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PC portable qui se fige, écran noir, diode allumée


Comment savoir si c'est la veille qui le tue
Pas d'écran bleu, pas de fichier de plantage : c'est normal
Une commande gratuite compte les veilles sans retour

Cet article a été publié le 9 Septembre 2026
C'est une panne qui rend fou, parce qu'elle ne laisse rien derrière elle.

Le portable fonctionne normalement. Vous le laissez deux minutes pour aller chercher un café, ou vous le retrouvez le matin en ouvrant le capot. L'écran est noir, mais la machine n'est pas éteinte : la diode d'alimentation reste allumée, parfois le ventilateur tourne encore. Vous appuyez sur une touche, vous bougez la souris : rien. Vous appuyez sur Verr. Maj pour voir si le clavier répond, et le petit voyant du clavier ne s'allume plus. Le disque ne fait plus aucun bruit, la webcam ne clignote pas, l'écran externe reste noir lui aussi.

Il ne reste qu'une chose à faire : maintenir le bouton d'alimentation cinq secondes. Le PC repart comme si de rien n'était, Windows affiche éventuellement « Windows n'a pas été arrêté correctement », et vous voilà avec une panne sans aucune trace.

Et surtout : il n'y a pas d'écran bleu. Pas de code d'erreur à noter, pas de QR code à photographier, aucun fichier de plantage à faire analyser. Beaucoup de clients nous décrivent pourtant ces blocages en disant « il me fait des écrans bleus » : c'est le vocabulaire commun pour dire « il plante ». La distinction est capitale, parce qu'un gel silencieux et un écran bleu ne se diagnostiquent pas du tout de la même façon.

La bonne nouvelle : dans une grande partie de ces cas, il existe une commande gratuite, sans rien installer, qui répond en trente secondes à la question la plus utile. Cette machine meurt-elle en veille moderne, c'est-à-dire au moment où l'écran s'éteint ? Windows tient le compte des entrées et des sorties de veille. Il suffit de les compter. Si la machine est entrée cent fois en veille et n'en est ressortie que quatre-vingt-dix fois, les dix absentes sont exactement vos dix blocages.

Voici la méthode que nous appliquons à l'atelier, de la première commande jusqu'au dossier technique qui fait accepter un retour en garantie sans discussion.

À retenir en trente secondes


Le point Ce qu'il faut savoir
Gel ≠ écran bleu Diode allumée, Verr. Maj mort, disque silencieux : c'est un gel du noyau, pas un plantage Windows classique
Pas de minidump, c'est normal Le système meurt trop bas pour écrire le fichier. Événement volmgr 161 à l'appui. Inutile de chercher un .dmp
La commande qui tranche Compter les événements Kernel-Power 506 (entrée en veille) et 507 (sortie). Chaque 506 sans 507 est un blocage
Le vrai déclencheur Souvent la simple extinction de l'écran, pas la veille profonde. D'où l'impression que « ça plante en pleine utilisation »
Kernel-Power 41 à zéro BugcheckCode=0 et PowerButtonTimestamp=0 ne veulent pas dire coupure de courant. Ne changez pas de chargeur pour ça
Le geste d'urgence Empêcher l'écran de s'éteindre sur secteur ET sur batterie. Ne faire que le secteur est le piège classique
La piste firmware Événements HAL 20 et 21 (méthode ACPI d'alarme et de temps en échec) : le BIOS est en cause, pas Windows
Prouver le matériel Une séquence d'élimination en six tests, du moins cher au plus cher, transforme une hypothèse en dossier
Avant un retour garantie Ne pas flasher le BIOS, conserver la sauvegarde, remettre le disque d'origine
La phrase à retenir : sur un portable qui se fige écran noir avec la diode allumée, on compte les 506 et les 507 avant de chercher un fichier de plantage qui n'existera jamais.

1. D'abord, décrire correctement ce que vous voyez


C'est la partie que personne ne fait, et c'est celle qui oriente tout le reste. Quand la machine se bloque, prenez trente secondes pour vérifier ces cinq points. Notez-les, ils valent de l'or pour le technicien.

1. La diode d'alimentation. Allumée fixe ? Clignotante ? Éteinte ? Une diode allumée fixe signifie que la machine est sous tension et se croit en marche : c'est un gel. Une diode qui clignote lentement signifie que la machine est en veille et qu'elle refuse simplement de se réveiller, ce qui est déjà une information différente. Une diode éteinte signifie une extinction franche, et là on ne parle plus de gel mais d'arrêt brutal.

2. La touche Verr. Maj (ou Verr. Num). Appuyez dessus plusieurs fois. Si le petit voyant du clavier répond, le noyau de Windows est encore vivant : la panne est probablement du côté de l'affichage. S'il ne répond plus, le noyau lui-même est figé, et c'est un tout autre diagnostic. Ce test coûte deux secondes et il élimine à lui seul la moitié des hypothèses.

3. Le bruit et la chaleur. Le ventilateur tourne-t-il encore ? S'emballe-t-il ? Le dessous chauffe-t-il ? Un portable qui gèle avec le ventilateur à fond n'a pas le même problème qu'un portable qui gèle en silence complet.

4. Un écran externe. Si vous en avez un sous la main, branchez-le en HDMI. Si l'image apparaît sur l'écran externe alors que l'écran interne reste noir, le problème est dans la dalle, la nappe ou le rétroéclairage, et pas dans la gestion d'énergie. Si les deux écrans restent noirs, la machine est bien figée.

5. Le moment exact. Est-ce que ça arrive en pleine utilisation pendant que vous tapez ? Ou bien après quelques minutes d'inactivité ? Ou bien le matin, à l'ouverture du capot ? Les clients répondent presque toujours « n'importe quand », mais quand on creuse, il y a une régularité. Retenez que si l'écran a eu le temps de s'éteindre avant le blocage, c'est un indice majeur.

Le cas typique dont parle cet article, celui que la suite va disséquer : diode allumée fixe, Verr. Maj mort, écran externe noir également, blocage après quelques minutes d'inactivité ou au réveil. C'est la signature d'une mort en veille moderne.

2. Pourquoi il n'y a aucun fichier de plantage, et pourquoi ce n'est pas grave


Réflexe naturel de quiconque a déjà cherché sur internet : aller voir dans C:\Windows\Minidump s'il y a un fichier .dmp à faire analyser. Sur ce type de panne, le dossier est vide, ou bien il ne contient que de vieux fichiers sans rapport avec les blocages récents.

Ce n'est ni un bug ni un mauvais réglage de Windows. La preuve se trouve dans l'Observateur d'événements, sous la forme d'un message du fournisseur volmgr, identifiant 161 :

« La création du fichier de vidage a échoué en raison d'une erreur lors de la création de l'image mémoire. »
Traduction : le système est mort trop bas, trop près du matériel, pour être encore capable d'écrire quoi que ce soit sur le disque. Il n'y aura pas de fichier de plantage, il n'y aura pas d'écran bleu, il n'y aura pas de code d'erreur. Cesser de le chercher fait gagner des heures.

Le piège du Kernel-Power 41 à zéro


Au redémarrage suivant, Windows enregistre systématiquement un événement Kernel-Power 41 (« Le système a redémarré sans s'arrêter correctement ») et souvent un EventLog 6008. En ouvrant le détail de l'événement 41, on trouve deux champs très regardés :

• BugcheckCode = 0

• PowerButtonTimestamp = 0

Une quantité de tutoriels expliquent qu'un 41 avec ces valeurs signifie « coupure d'alimentation ». Sur un portable, c'est presque toujours faux, et c'est la raison pour laquelle des gens achètent un chargeur neuf pour rien.

Ce que ces valeurs disent réellement :

• BugcheckCode = 0 : il n'y a pas eu d'écran bleu. Ce qui est exactement notre cas, et confirme le gel plutôt que le plantage.

• PowerButtonTimestamp = 0 : Windows n'a pas enregistré l'appui sur le bouton d'alimentation. Normal, puisque la machine était déjà figée quand vous avez appuyé : plus personne n'était là pour noter l'événement.

Autrement dit, un Kernel-Power 41 « à zéro » sur un portable qui gèle n'accuse ni le chargeur, ni la prise, ni la batterie. Il confirme simplement le gel. C'est un constat, pas une cause.

Et si vous voyez vraiment des écrans bleus


Si, à côté de ces gels, vous avez aussi de vrais écrans bleus, c'est une autre enquête, qui elle a des indices exploitables : Windows a déjà analysé chaque plantage et a écrit le nom du pilote coupable dans ses rapports. On peut le lire sans installer de logiciel de débogage. Nous détaillons cette méthode dans notre article sur l'écran bleu DRIVER_POWER_STATE_FAILURE (0x9F), le code d'erreur qui apparaît justement quand un composant refuse de répondre à une commande de mise en veille. Il est fréquent de trouver les deux sur la même machine : des écrans bleus pendant quelques semaines, puis des gels silencieux quand le défaut s'aggrave.

3. La commande qui tranche en trente secondes : compter les 506 et les 507


Voici le cœur de cet article.

Depuis Windows 10, les portables modernes n'utilisent plus la vieille veille S3 (celle où la machine s'éteignait presque complètement). Ils utilisent la veille moderne, appelée aussi Modern Standby ou S0 faible consommation : la machine reste techniquement allumée, éteint son écran, endort ses composants un par un et continue à se réveiller discrètement pour relever les mails ou installer des mises à jour, exactement comme un téléphone.

Chaque fois qu'elle entre dans cet état, Windows écrit dans son journal un événement Kernel-Power 506. Chaque fois qu'elle en sort, un événement 507.

Et c'est là que tout devient simple : un 506 qui n'est jamais suivi d'un 507, c'est une veille dont la machine n'est jamais revenue. C'est-à-dire, très exactement, un de vos blocages.

Comment lancer la commande


Cliquez sur le menu Démarrer, tapez powershell, faites un clic droit sur Windows PowerShell et choisissez Exécuter en tant qu'administrateur. Copiez le bloc ci-dessous en entier, collez-le dans la fenêtre bleue (clic droit = coller), puis appuyez sur Entrée.
$ev = Get-WinEvent -FilterHashtable @{LogName='System';ProviderName='Microsoft-Windows-Kernel-Power';StartTime=(Get-Date).AddDays(-60)} |
      Where-Object { $_.Id -in 506,507 } | Sort-Object TimeCreated
"$(@($ev | Where-Object Id -eq 506).Count) entrees / $(@($ev | Where-Object Id -eq 507).Count) sorties"
for($i=0;$i -lt $ev.Count;$i++){
  if($ev[$i].Id -eq 506 -and ($i+1 -ge $ev.Count -or $ev[$i+1].Id -ne 507)){
    $ev[$i].TimeCreated.ToString('dd/MM/yyyy HH:mm:ss') + ' -> entree en veille, PAS DE SORTIE' } }
Elle ne modifie rien, elle ne fait que lire le journal des soixante derniers jours. Vous pouvez la lancer sans aucune crainte, y compris sur la machine d'un proche.

Comment lire le résultat


La première ligne donne les deux totaux, par exemple :
264 entrees / 254 sorties
Puis viennent les dates des veilles sans retour :
14/08/2026 09:12:47  -> entree en veille, PAS DE SORTIE
17/08/2026 21:34:02  -> entree en veille, PAS DE SORTIE
...
Trois lectures possibles :

• Autant d'entrées que de sorties (ou un seul écart, celui de la veille en cours) : la machine ressort de toutes ses veilles. Vos blocages ont une autre cause, et il faut chercher ailleurs : surchauffe, mémoire, alimentation, pilote graphique. La commande a quand même servi, elle a éliminé une piste en trente secondes.

• Quelques entrées orphelines, et leurs dates correspondent à ce que vous avez vécu : le diagnostic est posé. La machine meurt en veille.

• Beaucoup d'entrées orphelines mais des dates qui ne vous disent rien : attention, une veille sans sortie peut aussi correspondre à une extinction volontaire pendant la veille, ou à une batterie tombée à plat. Ce sont les dates qui font foi, pas le nombre brut.

Un cas passé à l'atelier en septembre 2026, sur un portable AMD récent : 264 entrées pour 254 sorties sur soixante jours, donc dix orphelines - et les dix dates correspondaient exactement aux dix blocages signalés par la cliente. Dix sur dix. À ce niveau de corrélation, il n'y a plus de débat sur le mécanisme de la panne : reste à en trouver la cause.

Notez ces dates quelque part. Elles constituent la première pièce de votre dossier, celle que vous pourrez présenter au service après-vente.

4. Confirmer et dater : le rapport de veille de Windows


Windows sait produire un rapport détaillé de toutes ses sessions de veille. Toujours dans PowerShell en administrateur :
powercfg /sleepstudy /output C:\rapport.html /duration 28
Ouvrez ensuite C:\rapport.html dans votre navigateur : vous obtenez la liste des sessions de veille des vingt-huit derniers jours, avec pour chacune la durée, la consommation, ce qui a réveillé la machine, et surtout la façon dont la session s'est terminée.

Ce qu'il faut y chercher : les sessions qui se terminent par un arrêt anormal (Abnormal Shutdown). Pour les esprits méthodiques, la version XML du même rapport est plus facile à dépouiller :
powercfg /sleepstudy /output C:\rapport.xml /XML /duration 28
Dans ce fichier, chaque session est un nœud OsStateInstance. Les sessions fautives se reconnaissent à cette combinaison :

Attribut Valeur Ce que ça signifie
Type Screen Off Ce n'était pas une vraie veille, juste l'écran éteint
EntryReason Video Idle Timeout Déclenchée par le simple délai d'inactivité de l'écran
Clean 0 La session ne s'est pas terminée proprement
Session suivante Abnormal Shutdown La machine a été coupée de force (par vous, au bouton)

Le détail qui explique tout


Regardez bien la première ligne de ce tableau. Dans le cas de l'atelier, les sessions mortelles n'étaient pas des veilles complètes déclenchées par la fermeture du capot. C'étaient de simples extinctions d'écran après quelques minutes d'inactivité.

C'est l'extinction de l'écran qui tuait la machine, pas la mise en veille.

Voilà pourquoi le client était persuadé que « ça plante en pleine utilisation » : il laissait la machine allumée deux minutes pour répondre au téléphone, l'écran s'éteignait, et elle ne revenait plus. De son point de vue, le PC n'avait jamais été mis en veille. Techniquement, il l'avait été.

Ce malentendu est la raison pour laquelle ce type de panne est si souvent mal orienté au départ. Quand un client dit « ce n'est pas la veille, il ne dort jamais », il faut entendre « je ne l'ai jamais mis en veille moi-même », ce qui n'est pas la même chose.

5. Ce qu'il faut comprendre de la veille moderne (et pourquoi on ne peut pas juste la couper)


Une question vient immédiatement : « Très bien, alors je désactive la veille et le problème est réglé. »

Ce n'est pas si simple. Vérifiez d'abord ce que votre machine sait faire :
powercfg /a
Sur beaucoup de portables récents, la réponse ressemble à ceci :
Les états de veille suivants sont disponibles sur ce système :
    Veille (S0 faible consommation)
    Mise en veille prolongée

Les états de veille suivants ne sont pas disponibles :
    Veille (S1) : le microprogramme du système ne prend pas en charge cet état.
    Veille (S2) : le microprogramme du système ne prend pas en charge cet état.
    Veille (S3) : le microprogramme du système ne prend pas en charge cet état.
Autrement dit : S1, S2 et S3 n'existent pas sur cette machine. Le constructeur ne les a pas implémentés. Il ne reste que la veille moderne et l'hibernation. Il n'y a donc aucun réglage dans le panneau de configuration qui permette de revenir à l'ancienne veille : le choix n'est pas proposé parce que le matériel ne le propose pas.

C'est une différence majeure avec les PC d'il y a dix ans, et c'est ce qui rend cette panne si pénible : on ne peut pas la contourner d'un clic. On peut seulement empêcher la machine d'entrer en veille (section suivante), ou forcer un comportement différent au niveau du système (section 7).

6. La mesure d'urgence : empêcher la machine de se figer, dès ce soir


Avant même de chercher la cause, il faut arrêter l'hémorragie. Tant qu'on n'a pas corrigé le fond, la règle est simple : si la machine n'entre jamais en veille et si son écran ne s'éteint jamais, elle ne se bloque pas.

Dans PowerShell en administrateur, ces quatre commandes :
powercfg /change monitor-timeout-ac 0
powercfg /change monitor-timeout-dc 0
powercfg /change standby-timeout-ac 0
powercfg /change standby-timeout-dc 0
0 signifie « jamais ». Les suffixes comptent : ac désigne le fonctionnement sur secteur, dc le fonctionnement sur batterie.

Le piège que nous avons payé : ne régler que le secteur ne suffit pas. Un poste laissé avec « écran 15 min / veille 1 h » sur batterie continue de se bloquer dès qu'on le débranche, et on conclut à tort que le correctif n'a pas fonctionné. Les quatre lignes, toujours.
Quelques précisions pratiques :

• Ces réglages sont entièrement réversibles. Pour revenir à un comportement normal une fois la panne réglée : powercfg /change monitor-timeout-ac 10 (dix minutes), et ainsi de suite.

• Ils s'appliquent au mode d'alimentation actif. Si vous jonglez entre plusieurs modes, relancez les commandes après avoir changé de mode.

• La fermeture du capot reste gérée à part. Si vous rabattez l'écran, la machine s'endormira quand même. Pendant la phase de diagnostic, laissez le portable ouvert, ou réglez l'action de fermeture du capot sur « Ne rien faire » dans les options d'alimentation.

• L'écran allumé en permanence consomme et vieillit la dalle. C'est une mesure de dépannage, pas un réglage définitif.

7. Les correctifs à tenter, dans l'ordre


Une fois la machine stabilisée, voici l'ordre dans lequel nous procédons. Il va du plus probable et du moins risqué vers le plus lourd.

7a. La mise à jour du BIOS


C'est le correctif numéro un, parce que la veille moderne est pilotée par le firmware. Les constructeurs publient régulièrement des versions qui corrigent des défauts de gestion d'énergie.

Rendez-vous sur la page de support du modèle exact de votre machine (repérez le numéro de série ou le numéro de modèle sous le châssis) et prenez la dernière version proposée.

Deux précautions obligatoires avant un flash de BIOS

1. Suspendre BitLocker s'il est actif. Une mise à jour de BIOS modifie l'état des mesures de sécurité de la machine, et BitLocker peut réclamer sa clé de récupération au redémarrage suivant. Depuis une invite de commandes administrateur : manage-bde -protectors -disable C: -rc 1. Et dans tous les cas, ayez votre clé de récupération sous la main avant de commencer : nous expliquons où la retrouver dans Clé BitLocker : la retrouver et la sauvegarder avant toute réparation.

2. Batterie chargée et chargeur branché. Une coupure pendant un flash de BIOS transforme un portable en presse-papier, et cette panne-là n'est plus réparable en atelier généraliste. Si le PC ne redémarre plus après la mise à jour, voyez PC qui ne démarre plus après une mise à jour du BIOS.
Attention, il existe un cas où il ne faut pas flasher : si vous vous dirigez vers un retour en garantie. Nous y revenons en section 10.

7b. Les pilotes de chipset, avant ceux de la carte graphique


C'est l'erreur la plus fréquente. Quand on parle de « mettre à jour les pilotes », tout le monde pense à la carte graphique. Or, la gestion de la veille est assurée par des composants beaucoup plus discrets, regroupés dans le paquet chipset du constructeur.

Sur les machines AMD, le pilote décisif s'appelle AMD Micro PEP Device (Power Engine Plugin) : c'est précisément lui qui pilote les transitions de veille moderne. Il vit dans le même paquet que AMD PSP, GPIO et SMBus. Sur les machines Intel, on retrouve les équivalents dans le Intel Chipset Device Software et le Intel Management Engine.

Il n'est pas rare de trouver, sur un Windows 25H2 de 2026, des pilotes AMD d'origine constructeur figés en 2024. Windows Update ne les remplace pas : il considère que le pilote du constructeur est prioritaire.

Trois règles :

• Toujours depuis la page support du modèle, chez le constructeur du PC (pas du composant).

• Le chipset d'abord, la carte graphique ensuite.

• Jamais un utilitaire de type « driver updater » gratuit. Ces outils installent des pilotes génériques inadaptés et créent plus de pannes qu'ils n'en résolvent.

7c. Sortir du canal des préversions


Certaines machines reçoivent des mises à jour Windows en avant-première sans que leur propriétaire s'en doute, parce qu'une case a été cochée un jour. Sur un poste de travail, ça n'a rien à y faire. La valeur IsContinuousInnovationOptedIn sous HKLM\SOFTWARE\Microsoft\WindowsUpdate\UX\Settings doit être à zéro. Cela se règle aussi dans Windows Update, à la ligne « Obtenir les dernières mises à jour dès qu'elles sont disponibles ».

7d. Vérifier que c'est réparé, pour de bon


C'est l'étape que tout le monde saute, et elle est indispensable. Une panne intermittente ne se déclare pas réparée parce qu'elle ne s'est pas reproduite depuis une heure.

Le protocole : remettez l'extinction d'écran à une minute (powercfg /change monitor-timeout-ac 1), laissez la machine tranquille, et attendez. Recommencez au moins trois fois, sur secteur et sur batterie. Si les trois cycles passent, relancez la commande de comptage des 506/507 pour vérifier qu'aucune nouvelle veille orpheline n'est apparue.

C'est le seul moyen honnête de dire à quelqu'un « c'est réparé ».

7e. Le repli : supprimer la veille moderne


Si rien n'y fait et que la machine continue de mourir, il reste une solution de contournement. On peut désactiver la veille moderne au niveau du système : dans le registre, sous HKLM\SYSTEM\CurrentControlSet\Control\Power, créer une valeur DWORD PlatformAoAcOverride à 0, puis redémarrer.

Après cela, powercfg /a ne proposera plus la veille moderne, et la machine n'aura plus que l'hibernation. Concrètement : quand vous fermez le capot, elle sauvegarde tout sur le disque et s'éteint réellement. Le réveil est un peu plus lent, l'autonomie en veille devient excellente, et les notifications ne remontent plus pendant le sommeil.

C'est un compromis, pas une réparation. Mais un portable qui hiberne vaut mieux qu'un portable qui gèle, surtout sur une machine hors garantie pour laquelle on ne veut pas engager de frais.

8. L'indice qui accuse le firmware, et qu'il faut chercher systématiquement


Il existe un signal discret, que presque personne ne va voir, et qui désigne le BIOS avec une netteté remarquable. Toujours dans PowerShell en administrateur :
Get-WinEvent -FilterHashtable @{LogName='System';ProviderName='Microsoft-Windows-HAL'} -MaxEvents 10 |
  Select-Object TimeCreated,Id,Message
Ce que l'on cherche : des événements HAL 20 et HAL 21, dont le message ressemble à ceci :

« L'horloge matérielle en temps réel n'a pas été interrogée / définie en raison de l'échec de l'évaluation de la méthode de périphérique d'alarme et de temps ACPI. État : 0xC00000BB. »
Le Time and Alarm Device de l'ACPI est exactement le composant qui arme les réveils programmés de la veille moderne. Quand le firmware n'arrive plus à l'interroger, la machine s'endort sans avoir de moyen fiable de se réveiller.

Un ou deux de ces événements ne veulent rien dire. Des dizaines, c'est un défaut structurel : sur le cas de l'atelier, trente-neuf HAL 20 et trente-neuf HAL 21 en trente jours. À ce stade, le coupable désigné n'est plus Windows, ni un pilote, mais le couple firmware/matériel.

Un autre signal converge souvent : sur les machines AMD, un message « TPM endommagé » au démarrage. Le TPM logiciel (fTPM) est hébergé par le PSP, exactement le même sous-système que celui qui gère l'énergie. Ce n'est pas un incident isolé, c'est le même organe qui déraille à deux endroits.

9. Prouver que c'est matériel : la séquence d'élimination


Voici la partie qui distingue un diagnostic d'une intuition. Les journaux désignent le firmware et le matériel. Encore faut-il prouver que ce n'est pas Windows, ni un pilote, ni le disque, ni la mémoire. Sinon, en garantie, on vous répondra « réinstallez Windows » et le dossier repartira à zéro.

Six tests, du moins coûteux au plus coûteux, dans cet ordre :

# Test Ce qu'il élimine Résultat sur le cas atelier
1 SSD remplacé par un neuf Le disque, son firmware, ses pilotes Même panne
2 Windows 11 réinstallé proprement, aucun logiciel, aucun pilote constructeur Le système et tous les pilotes Même panne, écran noir juste après le rond de démarrage
3 Écran externe HDMI La dalle, le rétroéclairage, la nappe eDP Même symptôme sur les deux écrans
4 Démarrage sur une clé de dépannage (WinPE) : aucun pilote constructeur, aucun logiciel, aucune veille moderne Windows dans son ensemble Deux minutes, puis écran noir
5 Setup du BIOS laissé ouvert trente minutes - Aucun incident
6 Memtest86, quatre passes La mémoire vive Zéro erreur
Lisez les deux dernières lignes ensemble, parce que c'est là que tout se joue.

La machine est parfaitement stable tant que seul le firmware tourne (dans le setup du BIOS, il n'y a ni système d'exploitation, ni gestion dynamique de fréquence, ni veille). Et elle meurt en deux minutes dès qu'un noyau, n'importe lequel, même un environnement de dépannage minimal sans aucun pilote, prend la main sur l'ACPI et sur la gestion de fréquence et de tension.

Aucune explication logicielle ne survit à ce constat. Le diagnostic retenu a été une défaillance matérielle de la carte mère (le processeur intégré ou son étage d'alimentation), qui ne se manifeste qu'une fois la gestion d'énergie enclenchée.

Le test numéro 4 est le plus décisif et il ne coûte rien : une clé USB de dépannage suffit. Si votre machine se fige aussi dans cet environnement, plus aucun logiciel n'est en cause.

Le test numéro 6 mérite un mot : les blocages font naturellement penser à la mémoire, et Memtest86 est gratuit. Quatre passes prennent plusieurs heures, à lancer le soir. Un résultat propre ne prouve pas l'absence totale de défaut mémoire, mais combiné à une corrélation 506/507 parfaite, il fait tomber la piste. Si au contraire le test remonte des erreurs, notre article Memtest : erreur de RAM ou de processeur, décoder la ligne explique comment lire le résultat.

10. Le dossier garantie : ce qu'il faut faire, et surtout ne pas faire


Quand la conclusion est matérielle et que la machine est sous garantie, la suite est un retour constructeur. Quelques réflexes valent cher à ce moment précis.

Ne flashez pas le BIOS. C'est contre-intuitif, puisque c'était le correctif numéro un de la section 7. Mais dès que la garantie devient l'issue, le calcul change : la plupart des constructeurs annoncent leurs mises à jour de BIOS comme irréversibles, et un firmware modifié peut compliquer la prise en charge. Sur notre cas, la mise à jour était prête, téléchargée, et elle a été volontairement abandonnée pour un bénéfice devenu hypothétique.

Les manipulations réversibles, elles, ne posent pas de problème : effacer le TPM, réinitialiser le BIOS aux valeurs par défaut, retirer la pile. Rien de tout cela ne laisse de trace gênante.

Conservez la sauvegarde des données jusqu'à ce que vous ayez récupéré la machine et vérifié vos fichiers. C'est le point le plus important de toute cette section, et celui qu'on oublie dans le soulagement d'avoir trouvé la panne. Si le constructeur remplace la carte mère, ou pire, échange la machine entière, votre sauvegarde devient la seule copie de vos données au monde. Ne l'effacez pas parce que « le PC est réparé ». Attendez d'avoir tout vérifié.
Si vos données ne sont pas sauvegardées et que la machine ne démarre plus assez longtemps pour qu'on puisse copier quoi que ce soit, ne multipliez pas les tentatives : chaque démarrage raté sur un matériel défaillant est un risque. C'est le métier de BSC DataRecovery, laboratoire de récupération de données sur disques durs, SSD, cartes mémoire, clés USB et systèmes RAID.

Si un disque d'atelier a servi aux tests, remettez le disque d'origine avant l'envoi, et décidez avec le technicien du sort de ce disque. Un constructeur qui reçoit une machine avec un SSD qui n'est pas le sien peut refuser la prise en charge, et un constructeur qui remplace le disque efface vos données sans état d'âme.

Emportez votre dossier. Les dates des veilles orphelines, le rapport de veille, le compte des événements HAL, la liste des tests d'élimination. Un service après-vente qui reçoit « il plante des fois » et un service après-vente qui reçoit « dix veilles sans retour aux dates suivantes, panne reproduite en environnement WinPE sans pilote, machine stable dans le setup BIOS » ne traitent pas le dossier de la même façon.

Et si la machine est hors garantie ?


Le diagnostic ne change pas, seule la suite change. Une défaillance de l'étage d'alimentation d'une carte mère de portable se répare au composant, et c'est un métier à part entière : BSC Électronique est spécialisée dans la réparation de cartes mères de PC portables et de Chromebooks, hors Apple. C'est très souvent une fraction du prix d'une machine neuve.

Et pendant l'immobilisation, qui peut durer plusieurs semaines en retour constructeur, il existe une solution simple pour ne pas rester sans outil de travail : BSC Location loue des PC fixes et portables, en courte comme en longue durée.

11. Les fausses pistes, pour ne pas perdre de temps


Sur ce type de panne, certaines hypothèses reviennent systématiquement. Voici celles que nous avons écartées, et sur quel argument.

Piste Pourquoi on y pense Comment on l'écarte
Le chargeur ou la batterie Le Kernel-Power 41 « à zéro » ressemble à une coupure PowerButtonTimestamp = 0 sur un gel est normal. La panne se reproduit chargeur branché comme débranché
Le disque dur ou le SSD Un disque mourant fait geler une machine SMART sain, aucun événement disk, stornvme ou Ntfs. Confirmé par le remplacement physique du disque
La mémoire vive Les gels y font penser en premier Memtest86, quatre passes, zéro erreur. Et une corrélation 506/507 parfaite ne ressemble pas à un défaut mémoire, qui frapperait au hasard
Windows ou un pilote C'est l'explication la plus commode Réinstallation propre, puis environnement WinPE sans aucun pilote : panne identique
L'écran, la nappe, le rétroéclairage L'écran est noir, donc c'est l'écran Reproduit à l'identique sur un écran externe HDMI
L'antivirus Il est toujours suspect Panne constatée avec l'antivirus actif et désactivé
La surchauffe Un portable qui se coupe évoque la chaleur Une surchauffe frappe en charge, pas quand la machine est au repos écran éteint. Ici, c'est l'inverse
Ce dernier point mérite d'être souligné, parce qu'il oriente immédiatement : un PC qui plante quand on lui demande des efforts et un PC qui plante quand on le laisse tranquille n'ont pas la même maladie. Le premier évoque le refroidissement ou l'alimentation, le second évoque la gestion d'énergie. Si vos blocages arrivent pendant les jeux ou les gros calculs, ce n'est pas cette piste qu'il faut suivre mais celle du refroidissement, détaillée dans PC qui plante : surchauffe ou overclock oublié dans le BIOS.

12. Récapitulatif : l'ordre des opérations


1. Décrire correctement le blocage : diode, Verr. Maj, bruit, écran externe, moment exact.

2. Ne pas chercher de fichier de plantage. L'événement volmgr 161 explique pourquoi il n'y en aura pas.

3. Ne pas conclure « coupure d'alimentation » sur un Kernel-Power 41 à zéro.

4. Compter les 506 et les 507 sur soixante jours. Chaque 506 orphelin est un blocage. Comparer les dates avec ce que vous avez vécu.

5. Confirmer avec powercfg /sleepstudy et repérer les sessions Screen Off terminées en Abnormal Shutdown. C'est souvent l'extinction de l'écran, pas la veille, qui tue la machine.

6. Empêcher la veille et l'extinction d'écran, sur secteur et sur batterie, pour vivre normalement pendant le diagnostic.

7. Regarder les événements HAL 20 et 21. En nombre, ils accusent le firmware.

8. Mettre à jour le BIOS puis le chipset (Micro PEP, PSP, GPIO, SMBus), depuis la page support du modèle, jamais avec un « driver updater ».

9. Vérifier sur trois cycles de reproduction avant de déclarer la panne réglée.

10. Si ça persiste : la séquence d'élimination (disque neuf, Windows propre, écran externe, WinPE, setup BIOS, Memtest). C'est elle qui transforme une hypothèse en dossier technique.

11. En garantie : ne pas flasher le BIOS, conserver la sauvegarde jusqu'au retour, remettre le disque d'origine, et présenter le dossier.

12. Hors garantie : réparation au composant, ou repli sur l'hibernation via PlatformAoAcOverride.

Vous préférez qu'on s'en occupe ?


Cette panne a une particularité désagréable : elle est intermittente. Vous pouvez y passer des soirées, croire l'avoir réglée, et la voir revenir trois jours plus tard. Le comptage des 506 et 507 est justement ce qui permet de sortir de l'impression et de raisonner sur des faits, mais la suite demande du matériel de test et du temps machine.

• Diagnostic complet d'un portable qui se fige, mise à jour de BIOS et de chipset, tests mémoire et disque, préparation d'un dossier de garantie, pour les particuliers comme pour les professionnels : BSC Informatique, atelier au 18 Avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères, 04 94 27 65 95, www.bsc-informatique.fr. Nous vendons également le matériel et nous nous chargeons de l'installation complète.

• Vous préférez qu'on vienne chez vous, pour faire les vérifications et vous expliquer ce qui se passe : BSC Assistance, assistance informatique à domicile pour particuliers, agréée service à la personne.

• Vos données ne sont pas sauvegardées et la machine ne tient plus assez longtemps pour les copier : arrêtez les tentatives de démarrage. BSC DataRecovery, laboratoire de récupération de données sur disques durs, SSD, cartes mémoire, clés USB et systèmes RAID.

• La machine est hors garantie et le diagnostic pointe la carte mère : BSC Électronique, réparation de cartes mères de PC portables et Chromebooks, hors Apple, au composant.

• Il vous faut un ordinateur pendant le retour constructeur ou la réparation, quelques semaines ou quelques mois : BSC Location, location de PC fixes et portables, en courte comme en longue durée.

Sources : documentation Microsoft Learn sur la veille moderne (Modern Standby, S0 faible consommation) et sur les états de veille ACPI S1 à S3, documentation de l'outil powercfg et de son rapport sleepstudy, description des événements Kernel-Power 41, 506 et 507 et de l'événement volmgr 161. Spécification ACPI pour le Time and Alarm Device, à l'origine des événements HAL 20 et 21 (état 0xC00000BB). Documentation AMD sur le paquet chipset et le pilote Micro PEP Device (Power Engine Plugin) qui pilote les transitions S0i3, et sur l'hébergement du fTPM par le PSP. Complété par la pratique de l'atelier BSC Informatique, en particulier un cas tranché en septembre 2026 : portable AMD sous Windows 11 25H2, 264 entrées en veille pour 254 sorties sur soixante jours, dix veilles orphelines correspondant aux dix blocages signalés, 39 événements HAL 20 et 39 HAL 21 en trente jours, panne reproduite après remplacement du SSD, réinstallation propre de Windows, sur écran externe et sous WinPE sans aucun pilote, machine stable dans le setup du BIOS et Memtest86 propre sur quatre passes. Conclusion : défaillance matérielle de la carte mère, retour en garantie constructeur. Les manipulations décrites engagent la responsabilité de celui qui les réalise. BSC Informatique, EURL BSC INFORMATIQUE, 18 Avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères, 04 94 27 65 95.


Diagnostic de PC portable qui se fige, à Hyères

Blocages intermittents, écran noir au réveil, gels en veille :
analyse des journaux, tests mémoire et disque, dossier technique pour la garantie.

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