Vous venez de télécharger un logiciel, vous double-cliquez dessus, et à la place de l'installation attendue une fenêtre bleu-gris s'affiche au milieu de l'écran :
« Windows a protégé votre PC. Microsoft Defender SmartScreen a empêché le démarrage d'une application non reconnue. L'exécution de cette application peut mettre votre PC en danger. »
Un seul bouton est proposé :
Ne pas exécuter. Aucune trace du logiciel que vous vouliez installer, aucune explication, et le sentiment très net que Windows vient de vous dire que ce fichier est un virus.
Le réflexe qui suit est presque toujours le même : chercher « désactiver SmartScreen » et appliquer le premier tutoriel venu, qui fait couper quatre protections d'un coup pour installer un seul logiciel. Le fichier passe, effectivement. Et le PC reste ensuite sans filet pendant des mois, parce que personne ne pense à remettre ce qu'il a coupé.
Dans neuf cas sur dix, ce n'est pas ce qu'il faut faire. Le bon geste consiste à débloquer
ce fichier, en dix secondes, sans toucher au réglage de la machine. Et quand la désactivation est réellement justifiée, il faut savoir que SmartScreen n'est pas une protection mais
quatre interrupteurs distincts, dont un seul concerne votre problème.
Voici comment nous procédons à l'atelier : ce que dit vraiment ce message, la vérification à faire avant de passer outre, les gestes du plus ciblé au plus large, et les deux ou trois pièges qui font perdre une soirée.
Un message différent de « Windows a protégé votre PC » ? Sécurité Windows regroupe six protections indépendantes qui peuvent chacune bloquer une application. Notre vous aide à repérer la vôtre, avant de revenir ici pour la procédure SmartScreen.
À retenir en trente secondes
| Le point |
Ce qu'il faut savoir |
Le geste |
| Le message |
SmartScreen dit « je ne connais pas ce fichier », pas « ce fichier est infecté » |
Vérifier la provenance, puis décider |
| Le bouton caché |
Il n'y a pas que Ne pas exécuter |
Informations complémentaires puis Exécuter quand même |
| Le geste durable |
Clic droit sur le fichier, Propriétés, case Débloquer |
Retire la marque « vient d'internet », pour ce fichier seulement |
| SmartScreen |
Ce n'est pas un interrupteur mais quatre |
Ne couper que Vérifier les applications et les fichiers |
| La bascule à garder |
Blocage des applications potentiellement indésirables attrape les adwares et les installeurs à cadeaux |
La laisser activée, toujours |
| Bascule grisée ou qui revient seule |
Ce n'est pas un bug : c'est le Contrôle intelligent des applications, ou un poste géré |
Traiter la vraie cause, pas le symptôme |
| La bonne nouvelle |
Désactiver SmartScreen ne désactive pas Microsoft Defender |
L'antivirus continue de travailler |
| Le réflexe de fin |
Une protection coupée pour une installation doit être remise |
Avant de rendre le PC, ou le soir même |
La phrase à retenir : on débloque un fichier, on ne baisse pas la garde d'une machine.
1. Ce que dit exactement « Windows a protégé votre PC »
C'est le point de départ de tous les malentendus, alors prenons-le au sérieux.
Microsoft Defender SmartScreen n'est pas un antivirus. Il n'analyse pas le contenu du fichier, il ne cherche pas de code malveillant à l'intérieur, il ne se prononce pas sur sa dangerosité. Il pose une tout autre question :
est-ce que ce fichier est connu ?
Pour y répondre, il interroge un service de réputation chez Microsoft, avec trois critères principaux :
•
La signature numérique. Un exécutable signé par un éditeur identifié, avec un certificat utilisé depuis des années, part avec une réputation solide.
•
Le nombre de téléchargements. Un fichier téléchargé des millions de fois et qui n'a jamais posé de problème est considéré comme sûr.
•
L'ancienneté. Un binaire mis en ligne le matin même n'a, par définition, aucun historique.
Quand ces trois critères sont faibles, SmartScreen bloque. Et il se trouve que ces trois critères sont faibles pour beaucoup de logiciels parfaitement honnêtes : l'utilitaire gratuit d'un développeur isolé, qui n'a pas les moyens d'un certificat de signature de code (plusieurs centaines d'euros par an) ; le
logiciel métier d'un petit éditeur, diffusé à quelques centaines de clients ; un vieil outil qui fonctionne très bien mais n'a plus été recompilé depuis dix ans ; la toute nouvelle version d'un logiciel connu, publiée il y a deux heures, dont la réputation n'est pas encore construite.
Traduction correcte du message : « je n'ai pas assez d'éléments pour dire que ce fichier est sûr ». Ni plus, ni moins. Ce n'est pas un feu rouge, c'est un feu orange.
Le corollaire, qui est tout aussi important
L'absence de blocage ne veut pas dire que le fichier est propre. Un logiciel malveillant suffisamment diffusé, ou signé avec un certificat volé, passe SmartScreen sans difficulté. Ce mécanisme est un filet supplémentaire, pas un verdict.
D'où la seule attitude raisonnable :
ce n'est pas SmartScreen qui doit vous dire si le fichier est bon, c'est vous, à partir de sa provenance. C'est l'objet de la section suivante, et c'est la seule que nous vous demandons de ne pas sauter.
2. Avant de cliquer sur « Exécuter quand même » : d'où vient ce fichier ?
Passer outre SmartScreen est facile. C'est bien pour cela que les attaquants comptent dessus : ils savent que tout le monde a appris le geste, et que beaucoup l'exécutent sans réfléchir.
Trente secondes de vérification suffisent.
| La question |
Réponse rassurante |
Réponse qui doit vous arrêter |
| Qui héberge le fichier ? |
Le site officiel de l'éditeur, ou son dépôt officiel |
Un site de téléchargement tiers, un lien reçu par mail ou par message |
| Comment êtes-vous arrivé là ? |
Vous avez tapé vous-même l'adresse de l'éditeur |
Un lien sponsorisé en tête des résultats de recherche, une publicité, un lien dans un forum |
| Le nom du fichier correspond-il ? |
setup_logiciel_3.2.exe sur la page du logiciel 3.2 |
Un nom générique, une double extension, un .exe là où un document était attendu |
| Qu'est-ce qu'on vous demandait de faire ? |
Vous cherchiez ce logiciel de vous-même |
Une page vous a dit qu'il « fallait » l'installer pour lire une vidéo, corriger une erreur, vérifier que vous n'êtes pas un robot |
| Que dit une seconde source ? |
Analyse VirusTotal propre, empreinte identique à celle publiée par l'éditeur |
Des détections, ou aucun moyen de vérifier |
Deux points méritent d'être développés, parce qu'ils sont à l'origine de la majorité des postes que nous voyons arriver infectés.
Les faux sites de téléchargement. Le premier résultat d'une recherche n'est pas forcément le site de l'éditeur : c'est très souvent une publicité, ou un portail de téléchargement qui réempaquette le logiciel avec ses propres cadeaux. Le fichier obtenu est modifié, sa signature est cassée, et SmartScreen le bloque à juste titre. Nos confrères de BSC Sécurité détaillent le mécanisme dans .
Le blocage qui arrive « au mauvais moment ». Si l'écran SmartScreen apparaît alors que vous ne cherchiez pas à installer quoi que ce soit, ou à la suite d'une page qui vous demandait de prouver que vous n'êtes pas un robot, la réponse est
non, sans discussion. C'est le scénario du faux CAPTCHA, expliqué ici : . Même logique pour une pièce jointe : un fichier reçu par mail qui déclenche SmartScreen ne se débloque pas, il se supprime, comme le rappelle .
Notre règle d'atelier : le blocage se contourne quand on sait exactement d'où vient le fichier et pourquoi on l'installe. Dans tous les autres cas, le bouton Ne pas exécuter est le bon bouton.
3. Le geste juste dans neuf cas sur dix : débloquer ce fichier, et lui seul
Vous avez vérifié la provenance, le fichier est légitime. Il existe alors trois façons de le faire passer, sans rien changer aux réglages de la machine.
3a. Le bouton caché de l'écran de blocage
Sur la fenêtre « Windows a protégé votre PC », cliquez sur le petit lien
Informations complémentaires, discret, au-dessus du bouton. La fenêtre s'agrandit, affiche le nom du fichier et son éditeur, et
un second bouton apparaît : Exécuter quand même.
C'est tout. Cette autorisation vaut pour ce fichier, cette fois-ci. Elle ne modifie aucun réglage et ne concerne aucun autre programme.
Si le lien
Informations complémentaires est absent, c'est que vous n'avez pas affaire à SmartScreen : voyez le tableau anti-confusion du point 7, il s'agit très probablement du Contrôle intelligent des applications.
3b. La case « Débloquer » des propriétés du fichier
C'est la méthode que nous préférons, parce qu'elle traite la cause et pas l'affichage.
1. Clic droit sur le fichier téléchargé, puis
Propriétés.
2. En bas de l'onglet
Général, une mention :
« Ce fichier provient d'un autre ordinateur et peut être bloqué pour protéger cet ordinateur », avec une case ou un bouton
Débloquer.
3. Cochez, cliquez sur
Appliquer, et lancez le fichier normalement.
Ce qui se passe réellement. Quand un navigateur télécharge un fichier, Windows lui accroche une étiquette invisible appelée
Mark of the Web : techniquement, un flux de données annexe nommé
Zone.Identifier collé au fichier, qui mémorise qu'il vient d'internet. SmartScreen, mais aussi Word, Excel et le lecteur d'aide de Windows, lisent cette étiquette pour décider de leur méfiance. La case
Débloquer efface cette étiquette. Le fichier redevient un fichier local ordinaire.
C'est plus propre qu'
Exécuter quand même pour un installeur qui va être relancé plusieurs fois, ou pour une archive dont on va extraire des dizaines de fichiers.
Si la case n'apparaît pas, ce n'est pas un problème : cela signifie simplement que le fichier ne porte pas d'étiquette. Deux cas fréquents, et ils expliquent une bonne partie des « pourquoi ça passe sur cette machine et pas sur l'autre » :
• le fichier a transité par une
clé USB formatée en FAT32 ou exFAT, qui ne sait pas transporter ce genre de flux annexe : l'étiquette a été perdue en route ;
• le fichier a été extrait d'une archive par un logiciel qui ne propage pas l'étiquette, ce qui nous amène au point suivant.
3c. En lot : tout un dossier d'un coup
Pour un logiciel livré en archive, un jeu de pilotes, ou un dossier d'outils métier, débloquer les fichiers un par un n'a pas de sens. Ouvrez
PowerShell et lancez :
Get-ChildItem "C:\Chemin\Vers\Le\Dossier" -Recurse | Unblock-File
La commande retire l'étiquette de tous les fichiers du dossier et de ses sous-dossiers. Elle ne modifie rien d'autre, ne touche à aucun réglage, et n'a aucun effet sur les fichiers qui n'étaient pas marqués.
3d. Le détail qui explique bien des comportements bizarres : les archives ZIP
Quand vous extrayez une archive avec l'
Explorateur de Windows, l'étiquette de l'archive est recopiée sur chaque fichier extrait. L'installeur sorti du ZIP déclenchera donc SmartScreen, comme l'archive l'aurait fait.
Quand vous l'extrayez avec
7-Zip, ce n'est le cas que si l'option a été activée : la propagation existe depuis la version 22, mais le réglage
Propagate Zone.Id stream (dans
Outils puis
Options, onglet
7-Zip) est historiquement sur
No par défaut. Les fichiers extraits sortent donc sans étiquette, et passent sans un mot.
Deux conséquences opposées, et il faut les connaître toutes les deux :
•
En pratique, cela explique pourquoi le même installeur bloque chez un client et pas chez un autre. Ce n'est ni la version de Windows ni un réglage de sécurité : c'est l'outil de décompression.
•
En sécurité, c'est exactement la faille qu'exploitent les pièces jointes en archive : mettre le fichier dans un ZIP pour lui faire perdre son étiquette et éviter l'écran d'avertissement. Sur les postes professionnels, nous passons ce réglage de 7-Zip sur
Yes.
4. Si vous devez vraiment désactiver : SmartScreen, c'est quatre interrupteurs
Il existe de vrais cas où la désactivation se justifie : un logiciel métier ancien qui déclenche le blocage à chaque lancement, une série d'installations à la chaîne sur un poste en préparation, un outil interne recompilé toutes les semaines.
Là, presque tous les tutoriels commettent la même erreur : ils font tout couper. Or la page de réglages contient
quatre bascules indépendantes, et une seule concerne votre problème.
Ouvrez
Sécurité Windows (icône bouclier de la zone de notification, ou
Paramètres puis
Confidentialité et sécurité puis
Sécurité Windows), puis
Contrôle des applications et du navigateur, puis
Paramètres de la protection basée sur la réputation. Il faut être
administrateur de la machine.
| La bascule |
Ce qu'elle bloque |
Faut-il la couper ? |
| Vérifier les applications et les fichiers |
L'écran « Windows a protégé votre PC » au lancement d'un fichier téléchargé |
C'est celle-ci, et elle seule, pour un logiciel métier non signé |
| SmartScreen pour Microsoft Edge |
Les sites et les téléchargements, dans Edge uniquement |
Seulement si le blocage se produit dans Edge. Sans effet si le client utilise Chrome ou Firefox |
| Blocage des applications potentiellement indésirables |
Les adwares, les barres d'outils, les installeurs à cadeaux |
Non. Jamais. C'est la protection la plus utile de la page |
| SmartScreen pour les applications du Microsoft Store |
Le contenu chargé par les applications du Store |
Quasiment jamais |
La troisième ligne mérite qu'on insiste. Le blocage des applications potentiellement indésirables ne vise pas les virus mais les logiciels « limites » : nettoyeurs de registre qui trouvent toujours 3 000 erreurs, faux optimiseurs, extensions publicitaires, installeurs qui ajoutent trois programmes non demandés. C'est très exactement ce qui pollue les PC que nous voyons arriver à l'atelier. La couper pour installer un logiciel métier revient à retirer la moustiquaire parce qu'on veut ouvrir la porte d'entrée.
Après désactivation, le centre de sécurité affichera un avertissement permanent (« la protection basée sur la réputation est désactivée »), avec un bouton
Ignorer pour masquer l'alerte. Ne masquez rien : cet avertissement est utile, il est le seul rappel que quelque chose a été coupé.
Si les bascules sont inaccessibles parce que vous n'êtes pas administrateur du poste, c'est un autre sujet, traité par nos confrères dans .
5. Sans passer par l'interface : registre et stratégies de groupe
Utile pour un poste préparé en série, un script de déploiement, ou une machine dont l'interface graphique de sécurité ne répond plus.
Par le registre
À exécuter dans une invite de commandes
administrateur :
reg add "HKLM\SOFTWARE\Microsoft\Windows\CurrentVersion\Explorer" /v SmartScreenEnabled /t REG_SZ /d Off /f
reg add "HKLM\SOFTWARE\Policies\Microsoft\Windows\System" /v EnableSmartScreen /t REG_DWORD /d 0 /f
reg add "HKLM\SOFTWARE\Policies\Microsoft\Edge" /v SmartScreenEnabled /t REG_DWORD /d 0 /f
Redémarrez l'Explorateur, ou plus simplement la machine, pour que la première valeur soit prise en compte.
Pour rétablir, et c'est la partie que les tutoriels oublient systématiquement de donner :
reg add "HKLM\SOFTWARE\Microsoft\Windows\CurrentVersion\Explorer" /v SmartScreenEnabled /t REG_SZ /d RequireAdmin /f
reg delete "HKLM\SOFTWARE\Policies\Microsoft\Windows\System" /v EnableSmartScreen /f
reg delete "HKLM\SOFTWARE\Policies\Microsoft\Edge" /v SmartScreenEnabled /f
La valeur d'origine est bien
RequireAdmin, et non
On : notez-la avant de modifier quoi que ce soit, sinon vous rendrez un poste dans un état qui n'est pas celui d'origine.
⚠ Attention à la deuxième commande. Poser la stratégie EnableSmartScreen ne se contente pas de désactiver la protection : elle verrouille le réglage et grise la bascule dans Sécurité Windows. Six mois plus tard, sur ce même poste, quelqu'un constatera que « le bouton ne fonctionne plus » et cherchera une panne là où il n'y en a pas. Pour une désactivation temporaire, la première commande suffit largement.
Par les stratégies de groupe
Sur
Windows 11 Professionnel, la voie propre est
gpedit.msc :
Configuration ordinateur puis
Modèles d'administration puis
Composants Windows puis
Explorateur de fichiers puis
Configurer Windows Defender SmartScreen.
Trois positions possibles :
Non configuré (comportement par défaut),
Activé avec le choix entre avertir et bloquer,
Désactivé.
⚠ gpedit.msc n'existe pas en Windows 11 Famille. C'est l'édition installée sur la grande majorité des ordinateurs vendus en grande surface. Si la commande vous répond que le fichier est introuvable, ce n'est pas une installation abîmée : passez par le registre ci-dessus, ou par l'interface graphique.
6. Le piège n°1 : la bascule est grisée, ou elle se réactive toute seule
C'est de très loin le cas qui fait perdre le plus de temps, parce qu'il ressemble à un dysfonctionnement de Windows alors qu'il n'en est pas un.
Vous désactivez
Vérifier les applications et les fichiers. Le blocage persiste. Ou bien la bascule est grise et ne réagit pas au clic. Ou encore, elle se remet toute seule sur
Activé après un redémarrage.
Quatre causes, par ordre de fréquence.
Cause n°1, et de loin : le Contrôle intelligent des applications
Le
Contrôle intelligent des applications (Smart App Control, ou SAC) est une protection apparue avec Windows 11 22H2, distincte de SmartScreen et bien plus stricte : elle vérifie la signature de chaque programme et interroge un service Microsoft avant toute exécution. Elle est active d'usine sur beaucoup de PC neufs.
Or le Contrôle intelligent des applications impose SmartScreen. Tant qu'il est actif, la bascule SmartScreen est verrouillée, et aucune manipulation de registre n'y changera quoi que ce soit : c'est SAC qui bloque, pas SmartScreen.
Pour en avoir le cœur net, une commande en lecture seule, totalement sans risque :
reg query "HKLM\SYSTEM\CurrentControlSet\Control\CI\Policy" /v VerifiedAndReputablePolicyState
| Valeur retournée |
État du Contrôle intelligent des applications |
| 0x0 |
Désactivé. Ce n'est pas lui, cherchez ailleurs |
| 0x1 |
Activé : c'est lui qui bloque et qui verrouille SmartScreen |
| 0x2 |
Mode évaluation : il observe, et peut basculer en actif tout seul |
Le message affiché est d'ailleurs différent :
« Le contrôle intelligent des applications a bloqué une application… ». Et contrairement à SmartScreen, il
n'offre aucun contournement par application : ni exception, ni liste blanche, ni « autoriser une fois ».
Tout est détaillé, y compris la question délicate de la réversibilité de sa désactivation, dans notre article dédié : . Si votre bascule SmartScreen est grisée, commencez par là.
Cause n°2 : le poste est géré
Sur un ordinateur d'entreprise relié à un domaine ou administré à distance, la mention
« Certains paramètres sont gérés par votre organisation » apparaît en haut de la page. Le réglage est imposé par l'administrateur, et il sera réappliqué à chaque redémarrage. La solution n'est pas technique, elle est organisationnelle : il faut passer par le service informatique.
Même effet, sur un poste personnel, si quelqu'un a posé la stratégie
EnableSmartScreen du point 5.
Cause n°3 : une mise à jour de fonctionnalité est passée par là
Les montées de version annuelles de Windows 11 remettent régulièrement les bascules de sécurité à leur valeur par défaut. Un poste sur lequel vous aviez désactivé SmartScreen il y a un an peut très bien l'avoir réactivé tout seul, sans que personne n'ait rien fait.
Ce n'est pas une anomalie, et pour une fois cela va dans le bon sens. Revérifiez simplement l'état réel après chaque montée de version, plutôt que de vous fier à ce que vous aviez réglé.
Cause n°4 : le mode S
Windows en
mode S n'autorise que les applications du Microsoft Store et verrouille une partie des réglages de sécurité. On le rencontre sur des portables d'entrée de gamme. La sortie du mode S est gratuite, définitive et se fait depuis le Microsoft Store. Tant qu'on y est, aucun logiciel extérieur au Store ne s'installera, SmartScreen ou pas.
7. Ne pas confondre : cinq messages qui se ressemblent
Une grande partie du temps perdu vient d'un traitement appliqué au mauvais message. Voici la lecture rapide.
| Le message affiché |
Qui parle |
Ce qui débloque |
| « Windows a protégé votre PC » (fenêtre bleu-gris, Ne pas exécuter) |
SmartScreen |
Informations complémentaires puis Exécuter quand même, ou la case Débloquer |
| « Le contrôle intelligent des applications a bloqué… » |
Contrôle intelligent des applications |
Aucun contournement par application. Désactiver SAC, ou obtenir une version signée |
| « Impossible de vérifier l'éditeur. Voulez-vous vraiment exécuter ce logiciel ? » |
Contrôle de compte utilisateur, sur un fichier marqué « vient d'internet » |
Le bouton Exécuter, ou la case Débloquer des propriétés |
| « Menace trouvée », « Action requise » (bandeau rouge, fichier mis en quarantaine) |
Microsoft Defender, l'antivirus |
Rien à voir avec SmartScreen. Là, il y a une détection réelle : ne rien restaurer sans certitude |
| « Windows SmartScreen ne peut pas être contacté pour le moment » |
SmartScreen sans connexion au service |
Problème réseau, proxy ou filtrage. Rétablir l'accès, ou lancer avec Exécuter quand même |
Les deux dernières lignes sont les plus importantes.
Si Microsoft Defender a mis le fichier en quarantaine, on change complètement de registre : ce n'est plus une question de réputation, c'est une détection sur le contenu. Restaurer un fichier depuis la quarantaine et l'exclure de l'analyse, sous prétexte de « faux positif », est le geste qui finit le plus souvent en poste infecté. On ne le fait qu'avec une certitude sur l'origine du fichier, ce qui est rare.
Si SmartScreen dit qu'il ne peut pas être joint, il n'y a aucun blocage de sécurité : la machine n'a simplement pas pu interroger le service. Filtrage réseau en entreprise, coupure internet, VPN mal configuré. Chercher à désactiver SmartScreen dans ce cas revient à réparer quelque chose qui n'est pas cassé.
8. Le cas particulier d'Edge : bloqué au téléchargement, pas au lancement
Il existe un second moment où SmartScreen intervient, et il est antérieur :
pendant le téléchargement lui-même, dans le navigateur.
Dans Microsoft Edge, cela donne un fichier barré dans le volet des téléchargements, avec un message du type
« … a été bloqué car ce type de fichier peut endommager votre appareil » ou
« … n'est pas téléchargé fréquemment ». Le fichier n'arrive jamais sur le disque, et il n'y a donc rien à débloquer dans les propriétés.
Pour le conserver : ouvrez le volet des téléchargements (les trois points, puis
Téléchargements), passez la souris sur la ligne concernée, cliquez sur les trois points de cette ligne, puis sur
Conserver. Une confirmation apparaît, avec parfois un second niveau
Afficher plus puis
Conserver quand même.
Pour désactiver la protection dans Edge uniquement :
Paramètres puis
Confidentialité, recherche et services, section
Sécurité, et l'interrupteur
Microsoft Defender SmartScreen.
Trois choses à savoir, qui évitent des manipulations inutiles :
1.
Le réglage d'Edge et celui de Windows sont indépendants. Couper SmartScreen dans Sécurité Windows n'empêche pas Edge de bloquer un téléchargement, et inversement.
2.
Si votre client utilise Chrome ou Firefox, la bascule
SmartScreen pour Microsoft Edge ne sert strictement à rien. Ces navigateurs ont leur propre filtre, la Navigation sécurisée de Google, avec ses propres réglages. Le blocage au téléchargement viendra de là.
3.
Le blocage au lancement, lui, reste celui de Windows, quel que soit le navigateur : c'est l'étiquette
Mark of the Web du point 3b qui le déclenche.
9. Ce que la désactivation ne fait pas (et ce qu'elle fait vraiment)
C'est la question que posent tous les clients, et la réponse tient en une phrase :
désactiver SmartScreen ne désactive pas votre antivirus.
Ce qui
reste actif, intégralement :
•
Microsoft Defender Antivirus, avec sa protection en temps réel, ses signatures et son analyse comportementale. C'est un moteur entièrement séparé, qui continue d'examiner tout ce qui s'exécute.
• Le
pare-feu Windows.
• Le
contrôle de compte utilisateur, qui demandera toujours confirmation avant une installation.
• Le
Contrôle intelligent des applications s'il était actif, ainsi que la protection contre les rançongiciels si elle avait été activée.
Ce que vous
perdez réellement, et il ne faut pas non plus le minimiser : la réputation est précisément le mécanisme qui attrape ce que l'antivirus ne connaît pas encore. Un logiciel malveillant compilé le matin même n'a aucune signature de détection, mais il n'a pas non plus d'historique de téléchargement, et c'est ce dernier point que SmartScreen voit. Couper cette couche, c'est retirer le filet qui protège des trois premières heures d'une nouvelle menace.
D'où la conclusion pratique, et c'est celle de tout l'article : une désactivation se justifie pour une installation, pas pour la vie du poste.
10. Le réflexe qui manque à tous les tutoriels : remettre la protection
Nous le disons à chaque prise en charge, et nous l'appliquons sur chaque machine qui sort de l'atelier.
Un PC arrive avec un comportement bizarre, une avalanche de publicités et trois barres d'outils. Dans neuf cas sur dix, l'historique est le même : un an plus tôt, quelqu'un a coupé SmartScreen pour installer un logiciel, et personne ne l'a jamais remis. La machine a passé douze mois sans le filtre qui aurait arrêté les installeurs à cadeaux.
Notre procédure de fin d'intervention, quand une protection a été abaissée :
1. Remettre les bascules dans Sécurité Windows, ou repasser
SmartScreenEnabled sur
RequireAdmin et supprimer les valeurs de stratégie.
2. Vérifier que le centre de sécurité affiche à nouveau une
coche verte, sans avertissement masqué.
3. Vérifier que la bascule des
applications potentiellement indésirables est bien active : c'est celle qu'on retrouve le plus souvent coupée sans raison.
4. Le noter sur le bon de restitution, pour que le client sache ce qui a été touché.
Et si le logiciel métier redéclenche le blocage à chaque lancement ? Ne partez pas du principe que la désactivation permanente est la seule issue. Trois alternatives, dans l'ordre :
•
Chercher une version plus récente. Beaucoup d'éditeurs ont fini par signer leurs binaires, justement à cause de ces blocages. Le problème disparaît de lui-même.
•
Regarder du côté du Microsoft Store, quand l'éditeur y publie une version. Les applications du Store ne sont jamais concernées.
•
Débloquer le fichier une bonne fois avec la case
Débloquer ou
Unblock-File, plutôt que de cliquer
Exécuter quand même à chaque fois. Une fois l'étiquette retirée, l'exécutable installé ne redéclenche plus rien.
En contexte professionnel, il reste la solution propre : faire tourner le vieux logiciel dans une
machine virtuelle ou sur un
poste dédié, et laisser la protection intacte sur les postes de travail.
11. Récapitulatif : l'ordre des opérations
1.
Lire le message pour de bon. « Windows a protégé votre PC » signifie
fichier inconnu, pas
fichier infecté. Un autre libellé signifie un autre mécanisme : voir le tableau du point 7.
2.
Vérifier la provenance. Site officiel de l'éditeur, téléchargement voulu, second avis en cas de doute. C'est la seule étape qui compte vraiment.
3.
Débloquer ce fichier :
Informations complémentaires puis
Exécuter quand même, ou Propriétés puis case
Débloquer, ou
Unblock-File pour un dossier entier.
4.
Ne désactiver que si c'est nécessaire, et alors uniquement la bascule
Vérifier les applications et les fichiers. Surtout pas celle des applications potentiellement indésirables.
5.
Bascule grisée ou qui revient toute seule : ce n'est pas SmartScreen, c'est le Contrôle intelligent des applications, un poste géré, ou le mode S. Vérifier avec la commande
reg query du point 6.
6.
Sans interface graphique :
SmartScreenEnabled sur
Off, en notant la valeur d'origine
RequireAdmin. Éviter la stratégie
EnableSmartScreen, qui verrouille le réglage.
7.
Sur Windows 11 Famille,
gpedit.msc n'existe pas : registre ou interface graphique.
8.
Blocage dans le navigateur : c'est un réglage distinct, dans Edge ou dans Chrome, et il ne se pilote pas depuis Sécurité Windows.
9.
Rassurer le client : Microsoft Defender n'a pas été touché.
10.
Tout remettre avant de rendre la machine.
Vous préférez qu'on s'en occupe ?
Un logiciel bloqué à l'installation, c'est rarement un problème en soi. Ce qui coûte cher, c'est ce qui vient après : une protection coupée en urgence et jamais remise, ou un fichier lancé « quand même » alors qu'il ne fallait pas.
•
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•
Vous préférez qu'on vienne chez vous, pour installer le logiciel et vous montrer les gestes : , assistance informatique à domicile pour particuliers, agréée service à la personne.
•
Le PC est déjà envahi de publicités, de fausses alertes ou de notifications, ou vous avez cliqué sur
Exécuter quand même et vous le regrettez : c'est un nettoyage complet qu'il faut, et c'est le métier de , suppression de virus, de faux supports techniques et de navigateurs pollués.
•
Des fichiers ont été chiffrés ou ont disparu après l'exécution d'un programme douteux : n'écrivez plus rien sur le disque et ne tentez pas d'outil de « réparation ». , laboratoire de récupération de données sur disques durs, SSD, cartes mémoire, clés USB et systèmes RAID.
•
Il vous faut un ordinateur pendant la remise en état du vôtre, quelques jours ou quelques mois : , location de PC fixes et portables, en courte comme en longue durée.
•
Le PC ne s'allume plus du tout, aucun logo, aucune image : ce n'est plus une histoire de logiciel, c'est de la réparation au composant. , réparation de cartes mères de PC portables et Chromebooks, hors Apple.
Sources : documentation Microsoft Learn et support Microsoft sur Microsoft Defender SmartScreen, la page « Contrôle des applications et du navigateur » de l'application Sécurité Windows, la protection basée sur la réputation et ses quatre réglages, la stratégie de groupe « Configurer Windows Defender SmartScreen » et la valeur de registre SmartScreenEnabled. Documentation Microsoft sur le Mark of the Web (flux Zone.Identifier) et l'applet PowerShell Unblock-File. FAQ Microsoft sur le Contrôle intelligent des applications, pour son interaction avec SmartScreen et l'absence d'exception par application. Sur la propagation du Mark of the Web par les logiciels d'archivage : notes de version de 7-Zip 22.00 (option « Propagate Zone.Id stream ») et analyses publiées par le SANS Internet Storm Center et BleepingComputer. Complété par la pratique de l'atelier BSC Informatique : installations de logiciels métier non signés, postes rendus avec des protections restées coupées, et diagnostics de bascules grisées par le Contrôle intelligent des applications. Les manipulations décrites engagent la responsabilité de celui qui les réalise. BSC Informatique, EURL BSC INFORMATIQUE, 18 Avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères, 04 94 27 65 95.