent le lendemain matin.
Sur notre cas de référence, la première étape, avant tout démontage, a été de
sauvegarder et de vérifier les données : 80 270 fichiers copiés, et 23 lots sur 23 contrôlés comme identiques à l'original. Ce n'est pas du zèle. Une carte Wi-Fi ne met pas vos données en danger, mais la succession de plantages qu'elle provoque, si.
Si la machine ne démarre déjà plus du tout et que vos documents sont dessus,
arrêtez tout de suite d'allumer et d'éteindre. Chaque tentative aggrave la situation. C'est le moment de faire appel à , récupération de données sur disques durs, SSD, cartes mémoire, clés USB et systèmes RAID.
11. Quand ce n'est PAS la carte Wi-Fi
Par honnêteté, et pour vous éviter une réparation inutile, voici les cas qui ressemblent au nôtre sans en être.
| Symptôme |
Cause la plus probable |
Piste |
| Les réseaux restent visibles, la connexion est juste lente ou instable |
Distance, murs, interférences, canal saturé |
Se rapprocher, tester en 5 GHz, changer de canal sur la box |
| Tous les appareils de la maison perdent le Wi-Fi en même temps |
C'est la box, pas le PC |
Redémarrer la box, appeler le fournisseur d'accès |
| Le Wi-Fi tombe, mais le Bluetooth continue de marcher |
Piste logicielle, pilote ou service Windows |
Réinstaller le pilote, cette fois c'est utile |
| Carte présente avec un point d'exclamation jaune |
Pilote en défaut |
Pilote du constructeur, pas celui de Windows Update |
| Wi-Fi absent uniquement au réveil de la veille |
Gestion de l'alimentation |
La commande du chapitre 9 |
| Redémarrages spontanés sans aucun problème réseau |
Surchauffe, alimentation, mémoire vive, carte graphique |
Autre diagnostic entièrement |
| Le PC ne s'allume plus du tout ou ne charge plus |
Carte mère |
|
Ce dernier cas mérite une précision. Si la carte Wi-Fi neuve reste elle aussi invisible, ce n'est plus la carte : c'est le
connecteur M.2 ou son alimentation sur la carte mère. On sort alors du remplacement de pièce pour entrer dans la réparation électronique au composant, qui est le métier de , spécialisée dans les cartes mères de PC portables et de Chromebooks, hors Apple. C'est une réparation qui existe, et elle reste très en dessous du prix d'une carte mère neuve.
12. En résumé
1.
Wi-Fi qui se coupe, redémarrages spontanés et batterie qui fond ne sont pas trois pannes. Sur un portable, c'est très souvent une seule carte.
2.
Le symptôme qui signe le cas : après la coupure,
plus aucun réseau n'apparaît, pas même ceux des voisins. Un Wi-Fi qui voit les réseaux sans s'y connecter est un autre problème.
3.
Une commande tranche :
Get-PnpDevice -Class Net. Le mot
CM_PROB_PHANTOM signifie que le matériel a quitté la machine.
4.
Un pilote ne fait jamais disparaître une carte du bus. Devant un fantôme, réinstaller le pilote ou Windows ne peut rien donner. C'est le meilleur moyen de perdre une soirée, ou deux.
5.
Le Bluetooth est votre témoin : sur une carte combo, s'il tombe avec le Wi-Fi, c'est la puce.
6.
Vérifiez la batterie avant de l'acheter :
powercfg /batteryreport. Au-dessus de 80 % de sa capacité d'origine, elle n'est pas le problème.
7.
La pièce coûte 15 à 30 euros. C'est la main d'œuvre, très variable selon le modèle, qui fait le prix. Demandez un devis avec la référence exacte de la machine.
8.
Tentez la réinsertion et le nettoyage des contacts avant de commander. Dix minutes, parfois suffisantes.
9.
Refusez une carte 2,4 GHz seule en remplacement d'une carte double bande : votre réseau 5 GHz disparaîtrait. Visez une Intel AX200/AX210 ou une Realtek RTL8852BE.
10.
Une seule antenne dans le châssis plafonne le débit, quelle que soit la carte. Ce n'est pas une panne.
11.
Contrôlez la réparation en comparant au câble, pas dans l'absolu, et sur la durée avec un ping, pas à l'œil.
12.
Sauvegardez avant, pas après. Une machine qui plante en boucle abîme ses données à chaque redémarrage.
Ce cas vous parle ? Faites-le vérifier avant de dépenser
La vérification décrite dans cet article prend dix secondes et ne coûte rien. Si elle renvoie
CM_PROB_PHANTOM, vous savez déjà que ni un pilote, ni une réinstallation, ni une batterie neuve ne régleront votre problème, et vous venez d'économiser l'essentiel de ce que ce dépannage coûte d'habitude.
•
Diagnostic, remplacement de carte Wi-Fi, clés USB Wi-Fi de dépannage, batteries, SSD et mémoire, particuliers comme professionnels :
BSC Informatique, 18 Av Olbius Riquier, 83400 Hyères,
04 94 27 65 95, . Passez avec la machine, le diagnostic se fait devant vous.
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Vous préférez qu'on vienne chez vous, pour poser une clé Wi-Fi, reconfigurer la connexion, remettre en route les appareils Bluetooth et mettre en place une sauvegarde : , assistance informatique à domicile pour particuliers, agréée service à la personne.
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La machine plante en boucle et vos données sont dessus : ne la rallumez plus. , récupération de données sur disques durs, SSD, cartes mémoire, clés USB et RAID.
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Une carte neuve reste invisible, le PC ne charge plus ou ne s'allume plus : c'est la carte mère. , réparation au composant sur PC portables et Chromebooks, hors Apple.
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Il vous faut un ordinateur pendant l'immobilisation du vôtre : , location d'ordinateurs fixes et portables, en courte comme en longue durée.
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Votre PC est envahi d'alertes, de fausses fenêtres d'assistance et de notifications publicitaires : c'est un tout autre sujet, et il se traite très bien. , suppression de virus, faux supports techniques et nettoyage de navigateurs pollués.
Sources : documentation Microsoft sur les codes d'état du gestionnaire de configuration (CM_PROB_PHANTOM, codes 10, 28 et 43), les applets PowerShell Get-PnpDevice, Get-NetAdapter, Set-NetAdapterPowerManagement et le rapport de batterie natif powercfg /batteryreport ; journaux d'événements Windows (Kernel-Power 41, BugCheck 1001 de WER-SystemErrorReporting) ; fiches techniques constructeur des modules Qualcomm QCA9377, Realtek RTL8723DE et RTL8852BE, et spécifications M.2 2230 clé E, PCIe et CNVi. Complété par les interventions BSC Informatique, dont un dossier de référence du 27 août 2026 : portable ASUS grand public sous Windows 11 25H2, plaintes client « Wi-Fi qui se coupe », « redémarrages tout seul » et « batterie qui ne tient plus » ; carte combo QCA9377 relevée en CM_PROB_PHANTOM, neuf arrêts brutaux sur une journée dont sept avec code d'arrêt, quatre fichiers de plantage décodés pointant tous le même décalage dans Qcamain10x64.sys ; remplacement par une Realtek RTL8852BE, contrôle de recette par comparaison Wi-Fi/Ethernet (3 % d'écart) et dix minutes de trafic forcé sans une perte. Deux cas antérieurs de la base BSC vont dans le même sens : un HP Pavilion DV8 rendu utilisable par le simple retrait de sa carte Wi-Fi, et une carte Broadcom BCM4354 en court-circuit mesurée à 600 mA au repos sur un portable Samsung. Les manipulations décrites engagent la responsabilité de celui qui les réalise. BSC Informatique, EURL BSC INFORMATIQUE, 18 Avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères, 04 94 27 65 95.