Un serveur tourne depuis des années sur un miroir
RAID 1 en Intel Rapid Storage Technology (RST/RSTe), deux disques de 4 To, et l'espace vient à manquer. La question qui revient sans arrêt à l'atelier :
peut-on augmenter la capacité sans tout réinstaller ? Bonne nouvelle : oui. Intel prévoit une procédure officielle pour
remplacer les deux disques par des plus gros et étendre le volume, sans clonage, sans réinstallation du système, en gardant les données et l'OS en place.
C'est une opération que nous menons régulièrement
à l'atelier BSC Informatique, à Hyères, sur les serveurs de professionnels. Voici la méthode, telle que nous l'appliquons — avec les
pièges qui font échouer l'opération quand on ne les connaît pas, et le seul vrai moment de risque : la reconstruction.
Le principe : remplacer un disque à la fois, jamais les deux
Un RAID 1, c'est un
miroir : les deux disques contiennent exactement les mêmes données. C'est précisément ce qui permet la manœuvre. L'idée n'est pas de cloner ni de recréer l'array, mais de
remplacer les disques un par un en laissant le miroir se
reconstruire sur chaque nouveau disque, puis d'
étendre le volume RAID une fois que les deux gros disques sont en place.
Concrètement, le déroulé est celui de la procédure Intel « Move a RAID 1 Volume to Larger Hard Drive » (article 000005837) :
• On retire
un disque de 4 To, on met un 8 To à sa place, on reconstruit le miroir dessus.
• Une fois la reconstruction
terminée, on retire le
second 4 To, on met le second 8 To, on reconstruit à nouveau.
• Quand les deux 8 To sont en miroir, on
augmente la taille du volume, puis on
étend la partition Windows dans l'espace libéré.
⚠️ La règle absolue : jamais les deux disques en même temps. On retire un seul disque à la fois, et on attend que la reconstruction soit complètement terminée avant de toucher au second. Retirer les deux, c'est détruire le miroir et perdre les données.
⚠️ Avant de commencer : la sauvegarde n'est pas optionnelle
C'est le point que nous martelons, parce que c'est là que tout peut basculer.
Pendant chaque reconstruction,
l'array est dégradé : le temps que le nouveau disque se remplisse, vos données ne tiennent plus que sur
un seul disque. Si ce disque unique lâche à ce moment-là — et une reconstruction, c'est justement un moment de forte sollicitation qui peut achever un disque déjà fatigué —
il n'y a plus de filet. C'est le moment le plus risqué de toute l'opération.
Donc, dans l'ordre,
avant de dévisser quoi que ce soit :
•
Une sauvegarde complète et vérifiée de toutes les données (idéalement sur un support tiers, débranché ensuite). Vérifiée : on s'assure que la sauvegarde est réellement lisible, pas seulement « lancée ».
• Le volume RAID doit être en statut
Normal / Sain avant de commencer : pas de reconstruction déjà en cours, pas de disque en erreur. On
contrôle les SMART des deux disques d'origine — si l'un des deux est déjà limite, on en tient compte.
Si, malgré la sauvegarde, un disque lâche pendant l'opération et que des données ne sont plus accessibles, ne tentez pas de forcer les reconstructions à répétition (chaque tentative sollicite un disque déjà mourant). C'est exactement le type de situation que traite , spécialisée dans la
récupération de données sur disques durs, SSD et
systèmes RAID : mieux vaut confier un array dégradé à un labo que d'aggraver la panne en s'acharnant.
Bien choisir les nouveaux disques (le piège SMR)
Tous les disques ne se valent pas pour un RAID, et un mauvais choix ici se paie cher au moment de la reconstruction :
•
Des disques CMR, pas SMR. Les disques SMR (enregistrement à bardeaux) réécrivent par blocs et s'effondrent en performance sous écriture soutenue — or une reconstruction RAID, c'est précisément de l'écriture soutenue pendant des heures. Résultat : des rebuilds qui
s'éternisent, voire échouent. Prenez des disques
NAS / entreprise explicitement
CMR.
•
Des disques vierges. Les nouveaux disques ne doivent porter
aucune métadonnée RAID résiduelle. S'ils ont déjà servi dans un array, réinitialisez-les d'abord sur un autre poste (suppression des structures RAID /
diskpart clean).
•
Cohérence du format de secteurs (512e vs 4Kn) entre anciens et nouveaux disques.
Bon à savoir : des disques de 4 To sont déjà en table
GPT, donc pas de blocage à la limite des 2 To du MBR pour monter à 8 To. Le passage en capacité supérieure ne pose pas de problème de partitionnement de ce côté. Pour la fourniture des bons disques CMR et leur installation en atelier, c'est aussi ce que propose .
La procédure pas à pas
•
1. Éteindre le serveur. Retirer
un des deux 4 To (notez lequel, physiquement), installer un 8 To à sa place.
•
2. Démarrer Windows, ouvrir la console
Intel RST / RSTe : le volume s'affiche
« Dégradé ». Cliquer
« Reconstruire sur un autre disque » (
Rebuild to another disk) et sélectionner le nouveau 8 To.
Laisser la reconstruction se terminer entièrement — comptez plusieurs heures (souvent 6 à 12 h pour 4 To sur des disques mécaniques). Le serveur reste utilisable pendant ce temps, simplement plus lent.
•
3. Éteindre, remplacer le
second 4 To par le second 8 To.
•
4. Redémarrer, refaire la même opération dans la console Intel : reconstruire sur le nouveau disque,
attendre la fin.
•
5. Les deux 8 To sont maintenant en miroir. Dans la console Intel RST, sélectionner le volume puis
« Augmenter la taille du volume » (
Increase volume size) : le volume RAID passe à la pleine capacité des 8 To.
•
6. Ouvrir la
Gestion des disques de Windows : un espace
non alloué est apparu. Clic droit sur la partition de données →
Étendre le volume pour occuper ce nouvel espace. Si une
partition de récupération est coincée juste après et bloque l'extension, il faut la déplacer (diskpart ou un outil de partitionnement) avant de pouvoir étendre.
Conseil de sécurité complémentaire : gardez les
deux disques de 4 To d'origine intacts, de côté, jusqu'à validation complète de la migration. Ils constituent un
rollback naturel — le miroir d'origine reste bootable tel quel si quelque chose se passe mal.
« Augmenter la taille du volume » est grisé ou absent : que faire ?
C'est le blocage le plus fréquent en fin de procédure. Si l'option n'apparaît pas ou reste grisée :
• Vérifiez que les
deux disques installés sont bien les 8 To (l'option n'a de sens que si l'array entier est plus grand) et que le volume est en statut
Normal, aucune reconstruction en cours.
• Sur certaines versions de
RSTe, l'option
n'apparaît que dans l'interface Windows, pas dans l'option ROM (
Ctrl+I) au démarrage. Faites l'extension depuis Windows.
• L'option ROM au boot peut afficher le volume « Degraded » et proposer le rebuild : on
peut lancer la reconstruction depuis là, mais le
suivi est bien plus confortable depuis la console Windows.
Faut-il vraiment cloner ? Non
On pourrait être tenté de créer un
nouvel array de 8 To à part et d'y cloner l'ancien. Ça fonctionne, mais ça impose un
troisième emplacement / contrôleur disponible et, parfois, une réinstallation du boot. La méthode
remplacement-reconstruction décrite ici est celle
recommandée par Intel : plus simple, sans matériel supplémentaire, et sans étape de clonage.
Vous préférez confier l'opération ?
Manipuler un miroir RAID de production sur un serveur en activité, avec la fenêtre de risque que représente la reconstruction, n'est pas anodin — une erreur d'ordre de disque ou un SMR mal choisi peut coûter des heures et des données.
BSC Informatique (atelier au 18 Avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères —
04 94 27 65 95) réalise cette migration de bout en bout : contrôle SMART préalable, sauvegarde vérifiée, choix des bons disques CMR, reconstructions surveillées et extension du volume, en gardant vos deux disques d'origine comme filet de sécurité jusqu'à validation.
Les manipulations sur un RAID de production (retrait de disque, reconstruction, extension de volume) peuvent entraîner une perte de données si elles sont mal séquencées ou appliquées à un array déjà dégradé. Sauvegarde vérifiée obligatoire avant toute intervention. BSC Informatique — EURL BSC INFORMATIQUE — 18 Avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères — 04 94 27 65 95.
À retenir
• Agrandir un
RAID 1 Intel RST de 2×4 To à 2×8 To se fait
sans réinstaller : remplacement
disque par disque + reconstruction, puis extension du volume et de la partition.
•
Jamais les deux disques en même temps : un seul, reconstruction
terminée avant de toucher au second.
•
Sauvegarde complète et vérifiée obligatoire avant tout : pendant chaque rebuild, l'array est
dégradé, les données ne tiennent que sur un disque.
• Prendre des disques
CMR (pas SMR),
vierges, de type NAS/entreprise ; format de secteurs cohérent.
• Si
« Augmenter la taille du volume » est grisé : vérifier que les deux 8 To sont en place, volume Normal, et faire l'extension
depuis Windows (pas l'option ROM).
• Garder les
deux 4 To d'origine de côté comme rollback bootable jusqu'à validation.
• Un disque qui lâche pendant l'opération → , ne pas s'acharner sur les rebuilds.
Article rédigé par l'atelier BSC Informatique — Hyères. Cas réel traité, procédure vérifiée (Intel article 000005837).